
Monographie du tussilage
Nom scientifique : Tussilago farfara L.
Famille botanique : Asteraceae.
Autres noms communs : Tussilage, pas-d’âne, herbe de la toux, coltsfoot.
Habitat et répartition : Plante vivace originaire d’Europe, d’Asie occidentale et d’Afrique du Nord-Ouest, naturalisée dans d’autres régions, notamment en Amérique du Nord. Elle affectionne les sols remaniés, pauvres à moyennement riches, souvent calcaires ou argilo-graveleux, les talus, remblais, bords de chemins, friches, gravières et terrains ouverts. C’est une plante pionnière de sols nus ou déstabilisés.
Parties utilisées :
- Principalement la feuille dans le cadre officinal européen, sous le nom de Farfarae folium
• Les fleurs sont aussi récoltées dans la tradition herboriste, généralement au début de leur épanouissement
• De nombreuses études modernes portent sur les boutons floraux
• Cette distinction est importante, car les données ne concernent pas toujours la même partie de plante
Notes botaniques : Le tussilage fleurit avant la sortie complète des feuilles, ce qui en fait une plante très reconnaissable de fin d’hiver et de début de printemps. Les capitules jaunes apparaissent d’abord sur des hampes écailleuses ; plus tard viennent les grandes feuilles arrondies à cordiformes, vertes au-dessus et longtemps blanchâtres-tomenteuses au revers. Cette succession floraison puis feuillage constitue un critère pratique utile à l’identification.
Histoire et traditions
Le nom Tussilago renvoie à l’usage respiratoire ancien de la plante, à partir du latin tussis (toux) et ago/agere (agir sur, chasser). Le nom vulgaire de « pas-d’âne » renvoie à la forme du limbe foliaire, comparée à une empreinte de sabot. Cette nomenclature reflète bien la double identité traditionnelle de la plante : un marqueur botanique très reconnaissable et une réputation ancienne de remède de la toux (Larkin, 2013 ; Chen et al., 2021).
Dans l’Antiquité, le tussilage appartient déjà au répertoire des remèdes respiratoires. Dioscoride recommande la fumée des feuilles sèches, aspirée à travers un roseau, pour la toux sèche, tandis que Pline l’Ancien rapporte lui aussi un usage par fumigation pour la toux. Ces témoignages montrent que le tropisme pulmonaire du tussilage est très ancien et que, dans ces sources, c’est d’abord la feuille qui est mise en avant (Larkin, 2013).
Dans la tradition européenne ultérieure, le tussilage reste avant tout une plante pectorale. La feuille y occupe une place importante en infusion, sirop ou mélanges pour la toux ; les fleurs sont elles aussi récoltées dans la tradition herboriste. Dans la médecine populaire autrichienne documentée par Vogl et al., la feuille est utilisée en interne sous forme de thé ou de sirop, et en externe à l’état brut ou pilé ; parmi les usages rapportés figurent notamment les refroidissements, la fièvre, la grippe et divers troubles respiratoires (Vogl et al., 2013).
Le tussilage a également appartenu à l’histoire des mélanges pectoraux officinaux. Le rapport d’évaluation de l’EMA sur les Species pectorales rappelle qu’il figurait dans certaines compositions historiques, notamment autrichiennes, sous forme de Tussilaginis folium, avant d’être retiré de ces formules au début des années 1990. Ce point confirme l’ancienneté de son usage pectoral en Europe tout en montrant que la lecture réglementaire moderne de la plante a changé (European Medicines Agency, 2025).
En parallèle, la tradition asiatique a fortement valorisé les boutons floraux séchés. La revue consacrée à Farfarae Flos rappelle que les boutons floraux de Tussilago farfara, connus sous le nom de Kuandonghua, sont utilisés de longue date en médecine chinoise pour la toux, l’asthme et les bronchites aiguës ou chroniques. La revue générale de Chen et al. souligne également qu’en Europe ce sont surtout les feuilles qui ont été utilisées contre les troubles bronchiques, alors qu’en Chine la préférence porte sur les boutons floraux. Cette divergence historique explique en grande partie pourquoi la littérature pharmacologique moderne sur le tussilage s’appuie si souvent sur les boutons floraux plutôt que sur la feuille (Liu et al., 2020 ; Chen et al., 2021).
