Peur physique, celles des châtiments, peur morale, celles du contrôle et de l’autorité, peurs ancestrales, transgénérationnelles, héréditaires, les peurs sont inscrites dans le limbe de notre archaïque cerveau reptilien. J’ai peur donc je fuis, j’ai peur donc je réagis, j’ai peur donc je me cache. Le logiciel est simple et complexe, situation d’alerte qui engendre une action souvent involontaire. La peur est légitime si elle n’est pas instrumentalisée. Peur des envahisseurs, des tiques comme des migrants, peur de faire l’amour, peur de la mort, peur de manger. Gare aux mangeurs de fraises des bois, de viandes rouges, de produits au lait cru, femmes enceintes fuyez les poissons crus… Plus de sexe, plus de grillade, plus de marche en forêt, plus de cueillettes sauvages ? Peur de nos maisons bourrées de composés organiques volatils, peur de ma poêle en téflon, de ces céréales de petit déjeuner imbibé de glyphosate, de ces boissons sucrées addictives et toutes ces conséquences dramatiques sur notre santé, peur de danser, de rire, de crier. J’ai peur donc je ne suis plus.
L’état d’urgence permanent pour un individu comme pour une société ne peut conduire qu’à son épuisement ou un burn-out démocratique. Trouvons la force d’accepter le monde pour ne plus avoir autant peur (Arentd). Trouvons la force de rejeter les peurs qui nous encombrent et nous obscurcissent. Trouvons la force aussi d’accepter nos peurs et qu’elle ne soit plus un poison à notre clairvoyance.
La connaissance constitue le seul remède contre la peur, car en prenant connaissance des causes qui nous déterminent, nous nous libérons de la crainte engendrée par l’ignorance (Spinoza)
Pour cette 30e lettre dont je remercie les quelques lecteurs fidélisés, une mise en garde et une alternative contre un des remèdes faciles et bien lucratifs contre la fatigue, un voyage dans un autre espace-temps et plein d'affection.