Les maladies hivernales (partie 2) : la micronutrition, des munitions pour notre immunité

Il n’y a pas de bonne immunité sans de bons intestins. C’est succinctement ce que nous pouvons retenir sur le premier article de la série. Ajoutons maintenant quelques autres éléments incontournables du soutien immunitaire pour passer un hiver agréable.

La vitamine C, un booster de l’immunité

Les taux de vitamine C dans les globules blancs sont des dizaines de fois plus élevés que dans le plasma, ce qui peut indiquer le rôle fonctionnel de cette vitamine dans les cellules du système immunitaire. Il a été démontré que la vitamine C affecte les fonctions des phagocytes, la production d’interféron, la réplication des virus, la maturation des lymphocytes T, etc (1).

  • Elle stimule les macrophages.

Certaines infections entraînent l’activation des phagocytes pour la désactivation des virus et à la destruction des bactéries, mais libèrent des agents oxydants appelés espèces réactives de l’oxygène (ROS). La vitamine C comme antioxydant hydrosoluble, peut protéger les cellules hôtes contre les actions des ROS libérées par les phagocytes (2). La diminution des taux de vitamine C au cours de diverses infections implique que l’administration de vitamine C pourrait avoir un effet thérapeutique sur de nombreux patients atteints d’infections notamment de rhumes (Hume et Weyers, 1973).

  • Vitamine C et rhume

Dans les années 1950, une étude britannique a examiné les effets cliniques de la carence en vitamine C et a rapporté que  » la durée géométrique moyenne des rhumes était de 6,4 jours chez les sujets privés de vitamine C et de 3,3 jours chez les sujets non privés « . Les auteurs ont conclu que l’absence de vitamine C avait tendance à faire durer plus longtemps les rhumes (4). En 1970, Linus Pauling, prix Nobel de chimie et prix Nobel de la paix, a écrit un livre sur la vitamine C et le rhume (5). Il a prouvé que la vitamine C diminuait l’incidence et de la durée des rhumes. Il s’est appuyé sur l’étude de Ritzel (1961), qui était un essai contrôlé randomisé (ECR) avec contrôle placebo à double insu et dont les sujets étaient des écoliers dans un camp de ski des Alpes suisses avec 1 g/jour et réduction des rhumes.  Une méta-analyse de Hemilä (1996) a montré que les rhumes étaient plus courts ou moins sévères dans les groupes de la vitamine et donc ces études ont corroboré l’hypothèse de Pauling que la vitamine C était effectivement efficace contre les rhumes (6).

  • Sportifs, frileux, enfants, personnes en carences…supplémentez-vous

Toutefois, une autre méta-analyse prétend qu’il n’y a pas de raison que les gens ordinaires, sous-entendu population générale, prennent régulièrement de la vitamine C afin de prévenir le rhume (7) sauf conditions spéciales et/ou parmi certains groupes de population : sports intensifs, stress thermique, personnes carencées, les enfants (Ritzel, 1961), meilleures réponses pour les hommes et certains sous-groupes de populations (probablement déficient). Les variations des effets de la vitamine C sont probablement liées à la biologie et le mode de vie de chacun. Il est donc possible que les avantages (ou les préjudices) soient limités à des conditions spéciales ou à des personnes en particulier.

  • L’ambigüité du dosage

Deux essais contrôlés ont révélé une relation dose-réponse statistiquement significative, pour la durée des symptômes du rhume, avec jusqu’à 6-8 g/jour de vitamine C (Karlowski, 1975 et Anderson, 1974). D’autres études ont eu des résultats négatifs qui peuvent s’expliquer par les faibles doses de 3-4 g/jour de vitamine C, la durée de la prise, le sous-groupe de population et l’échantillon du groupe placebo.

La conclusion de Hemilä, le grand spécialiste de la vitamine C, résume bien l’utilisation de la vitamine C : Elle est sans danger et ne coûte que quelques centimes par gramme, et par conséquent, même des effets modestes peuvent valoir la peine d’être exploités (2).

