
Monographie de la Camomille allemande
Nom scientifique
Matricaria chamomilla L.
Synonymes usuels et officinaux : Matricaria recutita L. ; Chamomilla recutita (L.) Rauschert. Le nom Matricaria recutita L. reste très employé dans les monographies réglementaires, notamment par l’EMA/HMPC pour Matricariae flos.
Famille botanique
Asteraceae, anciennement Composées.
Autres noms communs
Camomille allemande, camomille matricaire, matricaire camomille, camomille vraie.
Habitat et répartition
Espèce annuelle originaire d’Europe et d’Asie occidentale, aujourd’hui largement naturalisée dans de nombreuses régions tempérées du monde, notamment en Afrique du Nord, en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et en Océanie. Elle se rencontre surtout dans les cultures, les friches, les bords de chemins, les terrains vagues et les sols remués, de préférence meubles, sablo-limoneux, bien drainés et bien ensoleillés. Elle est généralement observée en plaine et à l’étage collinéen, pouvant monter localement jusqu’à environ 1 300 m d’altitude.
Parties utilisées
Capitules floraux de Matricaria chamomilla, entiers ou fragmentés, généralement séchés, correspondant à la drogue officinale Matricariae flos. La présente monographie porte sur les capitules floraux ; l’huile essentielle de camomille allemande constitue une forme officinale distincte, mais n’est pas l’objet principal de cette monographie.
Notes botaniques
Matricaria chamomilla est une Astéracée annuelle, aromatique, à tiges dressées et ramifiées, portant des feuilles finement divisées. Les capitules associent des ligules blanches, d’abord étalées puis souvent pendantes, à un disque jaune bombé puis conique. Le critère de terrain le plus utile est le réceptacle floral creux, dépourvu de paillettes, associé à une odeur douce, chaude et aromatique.
La confusion la plus fréquente concerne la matricaire discoïde (Matricaria discoidea DC.), très commune sur les chemins, les bords de routes et les lieux piétinés. Elle se distingue par des capitules coniques vert-jaune, sans ligules blanches, et par une odeur rappelant nettement l’ananas. Son réceptacle est également creux, ce qui confirme sa proximité avec la camomille allemande, mais elle ne doit pas être présentée comme un équivalent médicinal automatique de M. chamomilla.
La camomille romaine (Chamaemelum nobile) et la grande camomille (Tanacetum parthenium) peuvent aussi entretenir des confusions par leurs noms vernaculaires et leurs capitules blancs à disque jaune. Elles relèvent cependant d’espèces, d’usages et de profils pharmacologiques distincts. La grande camomille, notamment, ne doit pas être assimilée à la camomille allemande : elle relève d’une espèce distincte, avec des constituants, des indications et des précautions d’emploi différents.
Histoire et traditions
La camomille allemande fait partie des plantes médicinales européennes les plus anciennes et les plus utilisées. Son histoire est toutefois marquée par de nombreuses confusions de noms et d’espèces, notamment avec la camomille romaine (Chamaemelum nobile) et la grande camomille (Tanacetum parthenium), qui relèvent d’espèces, de constituants et d’usages distincts.
Dans les traditions médicales antiques, les camomilles sont associées aux troubles digestifs, aux douleurs, aux états fébriles et à certains troubles gynécologiques. Dioscoride rapporte notamment un usage diurétique de la camomille, tandis que les traditions médico-historiques attribuent à Galien son emploi dans les douleurs et les courbatures.
Dans la médecine populaire européenne, Matricaria chamomilla s’est surtout imposée comme plante digestive, calmante, antispasmodique et adoucissante des muqueuses. La matricaire discoïde (Matricaria discoidea DC.), espèce proche mais distincte, a également connu des usages populaires locaux ; Henri Leclerc lui a notamment consacré une note sur son action vermifuge.
Principes actifs connus
Les capitules floraux de Matricaria chamomilla contiennent deux grands ensembles de constituants : une fraction hydrosoluble, principalement extraite dans les infusions, et une fraction volatile, présente dans la drogue et concentrée dans l’huile essentielle.