La lecture contemporaine du tussilage est toutefois devenue plus prudente. La plante reste solidement ancrée dans la tradition respiratoire européenne et asiatique, mais la présence d’alcaloïdes pyrrolizidiniques a profondément modifié son statut pratique et réglementaire. Le tussilage est donc une plante dont la tradition est riche et cohérente sur le plan respiratoire, mais dont l’usage moderne ne peut plus être lu sans la question de la sécurité et du contrôle de la matière première (Chen et al., 2021 ; European Medicines Agency, 2025).
Principes actifs connus
Feuilles
• Polysaccharides mucilagineux et polysaccharides hydrosolubles, historiquement décrits surtout dans les feuilles (Franz, 1969 ; Haaland, 1969)
• Composés phénoliques, avec notamment acide chlorogénique, acide caféique, dérivés caféoylquiniques et plusieurs flavonoïdes tels qu’hyperoside, isoquercitrine, rutine, quercitrine, quercétine et dérivés du kaempférol ; dans les organes végétatifs étudiés récemment, l’acide chlorogénique figure parmi les composés dominants (Bota et al., 2022)
Fleurs et boutons floraux
• Sesquiterpénoïdes, notamment de type oplopane et bisabolane, dont la tussilagone, particulièrement documentés dans les boutons floraux (Hwangbo et al., 2009 ; Jang et al., 2016)
• Flavonoïdes et dérivés caféoylquiniques également identifiés dans les boutons floraux (Kim et al., 2006 ; Wu et al., 2016)
Alcaloïdes pyrrolizidiniques
• Dans les boutons floraux, les travaux analytiques ont surtout mis en évidence la senkirkine, avec traces de senecionine (Jiang et al., 2009)
• La littérature ancienne rapporte en outre la tussilagine dans les fleurs de tussilage (Röder et al., 1981)
• Les feuilles contiennent elles aussi des alcaloïdes pyrrolizidiniques, notamment senkirkine et senecionine (Adamczak et al., 2013)
Remarque d’interprétation
• Les feuilles sont surtout documentées pour leurs mucilages et leur profil phénolique
• Les boutons floraux sont particulièrement étudiés pour leurs sesquiterpénoïdes et plusieurs composés respiratoires actifs
• Les revues récentes confirment que le tussilage présente une phytochimie riche et différenciée selon les organes, ce qui justifie de ne pas considérer feuilles et boutons floraux comme interchangeables (Chen et al., 2021 ; Ahmad et al., 2025)
Propriétés pharmacologiques majeures
Sphère respiratoire
- Propriété avérée (préclinique in vivo) : les feuilles et les boutons floraux ont montré des effets antitussifs et expectorants marqués dans des modèles animaux ; l’analyse métabolomique a corrélé ces effets à des composés comme l’acide chlorogénique, le 3,5-dicaffeoylquinique et la rutine (Li et al., 2013)
- Propriété avérée (préclinique in vivo) : quatre acides caféoylquiniques isolés des boutons floraux ont montré chez la souris des effets antitussifs, expectorants et anti-inflammatoires dans des modèles respiratoires expérimentaux, avec un effet particulièrement marqué pour l’acide 4,5-dicaffeoylquinique sur la toux et l’inflammation, et pour l’acide 3,5-dicaffeoylquinique sur l’expectoration (Wu et al., 2016)
- Propriété avérée (préclinique in vivo et in vitro) : un extrait éthanolique de boutons floraux a atténué l’inflammation pulmonaire induite par la fumée de cigarette, avec diminution de médiateurs inflammatoires et du stress oxydatif, en lien avec une modulation de Nrf2, NF-κB et de l’inflammasome NLRP3 (Xu et al., 2022)
Sphère anti-inflammatoire
- Propriété avérée (in vitro) : la tussilagone a inhibé la production de NO, TNF-α et PGE2 ainsi que l’expression de iNOS et COX-2 dans des macrophages stimulés par le LPS, avec implication de HO-1 (Hwangbo et al., 2009)
- Propriété avérée (in vitro) : plusieurs sesquiterpénoïdes issus des boutons floraux, notamment de type oplopane et bisabolane, inhibent la production de NO dans les macrophages RAW264.7 stimulés par le LPS, certains composés montrent des activités notables à faibles concentrations micromolaires (Li et al., 2012 ; Jang et al., 2016)
Sphère antioxydante
