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Il nous faudrait à tous deux vies. L’une pour détruire et comprendre les raisons de cette folie et l’autre pour reconstruire. Peut-être qu’à ce moment, cette brève et éphémère espèce d’homo sapiens parviendrait à honorer la vie. En attendant cette utopie alchimiste, nous devons bien apprendre générations par générations comment être. C’est pourtant l’enjeu de chaque génération, léguer un « capital » pour que la suivante puisse bâtir le grand projet de l’humanité. Et pourtant, à regarder le présent, l’espoir pourrait être une grande illusion car chaque succession de générations spolient la vie sans se sentir responsable de ces actes. Je cite Démocrite, cité par Hippocrate et repris par Nuccio Ordine "L'utilité de l'inutile" (Paris, Rivage, 1991). …poussé par ses désirs immodérés à s’aventurer jusqu’aux limites de la terre et dans ses immenses cavités, fondant l’argent et l’or, ne cessant jamais d’en acquérir, se démenant toujours pour en posséder davantage afin de ne pas déchoir. Et il n’éprouve aucun remords à se déclarer heureux, lui qui fait creuser à pleines mains les profondeurs de la terre par des captifs enchaînés, dont les uns périssent sous les éboulements d’un terrain friable, tandis qu’interminablement soumis à cette contrainte, les autres survivent dans le châtiment comme dans une patrie. On va chercher l’or et l’argent…on ouvre les veines de la terre, on fend les mottes pour s’enrichir ; de notre terre maternelle, on fait une terre ennemie. Ce texte d’une puissance incomparable pourrait se réécrire aujourd’hui. Nous léguons un héritage atroce ou la vie même est menacé. Il faut lire le printemps silencieux de Rachel Carson à l’appel sans écoute des innombrables déclarations de droit internationale. Il faut lire Hans Jonas et son principe de responsabilité évoqué dans son entretien avec le Der Speigel de 1992 : au plus proche d’une issue fatale. De l’an 400 avant J.C à aujourd’hui, près de 2500 ans histoire, il est bien fondé de penser à la fatalité de l’issue de l’humanité soutenue par les thèses des collapsologues. Si nous voulons la vie, l’humanité devra s’ascétiser drastiquement. Renoncer à cette existence d’hédonisme individuelle sera ou alors devra être une obligation inéluctable. Qui osera pour cela mettre de l’éthique au lieu du profit ? Qui osera stopper cette machine de croissance et d’expansion meurtrière ? Qui osera toucher à nos libertés individuelles ? Et est ce une liberté que d’agir consciemment -car maintenant nous savons que nos modes de vies sont insoutenables-de transmettre toujours plus l’éducation du pillage à nos enfants ? Nous n’avons pas le droit d’hypothéquer l’existence des générations futures à cause de notre simple laisser-aller (une éthique pour la nature, Hans Jonas 2017). La série des catastrophes s’allongent et nous ne réagissons pas ou peu. Le Covid-19 a juste réussit la prouesse de nous montrer que nous pouvons vivre (presque) sans faire mourir la vie. Qui osera le grand confinement écologique ? tout cela se conditionne par une acceptation pleine et entière de tous les peuples de cette terre à dire : par respect pour la vie et afin de poursuivre l’aventure humaine, nous acceptons la responsabilité et toutes ses contraintes pour sauver notre terre. L’utopie est la réalité de demain. Même sans espoir, il est interdit de se résigner. Renoncer à nos privilèges mortifères est la seule condition à la poursuite de l’aventure humaine. Il y a qu'une question à se poser : à quoi renoncez-vous et maintenant ! 

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ARTICLE

La coco mérite-t-elle vraiment sa réputation ?

La coco mérite-t-elle vraiment sa réputation ?

Après mon article paru en juin, intitulé « Noix de coco : laissez-la sous les tropiques », vous avez été nombreux à réagir, ne comprenant pas qu’on incrimine cette coco qui est pourtant si souvent recommandée dans les régimes santé. Cela méritait donc de plus amples explications ! Eh bien, voici ma réponse ! Nourrir son cerveau avec des graisses ne fait pas de miracle …

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"La plus grande secte est une vie égoïste"

Jean Bouchard