- Huile essentielle : 0,3–1,9 % des capitules secs selon les sources pharmacopéiques. Elle contient surtout des sesquiterpènes et sesquiterpénols, notamment le chamazulène, l’α-bisabolol, les oxydes de bisabolol A et B, le trans-β-farnésène et des spiroéthers cis/trans-en-in-dicycloéthers. Le chamazulène n’est pas présent tel quel dans la plante fraîche : il provient de la transformation des proazulènes, notamment la matricine, lors de la distillation.
- Lactones sesquiterpéniques : principalement matricine, matricarine et désacétylmatricarine. La matricine constitue un marqueur important de la fraction proazulénique et participe à la formation du chamazulène lors de la distillation.
- Flavonoïdes : groupe majeur des capitules, avec notamment l’apigénine, l’apigénine-7-O-glucoside, la lutéoline et ses dérivés, la quercétine et d’autres flavones ou flavonols en proportions variables selon l’origine, le cultivar et les conditions de préparation.
- Coumarines : principalement herniarine et ombelliférone, accompagnées de composés apparentés en plus faibles quantités.
- Acides phénoliques et dérivés phénylpropaniques : acides caféique, férulique, vanillique, syringique, anisique et dérivés cinnamiques.
- Mucilages et polysaccharides : fraction hydrophile des capitules, incluant des constituants mucilagineux, des polysaccharides pectiques et des fructanes de type inuline. Cette fraction est surtout pertinente pour les préparations aqueuses.
La composition varie selon le cultivar, l’origine géographique, le stade de récolte, les conditions de séchage et la forme galénique. L’infusion extrait surtout les flavonoïdes, les coumarines hydrosolubles, les mucilages et les polysaccharides, tandis que les formes concentrées et les préparations lipophiles valorisent davantage les constituants volatils.
Propriétés pharmacologiques majeures
Sphère digestive et antispasmodique
- Troubles digestifs fonctionnels mineurs (usage traditionnel reconnu) : les capitules de camomille allemande sont utilisés dans les troubles gastro-intestinaux mineurs, notamment ballonnements, sensation de plénitude, éructations et spasmes digestifs légers. Cet usage est reconnu par l’EMA/HMPC pour Matricariae flos, principalement sous forme d’infusion.
- Effet antispasmodique intestinal (données précliniques et pharmacologiques) : les extraits de Matricariae flos exercent une activité spasmolytique sur la musculature lisse digestive dans des modèles de contractions induites par l’acétylcholine ou l’histamine. Cet effet est cohérent avec la présence de constituants sesquiterpéniques et flavonoïdiques, sans l’attribuer à une molécule unique (Forster et al., 1980 ; Ammon et al., 2006 ; EMA/HMPC, 2015).
- Dyspepsie fonctionnelle (données cliniques indirectes) : des préparations multicomposées de type STW 5/STW 5-II, incluant Matricaria chamomilla, ont amélioré les symptômes de dyspepsie fonctionnelle par rapport au placebo dans des essais randomisés. Ces résultats soutiennent la cohérence digestive de la camomille dans une formule antispasmodique et carminative, tout en relevant de la préparation complète plutôt que de la plante isolée (Madisch et al., 2004).
- Nausées induites par chimiothérapie (donnée clinique exploratoire) : dans une étude menée chez 60 patients traités par chimiothérapie, l’administration d’un extrait de Matricaria chamomilla 2 heures avant la séance a réduit l’intensité des nausées, sans effet significatif sur les vomissements (Borhan et al., 2017).
Sphère nerveuse
- Effet sédatif léger et sommeil (donnée clinique spécifique) : chez des personnes âgées en institution, l’administration de 400 mg d’extrait de Matricaria chamomilla deux fois par jour pendant 4 semaines a amélioré la qualité du sommeil évaluée par le score PSQI (Abdullahzadeh et al., 2017).
- Trouble anxieux généralisé (données cliniques) : dans une phase ouverte portant sur des patients avec trouble anxieux généralisé modéré à sévère, un extrait oral de camomille dosé à 1 500 mg/j pendant 8 semaines a entraîné une réduction cliniquement significative des symptômes, avec un taux de réponse de 58,1 % chez 179 patients (Keefe et al., 2016). Dans l’étude de continuation randomisée, la poursuite du traitement a maintenu des scores d’anxiété plus bas, sans réduction significative du taux de rechute (Mao et al., 2016).