- Propriété avérée (in vitro) : deux glycosides de quercétine isolés des boutons floraux ont montré une activité antioxydante supérieure à la quercétine dans un test de piégeage du superoxyde ; l’arabinopyranoside de quercétine a également augmenté le glutathion cellulaire et l’expression de l’enzyme gamma-glutamylcystéine ligase dans une lignée d’hépatocytes de rat (Kim et al., 2006)
- Propriété avérée (in vitro et modèle zebrafish) : l’extrait aqueux de feuille n’a pas montré de toxicité dans les conditions testées sur embryons de zebrafish et cellules bronchiques BEAS-2B, et a exercé un effet protecteur après induction d’un stress oxydatif dans ces cellules (Dragičević et al., 2019)
- Propriété avérée (in vitro) : des extraits des parties aériennes et souterraines de Tussilago farfara ont montré une capacité antioxydante variable selon l’organe végétal étudié et le site de récolte, en cohérence avec les différences observées dans le profil phénolique (Bota et al., 2022)
Sphère immunomodulante
- Propriété avérée (préclinique in vivo) : des polysaccharides de Tussilago farfara ont augmenté le nombre de cellules CD117+34+ dans la moelle osseuse de souris traitées par cyclophosphamide, suggérant un effet sur le compartiment hématopoïétique dans ce modèle (Safonova et al., 2020)
Autres propriétés
- Données exploratoires (in vitro) : certains sesquiterpénoïdes isolés des boutons floraux ont montré une activité inhibitrice sur l’α-glucosidase ; d’autres ont exercé des effets antiprolifératifs modérés sur les lignées tumorales humaines A549 et MDA-MB-231, le composé 14 induisant une apoptose et un arrêt du cycle cellulaire en phase S/G2 dans les cellules A549 (Song et al., 2021)
Dans l’ensemble, les données modernes sur le tussilage reposent surtout sur des études in vitro et précliniques, avec encore peu d’éléments directement transposables à l’usage clinique humain (Chen et al., 2021 ; Ahmad et al., 2025)
Indications médicinales retenues
- Toux, en particulier toux irritative ou toux avec encombrement léger
- Affections respiratoires hautes ou bronchiques légères avec toux et sécrétions
Indications exploratoires ou émergentes (non validées cliniquement)
- Inflammation bronchique liée aux irritants inhalés
- Toux productive avec composante inflammatoire bronchique
- Affections respiratoires inflammatoires plus larges
Formes galéniques et posologies
Feuille, usage traditionnel
• Commission E : 4,5 à 6 g par jour de drogue, ou quantité équivalente de préparation
• En pratique domestique, cela correspond à 1 cuillère à café et demie de feuille sèche pour 150 ml d’eau bouillante, 3 à 4 fois par jour, soit environ 4,5 à 6 g par jour si l’on retient l’équivalence pratique 1 cuillère à café ≈ 1 g
• En repères pratiques, 1 cuillère à café ≈ 1 g de drogue et 1 cuillère à soupe ≈ 3 à 4 g de drogue
• La durée d’utilisation ne devrait pas dépasser 4 à 6 semaines
Boutons floraux, extraits et préparations expérimentales
• Les études modernes portent surtout sur les boutons floraux, des extraits expérimentaux ou des composés isolés
• Aucune posologie pratique humaine ne peut être déduite de ces travaux, faute de correspondance documentée feuille ⇄ boutons floraux ⇄ extrait et faute de schéma clinique utilisable
Cadre de sécurité conditionnant l’usage
• Le cadre HMPC/EMA moderne retient une exposition maximale très basse aux alcaloïdes pyrrolizidiniques, de l’ordre de 1,0 µg/jour chez l’adulte pour les médicaments à base de plantes concernés
• En pratique actuelle, l’usage oral du tussilage n’est défendable que pour une matière première ou une préparation contrôlée pour les PA
Recommandations de cueillette
Le tussilage est une plante pionnière des terrains remaniés : talus, remblais, bords de chemins, gravières, friches et autres milieux perturbés. Cette écologie impose une vigilance particulière, car ces habitats peuvent être exposés à des pollutions diffuses. Il est donc préférable d’éviter toute récolte en bord de route, sur remblais urbains, anciens dépôts, terrains traités ou sites potentiellement contaminés.