La vitamine D-éfense

Elle est excessivement documentée comme régulateur de la minéralisation osseuse (9). Liu et al ont montré que l’action de la vitamine D était un lien clé entre l’activation des récepteurs de type Toll (TLR) et les réponses antibactériennes dans l’immunité innée à travers une production à la hausse d’un peptide antimicrobien, la cathélicidine (10).  La cathélicidine a une large activité antimicrobienne contre les bactéries Gram positives et négatives, ainsi que certains virus et champignons. Une étude clinique de 2007 sur 800 jeunes conscrits finlandais a démontré un lien entre les absences en jour de travail pour cause d’infections respiratoires et des concentrations sériques de 25(OH)D < 40 nmol/L (10) considérés comme un état de carence (9). Les effets de la forme bioactive 1,25(OH)2D sur le système immunitaire peuvent se résumer par la diminution des lymphocytes T CD4+ Th1/Th17 et des cytokines, l’augmentation des lymphocytes T régulateurs, la régulation à la baisse de la production d’IgG et l’inhibition de la différenciation des cellules dendritiques. Tout en renforçant les réponses immunitaires innées protectrices, la vitamine D aide à maintenir l’autotolérance en amortissant les réponses immunitaires adaptatives trop zélées (11). Le déficit en vitamine D est fréquent et sous-diagnostiqué. Il est essentiel de procéder à un dosage afin de complémenter en conséquence. Une dose d’entretien entre octobre et mars, pour une personne en santé, se situe autour des 2000 UI/par jour.

Zinc, ni plus ni moins

Il est essentiel pour le bon fonctionnement du système immunitaire innée et adaptatif. Les déséquilibres, y compris une forte carence en zinc mais aussi une surcharge en zinc, provoquent de graves dysfonctionnements immunitaires. Les altérations immunologiques provoquées par une carence en zinc augmentent la susceptibilité aux infections[1] (12).  Une carence en zinc marginal à modéré affaiblit l’immunité, retarde la cicatrisation des plaies, provoque une production de cytokines inflammatoires de bas grade indépendante de l’inflammation et augmente le stress oxydatif. Un grand nombre de maladies particulièrement inflammatoires, mais aussi le vieillissement, la grossesse, l’allaitement, les modes de vie végétariens ou végétaliens sont associés à une carence en zinc (12). La carence en zinc est très fréquente, avec environ deux milliards de personnes touchées dans le monde, et elle est identifiée comme un facteur majeur de la charge de morbidité dans les pays en développement (13). Le dosage est nécessaire avant une complémentation. Il doit être supérieur à 13µmol/l.

Les protéines de stress, le ginseng de la micronutrition

La réponse cellulaire à des stress intenses active l’expression de protéines appelées protéines de stress (ou choc thermique). Elles sont impliquées dans de nombreux processus pathologiques qui s’accompagnent d’altérations des protéines comme les maladies chroniques et dégénératives. Leur rôle est d’empêcher l’accumulation des anomalies génétiques. Les facteurs déclenchant cette réponse cellulaire sont :

  • Liées à l’environnement : radicaux libres, métaux lourds, UV…
  • Liées à un état physiopathologique : fièvre, inflammation, infection…
  • Liées à un état physiologique : exercice physique, vieillissement, facteurs de développement

L’expression des Hsp augmente la capacité de résistance et de protection des cellules face aux pathogènes et stimule les réponses humorale et cellulaire de l’immunité (14).

Pour les personnes à infection récurrente soumise à un stress exogène chronique ou ceux à l’immunité déprimées, le recours aux protéines de stress est une alternative prometteuse. Leurs effets sont comparables aux adaptogènes en potentialisant la dynamique adaptative de l’organisme indépendamment de l’âge, du sexe, de l’état physiologique de la personne… et ce, quelles que soient l’origine et l’intensité du stress (15).

Des levures pour notre immunité

Les béta-glucanes sont des éléments structuraux importants de la paroi cellulaire et servent à stocker l’énergie dans les bactéries, les champignons, y compris les levures, les algues et les plantes. Leur extraction se fait sur ces parois cellulaires. Les béta-glucanes des champignons et des levures sont considérés comme des immunomodulateurs. Ils interviennent dans l’immunité innée en stimulant la phagocytose et l’activité des phagocytes-granulocytes, monocytes, macrophages, et cellules dendritiques à travers (16). Ils ont des capacités anti-inflammatoires et anti-microbiennes (plus de 600 publications), hépatoprotectrices, cicatrisantes, amaigrissantes, antidiabétiques et hypocholestérolémiantes. Le Shiitake (Lentinus edodes) ou le reishi (Ganoderma lucidum) utilisées depuis des millénaires contiennent des béta-glucanes et sont reconnues comme des immunomodulateurs. L’étude clinique de 2014 de Stier conclue les béta glucanes de levures de bière peuvent aider à améliorer les fonctions immunitaires (17)

Cette deuxième partie relative à notre immunité face aux maladies hivernales consacre la micronutrition comme un élément de soutien majeur de notre immunité.


En pratique

Vitamine C 

-En cas de « rhumes » : 1000 mg/jour à 2g/jour sauf personnes aux reins fragiles

-Pas de cachet effervescent, réaction d’oxydation

-Aucune différence entre la naturelle et la chimique (18), ne vous ruinez donc pas !