- Humeur dépressive associée au trouble anxieux (donnée clinique exploratoire) : chez des sujets présentant un trouble anxieux généralisé avec symptômes dépressifs associés, l’extrait oral de camomille a montré un signal antidépresseur possible, en complément de son effet anxiolytique (Amsterdam et al., 2020).
- Dépression chez des patients sous chimiothérapie (donnée clinique spécifique) : chez des patients cancéreux traités par chimiothérapie, la consommation de tisane de camomille a été associée à une diminution des scores de dépression, sans effet notable sur l’anxiété (Moeini Ghamchini et al., 2019).
- Modulation neuropharmacologique (données pharmacologiques et synthèse clinique) : l’activité calmante de la camomille est rattachée à ses flavonoïdes, notamment l’apigénine et ses dérivés, avec une modulation possible des voies GABAergiques et de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien. Une revue systématique récente de 10 essais cliniques rapporte une amélioration de l’anxiété dans la majorité des études disponibles, avec une hétérogénéité importante des formes, doses, populations et durées d’intervention (Saadatmand et al., 2024).
Sphère anti-inflammatoire, cutanée et analgésique
- Activité anti-inflammatoire (données précliniques) : les extraits de Matricaria chamomilla modulent plusieurs marqueurs de l’inflammation dans des modèles cellulaires de macrophages et de lymphocytes de souris BALB/c, notamment la production de NO et certains médiateurs cytokiniques. Ces effets sont cohérents avec la présence de flavonoïdes, de sesquiterpènes et de composés phénoliques, sans se réduire à un constituant isolé (Asadi et al., 2020).
- Migraine sans aura (donnée clinique topique) : dans un essai randomisé, double aveugle, contrôlé par placebo et en cross-over, l’application locale d’un oléogel de camomille standardisé en chamazulène et apigénine a réduit la douleur migraineuse et plusieurs symptômes associés après application, notamment nausée, vomissements, photophobie et phonophobie (Zargaran et al., 2018).
- Activité anti-allergique et mastocytaire (données précliniques) : dans des modèles d’hypersensibilité médiée par les mastocytes, un extrait méthanolique de Matricaria recutita a inhibé la dégranulation mastocytaire, la libération d’histamine et la production de NO, avec un effet anti-allergique dose-dépendant (Chandrashekhar et al., 2011).
- Effet antiprurigineux (données précliniques) : chez la souris, l’extrait de camomille allemande a réduit de manière dose-dépendante le comportement de grattage induit expérimentalement, avec un intérêt mécanistique dans les prurits histaminergiques (Kobayashi et al., 2005).
- Mastalgie cyclique (donnée clinique) : dans un essai randomisé double aveugle mené chez des femmes présentant une mastalgie cyclique légère à modérée, l’administration orale d’un extrait de Matricaria chamomilla pendant 2 mois a réduit la douleur mammaire par rapport au placebo, avec une bonne tolérance rapportée (Saghafi et al., 2018).
Sphère gynécologique
- Dysménorrhée primaire (données cliniques convergentes) : une revue systématique de 7 essais cliniques, portant sur 1 033 participantes, rapporte une diminution de la douleur menstruelle et, dans certaines études, du volume des saignements avec des préparations orales de camomille allemande (Matricaria chamomilla / Matricaria recutita) utilisées dans la dysménorrhée primaire (Niazi et Moradi, 2021).
- Tisane de camomille et dysménorrhée (donnée clinique spécifique) : dans une étude menée chez 80 étudiantes, la consommation de deux tasses de tisane de camomille par jour, une semaine avant les règles puis pendant les cinq premiers jours du cycle, sur 3 cycles, a réduit la douleur menstruelle, l’anxiété et le stress associés à la dysménorrhée primaire (Jenabi et Ebrahimzadeh, 2010).
- Syndrome prémenstruel (revue systématique d’essais randomisés) : une revue systématique ayant retenu 8 essais randomisés rapporte une amélioration des symptômes du syndrome prémenstruel avec la camomille, incluant les symptômes physiques, comme douleurs, crampes et sensibilité mammaire, ainsi que certains symptômes psychiques, notamment irritabilité, anxiété et tension émotionnelle (Khalesi et al., 2019).