La récolte demande aussi de bien distinguer les temps de végétation de la plante : les fleurs apparaissent très tôt, avant les feuilles, puis les feuilles se développent secondairement. Cette succession doit être bien connue afin d’éviter toute confusion sur la partie récoltée.
Dans la tradition européenne, ce sont surtout les feuilles qui ont été retenues dans le cadre officinal. Les fleurs sont néanmoins également récoltées dans la tradition herboriste, généralement au début de leur épanouissement.
Pour un usage médicinal oral répété, la cueillette sauvage n’est cependant pas la solution la plus sûre. La question des alcaloïdes pyrrolizidiniques et la nécessité d’un contrôle de qualité plaident en faveur d’une matière première correctement identifiée et contrôlée.
Sécurité et précautions d’usage
- Tolérance et sécurité générale
La tolérance du tussilage dépend presque entièrement de la maîtrise des alcaloïdes pyrrolizidiniques toxiques. Le principal enjeu n’est donc pas la plante en elle-même au sens abstrait, mais la quantité réelle de PA 1,2-insaturés et de leurs N-oxydes dans la préparation utilisée. Le document EMA rappelle que ces composés sont associés à une toxicité hépatique, à un potentiel génotoxique et à une cancérogénicité démontrée chez l’animal. L’exposition doit être maintenue aussi basse que possible. Pour l’usage oral, le HMPC retient une limite de 1,0 µg/jour chez l’adulte, avec ajustement au poids corporel chez l’enfant et l’adolescent
- Contre-indications
En l’absence de garantie d’un contrôle analytique strict des alcaloïdes pyrrolizidiniques, l’usage oral du tussilage ne devrait pas être retenu pendant la grossesse et l’allaitement, chez les sujets présentant une pathologie hépatique, ni dans toute situation où l’on cherche à réduire au maximum l’exposition à des composés génotoxiques et potentiellement carcinogènes. Les groupes sensibles, notamment les enfants ainsi que les femmes enceintes et allaitantes, sont explicitement pris en compte dans le cadre EMA/HMPC de limitation d’exposition aux PA
- Effets indésirables possibles
Le principal risque est hépatotoxique. Les PA toxiques peuvent être responsables d’atteintes hépatiques sévères de type maladie veino-occlusive ou syndrome d’obstruction sinusoïdale, avec possibilité d’évolution vers une fibrose ou une cirrhose. Le document EMA rappelle aussi que, chez l’humain, les données de suivi à long terme restent insuffisantes pour quantifier précisément le risque chronique, mais que des issues telles que cancer, cirrhose ou hypertension pulmonaire ne peuvent être exclues pour les PA toxiques
- Précautions d’emploi
Toute utilisation orale moderne du tussilage suppose une matière première ou une préparation effectivement contrôlée pour les PA. La dose en grammes ne suffit pas, à elle seule, à juger de la sécurité d’emploi. Pour les préparations contenant naturellement des PA comme constituants de la plante, la somme des PA apportés par la plante elle-même et par d’éventuelles contaminations ne doit pas dépasser la limite retenue. Le document EMA insiste sur une logique ALARA, c’est-à-dire une exposition aussi faible que raisonnablement possible, ainsi que sur l’importance d’un contrôle analytique adapté à la posologie finale.
