Lettre d'un naturopathe fonctionnel n°68

On vit dans une époque qui tolère mal le vide. Le silence est suspect. L’absence d’occupation ressemble à une faute. Ne rien faire est considéré comme une perte de temps, pire comme un affront comme si l’existence devait être justifiée en permanence par une action visible, un mouvement, un bruit, une preuve.

Le vide n’est pas un manque à combler. C’est un espace à habiter. Ecouter le silence, c’est accepter ce qui remonte quand on s’arrête : des tensions, des douleurs, des angoisses, des questions qu’on repousse depuis longtemps. Le silence n’est donc pas confortable. C’est peut-être pour ça que tant de vies se remplissent à ras bord. On enchaîne les objectifs, puis d’autres objectifs, on planifie, on accélère.

Pourtant il y a, dans le ralentissement, une réconciliation avec soi.
Je ne parle pas ici d’un “éloge du rien” au sens d’une idéologie paresseuse ou d’un retrait du monde. Je parle d’une compétence humaire devenue rare : supporter le vide sans le remplir immédiatement. Laisser une minute sans bruit. Une marche sans podcast. Un repas sans écran. Un trajet sans messages. Être là, simplement, et écouter.

Le silence, au fond, n’est pas une absence. C’est une présence. Une présence au réel, aux choses telles qu’elles sont. Et peut-être, qu’aujourd’hui, l’un des actes les plus subversifs, et les plus thérapeutiques, consiste simplement à s’arrêter. Et c’est aussi, très concrètement, l’une des démarches les plus écologiques que nous puissions adopter. Cette sobriété-là ne dépend d’aucune ressource rare. Personne ne pourra nous l’enlever. Elle dépend que de nous.

A votre santé

Sylvain Garraud

Pour cette première lettre de l’année, deux articles :
Le premier article aborde ce que je considère comme un “MeToo de la fonctionnelle” où il devient nécessaire de dénoncer certaines pratiques involontaire ou volontaires non pas pour “casser” une approche, mais pour la protéger, la rendre plus exigeante, plus adulte, plus juste.
Le second article vise à tordre le cou à un discours des pro-CBD / pro-cannabis, où le marketing a souvent pris plusieurs longueurs d’avance sur la preuve, la prudence et l’honnêteté intellectuelle.
Entre ces deux textes, un fil conducteur : refuser les solutions faciles, les “c’est évident” qui ne résistent pas à l’analyse.
Bienvenue dans cette première lettre de 2026.

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« L’oncle Jules rapportait du Roussillon des raisins à l’eau-de-vie, des gâteaux mielleux qui collaient aux dents, un foie d’oie comme un cœur de veau, de la fine d’avant le déluge, et des r remis à neuf. »
Marcel Pagnol, Le temps des secrets
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