- Saignements menstruels (essai randomisé triple aveugle) : dans un essai mené chez 90 étudiantes, des gélules de camomille dosées à 250 mg toutes les 8 heures pendant 2 cycles ont réduit le volume des saignements menstruels. La diminution observée n’était pas significativement différente de celle obtenue avec l’acide méfénamique administré selon le même schéma posologique (Karimian et al., 2015).
Activité antioxydante — mécanisme transversal
- Activité antioxydante in vitro (données expérimentales) : les extraits et l’huile essentielle de Matricaria chamomilla présentent une capacité antioxydante variable selon la forme étudiée, la teneur en flavonoïdes, la composition de l’huile essentielle et l’origine de la drogue. Les résultats reposent principalement sur des tests chimiques ou cellulaires, notamment DPPH, ABTS, FRAP, CUPRAC et mesures de la peroxydation lipidique.
- Protection oxydative en modèle métabolique (donnée préclinique) : chez des rats soumis à un régime hypercholestérolémiant, un extrait hydroalcoolique de Matricaria chamomilla administré à 55 ou 110 mg/kg a modulé certains marqueurs du stress oxydatif, du profil lipidique et de l’inflammation, avec un effet associé à une moindre formation de plaques d’athérome dans ce modèle expérimental (Nargesi et al., 2018).
Activité antimicrobienne et antifongique
- Activité antibactérienne in vitro (données expérimentales) : des extraits éthanoliques de Matricaria chamomilla ont montré une activité antibactérienne expérimentale contre des isolats résistants, notamment Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline avec l’extrait de fleurs, et Pseudomonas aeruginosa multirésistant avec l’extrait de feuilles. Ces résultats dépendent du solvant, de la partie de plante et des concentrations testées (Sadat et al., 2021 ; Poudineh et al., 2021).
- Activité antifongique (donnée expérimentale) : un peptide antifongique isolé des fleurs de Matricaria chamomilla, MCh-AMP1, a montré une activité contre des champignons pathogènes humains, notamment des levures et moisissures, avec un effet sur la perméabilité membranaire et le stress oxydatif fongique (Seyedjavadi et al., 2019).
- Activité antiparasitaire et insecticide (données expérimentales) : différentes préparations de Matricaria chamomilla, en particulier des extraits ou huiles essentielles, ont été étudiées dans des modèles antiparasitaires, larvicides ou insecticides. Cette piste reste secondaire dans la monographie de la camomille allemande (El Mihyaoui et al., 2022).
Sphère métabolique
- Métabolisme glucidique et diabète (données précliniques et cliniques limitées) : une revue systématique consacrée à Matricaria recutita dans le diabète rassemble des données in vitro, animales et humaines suggérant des effets favorables sur certains marqueurs du contrôle glycémique, du métabolisme lipidique et du stress oxydatif. Les formes étudiées sont hétérogènes, incluant tisane, extraits aqueux et extraits éthanoliques, ce qui ne permet pas d’en faire une indication antidiabétique principale (Hajizadeh-Sharafabad et al., 2020).
- Obésité et complications métaboliques (données mécanistiques) : une revue narrative souligne l’intérêt potentiel de la camomille allemande et de certains constituants, notamment l’apigénine et la lutéoline, dans des modèles liés à l’obésité, au stress oxydatif, à l’inflammation et aux complications métaboliques. Les mécanismes discutés impliquent notamment les voies AMPK, NF-κB, Nrf2 et PPARγ, avec des données surtout précliniques ou mécanistiques (Bayliak et al., 2021).
Sphère neuroprotectrice et cognitive
- Mémoire et amnésie expérimentale (modèle animal) : dans un modèle d’altération mnésique induite par la scopolamine chez le rat, un extrait hydroalcoolique de Matricaria chamomilla a amélioré plusieurs paramètres comportementaux de mémoire. Les effets observés sont associés à une modulation de l’activité acétylcholinestérase, du BDNF et de l’expression d’IL-1β dans l’hippocampe (Ionita et al., 2018).
- Ischémie cérébrale expérimentale (modèle animal) : dans un modèle d’ischémie cérébrale globale transitoire avec reperfusion chez le rat, l’extrait de Matricaria chamomilla a été associé à une amélioration de la dysfonction motrice et à une modulation de marqueurs oxydatifs, notamment le MDA sérique (Moshfegh et Setorki, 2017).
