Des cosmétiques, pour mourir plus vite en beauté !


Irritant, allergène, perturbateur endocrinien, pesticide organochloré, voici une liste bien réduite des ingrédients de la beauté artificielle. Continuer à se farder pour effacer son âge ou accepter les sillons du temps sur notre épiderme ramollissant. Un vrai dilemme cornélien.


On marche sur la tête !

Une enquête d’UFC que choisir en 2016 avait révélé 185 substances préoccupantes dans des cosmétiques courants [1]. 62 produits contenaient des allergènes dont le virulent méthylisothiazolinone (MIT) et remit en circulation compte tenu de la réglementation et de la mauvaise presse du Paraben. 101 produits comprenaient des substances suspectées d’être des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire d’altérer le fonctionnement du système hormonal, dont des filtres UV[2].

Le triclosan, contesté, il reste le plus utilisé au monde 

Agents antibactériens et antifongiques les plus utilisés au monde, une étude publiée en 2018, démontre que l’exposition à cette substance pourrait favoriser l’inflammation de l’intestin et accélérer le développement d’un cancer du côlon, nouveau risque qui s’ajoute à une liste déjà longue d’effets néfastes documentés ou suspectés de ce pesticide [3]. Il a été retrouvé dans quelque 67 dentifrices, savons, shampoings et déodorants achetés en Suisse en 2014 par l’association des Médecins en faveur de l’environnement [4].

Le poison n’est pas LA dose !

Ce n’est pas avec le peu de maquillage que j’emploie qu’il y a des risques. L’argument ne tient plus la route et relève du déni à l’instar de celui sur le glyphosate dans les champs diminués à des doses soi-disant acceptables. Il est clairement établi que les effets des perturbateurs endocriniens résultent d’une exposition cumulative [5]. Le célèbre aphorisme, le poison est la dose, ne s’applique pas aux perturbateurs endocriniens : de faibles doses ont des actions délétères ! [6]

L’effet cocktail

Une enquête réalisée en 2013 par la Fédération Romande des Consommateurs a évalué l’effet cocktail entraîné par l’exposition à plusieurs produits cosmétiques à la fois. Elle montre que les produits destinés à rester sur le corps (crèmes, lotions, déodorants) sont ceux qui représentent le plus de danger.[7]

Limitons tous les facteurs d’exposition !

C’est un de mes slogans en cabinet et en enseignement. Il est nécessaire de limiter au maximum tous les facteurs d’exposition aux substances délétères des perturbateurs endocriniens, au benzopyrène des barbecues, au cadmium de la fumée de tabac sans oublier additifs et pesticides de l’alimentation industrielle.

Les meilleures alternatives beauté (et le bio n’est pas la panacée)

Selon une enquête de « À bon entendeur », émission hebdomadaire suisse d’investigation et d’information, les conservateurs allergènes sont très présents dans les crèmes de soin.  Certains labels, même bio, acceptent les produits issus de l’industrie pétrolifère, ou même les parabens et le phénoxyéthanol comme conservateur de synthèse. Une seule sortait du lot : la crème de soin visage à l’amande de Weleda[9].

Il existe de plus en plus des gammes de cosmétiques simples, sains et biologiques dans les boutiques en vrac. Je recommanderai déjà de passer à des shampoings solides à base de lavande douce[10] par exemple, pour ensuite aller vers des produits plus spécifiques de maquillage.

Un antirides naturel dans la carcasse de poulet

Demandez à votre grand-mère la recette de cet antirides biologique et écologique : le bouillon de poulet (à condition d’opter pour un poulet local et bio élevé en plein air, de préférence sans trop de céréales).

Eh oui, la carcasse de poulet est pleine de collagène, une des protéines les plus abondantes de notre organisme, qui est responsable du maintien de la structure des os, des muscles, des tendons, des cartilages et surtout de la peau.