Vitamine D 

-75 UI par kg de poids corporel jusqu’à 12 ans (sauf en cas de surpoids)

-2000 UI par jour d’octobre à mars

-Faire un contrôle annuel et ajuster le dosage au besoin

-Utilisation de la forme D3

Zinc 

-Consommez des huîtres aux fêtes et pas que…

-Dosage obligatoire avant d’envisager une supplémentation

-Si inférieur à 13 µmol/l, prendre de 15 à 50 mg par jour en fonction de votre insuffisance

-Utilisez la forme bisglycinate de préférence

Protéines de stress 

-Préservation du laboratoire ICP-Texinfine à prendre en phase intensive, c’est-à-dire aux premiers symptômes du rhume : https://www.icp-texinfine.com/produit.php?id=2

Un complément intéressant pour votre immunité

-Immuvital de burgenstein en cure de 20 jours deux fois dans l’hiver.

-Shiitaké, la royale : une gélule avant chaque repas de novembre à mars 5 jours sur sept

Que votre santé 2019 vous porte vers les sommets !


  1. Hemilä H. Vitamin C and the common cold. J. Nutr. 1992;67:3–16. doi: 10.1079/BJN19920004.
  2. Hemilä H. Vitamin C and Infections. Nutrients. 2017;9(4):339. Published 2017 Mar 29. doi:10.3390/nu9040339
  3. Hemilä H. The effect of vitamin C on bronchoconstriction and respiratory symptoms caused by exercise: A review and statistical analysis. Allergy Asthma Clin. Immunol. 2014;10:58. doi: 10.1186/1710-1492-10-58.
  4. Bartley W., Krebs H.A., O’Brien J.R.P. Vitamin C Requirement of Human Adults. Her Majesty’s Stationery Office (HMSO); London, UK: 1953. A Report by the Vitamin C Subcommittee of the Accessory Food Factors Committee.
  5. Pauling L. Vitamin C and the Common Cold.Freeman; San Francisco, CA, USA: 1970.
  6. Hemilä H. Vitamin C supplementation and common cold symptoms: Problems with inaccurate reviews. 1996;12:804–809. doi: 10.1016/S0899-9007(96)00223-7.6
  7. Hemilä H., Chalker E. Vitamin C for preventing and treating the common cold. Cochrane Database Syst. Rev. 2013;1:CD000980.
  8. Hemilä H. Vitamin C supplementation and common cold symptoms: Factors affecting the magnitude of the benefit. Hypotheses. 1999;52:171–178.
  9. Holick MF, Vitamin D deficiency. N Engl J Med 2007: 357 (3); 266–81.
  10. Ilkka Laaksi, Juha-Petri Ruohola, Pentti Tuohimaa, Anssi Auvinen, Riina Haataja, Harri Pihlajamäki, Timo Ylikomi; An association of serum vitamin D concentrations < 40 nmol/L with acute respiratory tract infection in young Finnish men, The American Journal of Clinical Nutrition, Volume 86, Issue 3, 1 September 2007, Pages 714–717
  11. Kamen DL, Tangpricha V. Vitamin D and molecular actions on the immune system: modulation of innate and autoimmunity. J Mol Med (Berl). 2010;88(5):441-50.
  12. Maywald M, Wessels I, Rink L. Zinc Signals and Immunity. Int J Mol Sci. 2017;18(10):2222. Published 2017 Oct 24. doi:10.3390/ijms18102222
  13. World Health Organization (WHO) World Health Organization—The World Health Report. Volume 83 WHO; Geneva, Switzerland: 2002.
  14. Wirth D, GustinP., Drion P.V. et al. Les protéines de choc thermique (heat shock proteins). I : Classification, structure, fonctions et implications dans les processus pathologiques. Ann Med Vet. 2002 ;146:201-216
  15. https://www.icp-texinfine.com/produit.php?id=2
  16. Novak & V. Vetvicka (2008) β-Glucans, History, and the Present: Immunomodulatory Aspects and Mechanisms of Action, Journal of Immunotoxicology, 5:1, 47-57, DOI: 10.1080/15476910802019045
  17. Stier H, Ebbeskotte V, Gruenwald J. Immune-modulatory effects of dietary Yeast Beta-1,3/1,6-D-glucan. Nutr J. 2014;13:38. Published 2014 Apr 28. doi:10.1186/1475-2891-13-38
  18. Carr AC1, Vissers MC. Synthetic or food-derived vitamin C–are they equally bioavailable? Nutrients. 2013 Oct 28;5(11):4284-304.

[1] dans la chimiotaxie, la phagocytose, l’éclatement des voies respiratoires et la formation de pièges extracellulaires à neutrophiles par les cellules immunitaires innées.

 

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©2019 Sylvain GARRAUD, Naturopathe & Herboriste

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