Sphère antiproliférative expérimentale
- Cancer du sein (données in vitro) : un extrait hydroalcoolique de racines de Matricaria chamomilla a montré une activité cytotoxique sur la lignée cellulaire MCF-7, avec une IC₅₀ d’environ 1 560 µg/mL après 72 h d’exposition (Kamali et al., 2014).
- Mélanome (données in vitro) : un extrait méthanolique de Matricaria chamomilla a inhibé la prolifération de la lignée de mélanome humain WM1361A, avec une IC₅₀ rapportée à 25,2 µg/mL, sans activité significative sur la lignée A375.S2 dans cette étude (Fraihat et al., 2018).
- Migration et invasion cellulaires (données in vitro) : des extraits hydroalcooliques de Matricaria chamomilla ont également été étudiés sur des lignées de cancer du sein, avec des effets sur la migration, l’invasion cellulaire et certaines voies associées à l’agressivité tumorale (Nikseresht et al., 2017).
Sphère respiratoire et muqueuses ORL
- Irritations des voies respiratoires (usage traditionnel reconnu) : les fleurs de Matricaria chamomilla sont reconnues par l’EMA/HMPC en usage traditionnel pour le soulagement des irritations et inflammations mineures des voies respiratoires, notamment sous forme d’inhalation. Cet usage s’inscrit dans le tropisme anti-inflammatoire et adoucissant de la camomille sur les muqueuses.
- Toux et réveils nocturnes chez l’enfant asthmatique (donnée clinique indirecte) : dans un essai randomisé en double aveugle mené chez 46 enfants de 7 à 12 ans présentant un asthme intermittent lors d’une infection virale des voies respiratoires, un mélange de 7 plantes incluant Matricaria chamomilla a réduit la sévérité de la toux et les réveils nocturnes. Aucun effet significatif n’a été observé sur le wheezing, la détresse respiratoire, le PEFR, le recours au salbutamol, aux corticoïdes oraux ou l’hospitalisation. L’effet propre de la camomille seule ne peut pas être isolé dans cette formule (Javid et al., 2019).
Indications médicinales retenues
- Troubles digestifs fonctionnels mineurs : dyspepsie, ballonnements, sensation de plénitude, éructations, flatulences et spasmes gastro-intestinaux légers.
- États de tension nerveuse : nervosité, anxiété légère à modérée, irritabilité fonctionnelle et troubles mineurs du sommeil, notamment lorsque ces manifestations s’accompagnent d’un terrain digestif ou spasmodique.
- Troubles gynécologiques fonctionnels : dysménorrhée primaire, syndrome prémenstruel avec tension nerveuse, crampes, sensibilité mammaire ou irritabilité, et mastalgie cyclique légère à modérée en accompagnement.
- Irritations cutanées et inflammations bénignes de la peau : rougeurs, prurit, coups de soleil, petites dermatoses inflammatoires, irritation cutanée superficielle et inconfort cutané localisé.
- Inflammations bénignes des muqueuses : irritations de la bouche, des gencives, de la gorge, des voies respiratoires supérieures en inhalation, du tube digestif et des muqueuses ano-génitales, selon la forme galénique adaptée.
- Migraine sans aura : usage local ponctuel envisageable uniquement dans le cadre des formes topiques étudiées, comme l’oléogel de camomille, et non comme indication générale de la tisane ou des préparations orales.
Indications exploratoires ou émergentes
- Sphère métabolique : modulation possible du contrôle glycémique, du métabolisme lipidique, du stress oxydatif et de l’inflammation métabolique, avec des données issues de modèles expérimentaux et de quelques études humaines hétérogènes.
- Sphère neuroprotectrice et cognitive : effets observés dans des modèles animaux d’amnésie expérimentale et d’ischémie cérébrale, avec modulation de marqueurs liés à la mémoire, au stress oxydatif et à l’inflammation neuronale.
- Activité antimicrobienne et antifongique : activité in vitro documentée sur certaines bactéries résistantes, champignons pathogènes et modèles antiparasitaires, selon la forme d’extrait, le solvant, la partie de plante et les concentrations testées.