Mais inutile de vous frotter le visage avec de vieux os ! Cet antirides fonctionne de l’intérieur. Pour faire le plein de collagène, consommez les plats suivants : os à moelle, bouillon, poissons entiers, tête de veau, pied de cochon, poule au pot, tripes, andouillette…

Pour les plus pressés et stressés… 

Il existe des suppléments oraux de collagène qui augmentent également l’élasticité de la peau, l’hydratation et la densité du collagène cutané. La supplémentation en collagène est généralement sans danger et aucun effet indésirable n’a été signalé [11] . Optez pour un hydrolysat de collagène marin ce qui signifie que les acides aminés ont été séparés pour être plus facilement digérés et absorbés[12].

Devenez des traqueurs des substances indésirables

Si vous souhaitez continuer à vous procurer des produits cosmétiques de grandes marques, il faudra vous transformer en chasseurs et apprendre à les éviter. Je vous recommande pour cela, l’application de la fédération romande des consommateurs[13] qui vous aidera à déchiffrer les compositions aux noms barbares. Il existe aussi un fichier en format de poche à télécharger. Il vous faudra alors bien vérifier l’ensemble des composants [14] et chercher les produits les moins nocifs.

Mais selon moi, le bouillon de poule avec herbes et légumes riches en antioxydants reste malgré tout la meilleure solution : il aura bien plus d’effet que quelques pilules ou autres poudres de perlimpinpin qui ne masqueront pas la beauté des quelques sillons de la quarantaine passée.


Que contiennent vraiment vos produits ? Faites le test !

Si vous voulez connaître les dangers potentiels de vos produits et comprendre la liste des ingrédients (souvent bien mystérieuse il faut l’avouer), il existe des « testeurs » en ligne, comme celui de l’UFC que choisir (comptant près de 200 000 produits dans son catalogue)[15] ou encore celui du site « La vérité sur les cosmétiques »[16], où vous pouvez taper chaque nom d’ingrédients pour savoir s’il s’agit d’un ingrédient controversé, d’origine naturelle ou chimique…

Il existe même des applications pour smartphones, comme celle de la Fédération romande des consommateurs[17], qui propose aussi un fichier en format de poche à télécharger[18].


[1] https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-substances-preoccupantes-dans-185-produits-cosmetiques-les-consommateurs-appeles-a-passer-a-l-action-n11915/

[2] comme les benzophénone-1 et benzophénone-3 ou l’ethylhexyl methoxycinnamate. Celles-ci ne se retrouvent pas seulement dans les crèmes solaires mais aussi dans des crèmes de soin, du maquillage, des eaux de toilette et des shampoings, dont elles servent à protéger les principes actifs contre la lumière.

[3] Yang H, Wang W, Romano KA, et al. A common antimicrobial additive increases colonic inflammation and colitis-associated colon tumorigenesis in mice. Sci Transl Med. 2018;10(443):eaan4116. doi:10.1126/scitranslmed.aan4116

[4] http://www.aefu.ch/index.php?id=9825&L=1

[5] Kortenkamp A. 2008. Low dose mixture effects of endocrine disrupters: implications for risk assessment and epidemiology. Int J Androl 31(2):233–240, PMID: 18248400, 10.1111/j.1365-2605.2007.00862.x.

[6] Åke Bergman, Jerrold J. Heindel, Susan Jobling, Karen A. Kidd and R. Thomas Zoeller. State of the science of endocrine disrupting chemicals. WHO/UNEP. 2012.

[7] https://www.letemps.ch/sciences/nos-cosmetiques-bombes-toxiques

https://www.frc.ch/?post_type=frc_tests&p=21726

[8] https://www.youtube.com/watch?v=MTWuG63XpAU

[9]. www.rts.ch/play/tv/a-bon-entendeur/video/cosmetiques-bio–le-test?id=532602

[10]. www.pachamamai.com/savon/recherche?tag=Shampoing+solide

[11] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/30681787

[12] https://www.la-royale.com/fiche.php?id=621

[13] https://www.frc.ch/dossiers/cosmetiques-app/

[14] https://www.frc.ch/substance-a-eviter/

[15]. www.quechoisir.org/comparatif-ingredients-indesirables-n941/

[16]. https://laveritesurlescosmetiques.com/recherche-inci.php?#RECH

[17]. www.frc.ch/dossiers/cosmetiques-app/

[18]. www.frc.ch/substance-a-eviter/

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©2020 Sylvain GARRAUD, Naturopathe & Herboriste

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