Les revues récentes insistent elles aussi sur la nécessité d’un contrôle de qualité strict et d’une vigilance particulière vis-à-vis des alcaloïdes pyrrolizidiniques (Chen et al., 2021 ; Ahmad et al., 2025)
- Interactions médicamenteuses
Aucune interaction médicamenteuse spécifique du tussilage n’est clairement documentée ici. En revanche, l’EMA souligne que l’induction des enzymes du cytochrome P450 par certains médicaments ou produits végétaux peut théoriquement majorer la toxicité des PA par augmentation de leur bioactivation. Par prudence, il convient également d’éviter la co-exposition à d’autres sources de PA, qu’elles soient végétales, alimentaires ou médicamenteuses.
Vision personnelle
Le tussilage est, à mes yeux, une plante exemplaire de ce que la phytothérapie demande aujourd’hui de maturité. Voilà une espèce à la fois ancienne, cohérente dans sa tradition respiratoire, bien enracinée dans les usages populaires et pourtant profondément reconfigurée par l’évolution des connaissances toxicologiques. C’est précisément ce type de plante qui rappelle qu’en phytothérapie, l’ancienneté d’un usage ne suffit pas toujours à garantir sa sécurité actuelle.
Ce qui est particulièrement frappant avec le tussilage, c’est le décalage entre la tradition et la lecture moderne du risque. Pendant longtemps, la plante a été utilisée comme remède pectoral relativement classique, parfois même avec une certaine banalité dans les pratiques populaires. Or la question des alcaloïdes pyrrolizidiniques modifie profondément cette lecture. Elle impose de reconnaître qu’il existe ici un risque toxicologique réel, non théorique, et que la cueillette sauvage, telle qu’elle peut encore être envisagée dans une logique traditionnelle, ne constitue pas forcément une voie rassurante pour un usage oral répété.
Le tussilage montre donc très bien pourquoi il est indispensable de suivre l’évolution de la connaissance en phytothérapie. Des sources anciennes ou encore largement relayées peuvent donner l’impression d’une relative innocuité, voire d’un usage simple, alors que les cadres d’évaluation les plus récents conduisent à une prudence beaucoup plus forte. Le fait que le tussilage ait disparu de certaines préparations pectorales historiques autrichiennes et que les textes récents de l’EMA/HMPC encadrent si strictement l’exposition aux alcaloïdes pyrrolizidiniques illustre bien ce déplacement. Cela ne signifie pas que la tradition était absurde, mais qu’elle doit désormais être relue à la lumière d’outils analytiques et toxicologiques qu’elle ne possédait pas.
Cette plante rappelle aussi un autre point essentiel : toutes les parties d’une plante ne se valent pas forcément, ni sur le plan de l’usage, ni sur le plan chimique, ni sur celui de la sécurité. Dans la tradition populaire, les fleurs sont souvent récoltées et utilisées ; dans le cadre officinal européen, la feuille a occupé une place plus nette ; dans la littérature moderne, ce sont très souvent les boutons floraux qui dominent les travaux pharmacologiques. Cette superposition de traditions, d’usages et de corpus scientifiques différents peut facilement créer de la confusion si l’on ne distingue pas clairement les parties employées.
Au fond, le tussilage reste une plante intéressante, mais il n’est plus, à mes yeux, une plante de confort ni une plante d’automédication évidente. Il garde une vraie valeur historique, botanique et pharmacologique, mais son usage moderne demande un niveau de prudence supérieur à celui de nombreuses autres plantes respiratoires. C’est une plante qui oblige à penser, à vérifier, à nuancer. En cela, elle est pédagogique : elle nous rappelle que la phytothérapie sérieuse n’est pas la répétition des usages anciens, mais leur réévaluation permanente.
Reconnaissances officielles
- Commission E : Farfarae folium a été retenu pour les catarrhes aigus des voies respiratoires avec toux et enrouement, ainsi que pour les inflammations légères des muqueuses buccales et pharyngées.
- EMA/HMPC : aucune monographie communautaire autonome dédiée à Tussilago farfara n’a été identifiée dans les sources EMA consultées ; les documents EMA retrouvés concernent surtout la gestion du risque lié aux alcaloïdes pyrrolizidiniques et la monographie européenne sur les Species pectorales.
- ESCOP : aucune monographie autonome dédiée à Tussilago farfara n’a été vérifiée dans les ressources consultées.
Bibliographie scientifique
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