Et si nous méritions tous cette situation ?

Une étude de 2017 publié dans nature jette un regard sombre sur la probabilité de l’apparition des zoonoses provenant d’animaux sauvage. Ils montrent clairement que le risque de maladies infectieuses émergentes zoonotiques est élevé dans les régions tropicales forestières qui connaissent des changements d’utilisation des terres et où la biodiversité de la faune est élevée ![1]

De la rougeole au corona, l’histoire se répète

Quel est l’origine de la variole, la rougeole ou encore les oreillons ? la vache. Depuis le néolithique et sa révolution agricole, nous n’avons pas eu de limite pour domestiquer la nature, développer une économie d’accumulation et d’urbanisation au détriment de tous les équilibres écologiques [2]. La rougeole a pu se reproduire de manière concomitante avec l’essor de villes importantes en Eurasie à partir du Ier millénaire avant notre ère, autour de la Méditerranée, en Inde et en Chine [3]. Le Coronavirus lui a profité du marché d’animal sauvage implanté au cœur de la mégapole de Wuhan en Chine.

Aurions-nous pu éviter cela ?

Les maladies infectieuses émergentes et leur impact économique sont en augmentation  [4] De l’épidémie du SRAS, de la grippe aviaire à celle d’EBOLA, toutes les analyses prédisaient une nouvelle épidémie. Suite à l’épidémie d’EBOLA et au risque sanitaire subséquent, un groupe d’expert avait rédigé un article en 2015 sur LANCET afin de réfléchir sur une idée de sécurité sanitaire mondiale, évaluer les menaces épidémiques et élaborer des recommandations pour y faire face. Nous savions certainement ou étaient les risques et comment s’y préparer. Nous savions que les foyers de contaminations potentiels sont corrélés avec les pratiques de destruction des forêts tropicales dans les régions à densité humaine élevé. Nous savions que nous étions tous menacés par une nouvelle épidémie mondiale [5]. Et nous sommes tous aussi responsables de cette situation [6].

Nous créons les conditions propices aux pandémies.

La superficie forestière dans les tropiques, points chauds des maladies infectieuses émergentes, a été divisé par deux en 25 ans [7]. Ajoutons à cela et en dépit des mises en gardes [8], nous construisons toutes les conditions pour que les pathogènes circonscrits à la forêt tropicale nous contamine avec la mondialisation, l’explosion du trafic aérien, la démographie exponentielle, l’urbanisation, l’exode massif [9]. Nous n’avons pas de répit à saccager nos forêts tropicales, à les voir brûler[10], à regarder cette actualité cauchemardesque de manière désabusé, insouciante ou pire désinvolte.

Notre maison brûle et nous regardons « encore » ailleurs [11].

Au-delà de toutes les atteintes environnementales dont l’ampleur dépasse les prédictions [12], les conséquences de nos modèles de sociétés et de nos choix de vies sont incontestablement la voie royal de l’apparition de nouvelles épidémies et son corollaire de crises économiques, sociales, politiques et environnementales[13].

Début de la fin ou révolution écologique ?

En 2013, une étude déclarée qu’il y avait un réservoir minimum de 320 000 virus de mammifères en attente de découverte. La nature ne nous fera pas de cadeau. Le virus Corona, s’il ne déclenche pas une révolution de nos comportements avec les enjeux environnementaux comme unique discriminant dans nos décisions individuelles et collectives pourrait bien faire appel à d’autres messagers bien plus virulents. Certains y voient une justice divine, d’autres le début de la fin[14] et vous, chers lecteurs, chères lectrices, vous êtes prêts au grand changement ou au confinement de longue durée?

A bientôt,

Sylvain Garraud

Article paru le 21 avril 2020 dans le réseau pure santé, covid-19


[1] Allen, T., Murray, K.A., Zambrana-Torrelio, C. et al. Global hotspots and correlates of emerging zoonotic diseases. Nat Commun 8, 1124 (2017). https://doi.org/10.1038/s41467-017-00923-8

[2] Shepard P. Nous n’avons qu’une seule terre. Paris, Corti, 2013.

[3] Ariane Düx et al., « The history of measles : from a 1912 genome to an antique origin », bioRxiv preprint, 30 décembre 2019.

[4] Jones, K. E. et al. Global trends in emerging infectious diseases. Nature 451, 990–993 (2008).

[5]

Quammen D. Spillover – Animal Infections and the Next Human Pandemic (Anglais) Broché – 4 octobre 2013

[6] https://www.lemonde.fr/planete/video/2020/04/19/pourquoi-nos-modes-de-vie-sont-a-l-origine-des-pandemies_6037078_3244.html

[7] FAO. Evaluation des ressources forestières mondiales 2015.

[8] Émergence de maladies infectieuses, Risques et enjeux de société. 2016

[9] https://www.lemonde.fr/international/article/2020/04/17/covid-19-l-exode-mondial-avant-le-confinement_6036919_3210.html

[10] https://www.letemps.ch/sciences/amazonie-bresilienne-feux-foret-hausse-30-2019

[11] Jacques Chirac 2002 lors du IVe sommet de la Terre

[12] https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2018/09/AC6_brochure_fr.pdf

[13] https://www.franceinter.fr/societe/pablo-servigne-pionnier-de-la-collapsologie-on-vit-une-crise-cardiaque-du-modele-industriel-globalise

[14] Anthony SJ, Epstein JH, Murray KA, et al. A strategy to estimate unknown viral diversity in mammals. Mbio. 2013 Sep;4(5):e00598-13. DOI: 10.1128/mBio.00598-13.

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