Le smoothie, ce coca-cola qui ne dit pas son nom


C’est décidé, je prends ma santé en main, je fais une cure de smoothies ! À chaque fois que vous craquez devant l’étalage des jus de fruits, votre corps vous remercie de ce shoot de vitamines et antioxydants. Mais sans le savoir, vous êtes sur la voie de l’intolérance au glucose. Après le diabète des canettes, voici le diabète des pastèques !


Plus de sucre qu’un verre de coca-cola !

Coca-cola détient la marque de smoothies Innocent. Cette même marque qui promet de faire de délicieux smoothies et jus de fruits frais, sains, délicieux et 100 % naturels. « Des fruits entiers et mixés, rien d’autre. Pas de sucre ajouté, pas de E-machin chose, c’est promis »[1]. Le slogan fait mouche.

Le lobby du sucre n’est évidemment qu’une pure spéculation, comme l’affirme le New-York Times dans son article de 2016 intitulé Comment l’industrie sucrière a déplacé le blâme sur le gras[2].

Coca-cola est bien innocent… sauf que, selon une enquête de 60 millions de consommateurs, un verre de 250 ml de smoothie Innocent contiendrait en vérité 27,5 g de sucres, soit 1 g de plus qu’un verre de Coca-cola pour le même volume[3].

Une alternative : buvez de l’eau !

Un sucre est un sucre

Le saccharose[4], le sirop de maïs à haute teneur en fructose ou les concentrés de jus de fruits ont tous des effets métaboliques similaires[5].

En les consommant, on augmente rapidement la glycémie sanguine et en cas de prise régulière, cela induit :

  • Une intolérance au glucose
  • Une résistance à l’insuline
  • Une inflammation
  • Le risque de développer un syndrome métabolique ou encore un diabète de type 2[6].
  • Une augmentation de la lipogenèse hépatique (votre foie fabrique trop de graisses en synthétisant ces sucres)
  • Des triglycérides élevés, qui peuvent être à l’origine d’une inflammation du pancréas (pancréatite) ou devenir l’un des facteurs de risques du diabète
  • Un faible taux de cholestérol HDL (souvent surnommé « bon cholestérol)
  • Des lipoprotéines de basse densité petites et denses (souvent surnommées « mauvais cholestérol), facteur de risque d’athérosclérose
  • Une dyslipidémie athérogène (un souci de santé étroitement associé aux maladies cardiovasculaires)

Fruits ou pas, un sucre reste un sucre et un apport excessif entraînera forcément des effets délétères.

Je bois des smoothies et pourtant je prends du poids

« Je bois des smoothies et pourtant je prends du poids. » Telle peut être la réaction désabusée de certains consommateurs. Mais il n’y là rien d’étonnant : la consommation de produits à teneur élevée en sucre ajouté induit une faible satiété et une augmentation de l’apport énergétique qui contribuent au gain de poids.

Des chercheurs ont prouvé que la consommation de fructose pouvait favoriser l’accumulation de graisses dans l’organisme, notamment autour des organes, et que cela pouvait donc augmenter le risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires[7].

La consommation de fructose s’accompagne d’apports énergétiques excessifs car cela ne modifie pas notre apport alimentaire global[8]. En effet, imaginez consommer 2 oranges et vous sentir rassasié pour un petit moment. Imaginez maintenant boire un smoothie fait de 6 oranges… vous mangerez sûrement juste après voire en même temps, ce que vous n’auriez jamais fait en mangeant 6 oranges (qui mangerait 6 oranges d’affilée de toute façon ?!).

Cette augmentation de la charge glycémique totale est nocive et favorise la prise de poids[9].

Une bombe calorique

Un autre problème de la tendance des smoothies se pose lorsque la liste des ingrédients autres que les fruits eux-mêmes s’allonge.

Ajouter du sucre, sous forme de sucre en poudre ou via du jus de fruit et/ou du lait, revient à transformer votre « boisson santé » en bombe calorique[10] ! Le résultat est le même : peu d’effet sur la faim et excès d’apport énergétique car il n’y a pas de diminution de la quantité de calories absorbées, donc prise de poids et risque métabolique.

Et les édulcorants !

Une brillante étude publiée dans la prestigieuse revue Nature établit un lien entre la consommation d’édulcorant artificiel non calorique, la dysbiose (déséquilibre de la flore intestinale) et les anomalies métaboliques[11]. Ils perturbent l’appétit et la sensation de satiété et engendrent aussi prise de poids et ses conséquences. Oubliez-les tout simplement.

Pas de panique, ne jetez pas votre blender

Le « fait maison » reste LA référence, car la liste des ingrédients est sans surprise – pas de sucre ajouté, d’édulcorants, mais également parce qu’ainsi préparé, le smoothie permet une consommation immédiate, et donc une perte minimum de vitamines. La vitamine C, en particulier, a en effet le désavantage de se dégrader en quelques minutes à l’air libre. Mais le fructose est toujours là !

Le smoothie doit rester une préparation optionnelle, un produit plaisir, pas un aliment repas, et encore moins un substitut à la consommation de fruits (qui seront consommés de préférence entre les repas et bien mastiqués). La fraîcheur d’un aliment brut aura toujours plus de vitamines qu’un aliment transformé, mais surtout un smoothie contient moins de fibres et plus de sucre (charge glycémique plus importante qu’un fruit), tout en zappant la pré-digestion salivaire.

Pour les addicts du smoothie, passez donc au vert, car le smoothie de légumes est une bonne alternative, surtout avec quelques graines de chanvre locale et biologique…

Faites-vous plaisir sans abuser !


[1]. www.innocent.fr/nos-boissons/nos-boissons/nos-smoothies

[2]. www.nytimes.com/2016/09/13/well/eat/how-the-sugar-industry-shifted-blame-to-fat.html?_r=1

[3]. www.huffingtonpost.fr/2018/07/12/meme-un-verre-de-coca-cola-est-moins-sucre-que-ce-jus-dapres-60-millions-de-consommateurs_a_23479697/

[4]. Sucre de table, mélange de 50 % de fructose et de glucose

[5]. Duffey KJ, Popkin BM., « High-fructose corn syrup: is this what’s for dinner? », Am J Clin Nutr., 2008

[6]. Malik, Popkin, et al., « Sugar-sweetened beverages and risk of metabolic syndrome and type 2 diabetes », A Meta-Analysis, 2010.

[7]. Bray GA., « How bad is fructose? », Am J Clin Nutr, 2007

[8]. www.theguardian.com/society/2013/sep/07/smoothies-fruit-juices-new-health-risk

[9]. Macdonald IA, « A review of recent evidence relating to sugars, insulin resistance and diabetes », Eur J Nutr., 2016

[10]. www.planetesante.ch/Magazine/Alimentation-et-nutrition/Mieux-manger/Smoothies-dejouer-les-pieges-du-sucre

[11]. Suez, Korem, et al., « Artificial sweeteners induce glucose intolerance by altering the gut microbiota », Nature, 2014

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©2020 Sylvain GARRAUD, Naturopathe & Herboriste

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