- Sphère antiproliférative : effets in vitro observés sur différentes lignées tumorales, notamment sur la prolifération, la migration ou l’invasion cellulaire, dans des modèles strictement expérimentaux.
Formes galéniques et posologies
- Infusion — voie orale : 1,5 à 4 g de capitules floraux secs fragmentés dans 150 ml d’eau bouillante, 3 à 4 fois par jour chez l’adulte et l’adolescent. Chez l’enfant : 0,5 à 1 g de 6 mois à 2 ans ; 1 à 1,5 g de 2 à 6 ans ; 1,5 à 3 g de 6 à 12 ans, 2 à 4 fois par jour. En pratique, selon la coupe et la densité de la drogue, cela correspond généralement à environ ½ à 1½ cuillère à soupe rase par tasse.
- Inhalations — voies respiratoires supérieures : 3 à 10 g de capitules floraux secs dans 100 ml d’eau chaude chez l’adulte et l’adolescent, une à plusieurs fois par jour. Chez l’enfant de 6 à 12 ans : 2 à 5 g dans 100 ml d’eau chaude, 1 à 2 fois par jour. L’usage par inhalation n’est pas établi chez l’enfant de moins de 6 ans.
- Rinçages et gargarismes — bouche et gorge : 1 à 5 g de capitules floraux secs dans 100 ml d’eau, en infusion, pour rinçages ou gargarismes, plusieurs fois par jour.
- Irrigations — muqueuses ano-génitales : 4,5 à 5 g de capitules floraux secs par litre d’eau, en infusion, plusieurs fois par jour selon l’indication et la tolérance locale.
- Lavages, compresses et pansements imprégnés — peau : 3 à 10 g de capitules floraux secs dans 100 ml d’eau, en infusion concentrée, à appliquer localement plusieurs fois par jour selon le besoin.
- Extrait liquide DER 1:1, solvant éthanol 96 % V/V : eau : solution d’ammoniaque 10 % m/m (50:47,5:2,5) : 2 g dans 150 ml d’eau tiède, 3 à 4 fois par jour par voie orale.
- Extrait liquide DER 1:4,3–5,7, même solvant : 10 ml dans 150 ml d’eau tiède, 3 à 4 fois par jour pour gargarismes, rinçages, lavages ou pansements imprégnés.
- Extrait liquide DER 1:1, solvant éthanol 48 % V/V : solution d’ammoniaque 10 % m/m (39:1) : par voie orale, 3 ml dans 150 ml d’eau, 3 à 4 fois par jour ; en inhalation, 1 ml dans 100 ml d’eau chaude, 1 à 2 fois par jour ; en gargarisme, rinçage ou irrigation, 1 ml dans 100 ml d’eau ; en compresses, 1,5 ml dans 150 ml d’eau ; en bains partiels, 5 ml par litre d’eau.
- Extrait liquide DER 1:1, solvant éthanol 45 % V/V : solution d’ammoniaque 10 % m/m (14,7:1) : par voie orale, 5 ml dans 150 ml d’eau jusqu’à 4 fois par jour chez l’adulte ; chez l’enfant de 6 à 12 ans, 2,5 ml dans 150 ml d’eau jusqu’à 4 fois par jour. En inhalation : 5 ml dans 150 ml d’eau chaude, plusieurs fois par jour. En gargarisme ou rinçage : 2,5 ml dans 125 ml d’eau, 3 à 4 fois par jour. En compresses ou irrigations : 20 ml par litre d’eau ; en bains partiels : 10 ml par litre d’eau.
- Extrait sec DER 4–7:1, solvant éthanol 50 % m/m : documenté dans des formes liquides diluées contenant environ 0,47 % d’extrait sec. Pour les inflammations cutanées mineures, notamment les coups de soleil, appliquer quelques gouttes en fine couche sur la zone concernée, plusieurs fois par jour.
- Extrait liquide DER 1:1,7–2,6, solvant éthanol 48 % V/V : 1,5 ml dans 150 ml d’eau, 3 à 4 fois par jour par voie orale ou en rinçage/gargarisme chez l’adulte ; chez l’enfant de 6 à 12 ans, 0,7 à 1 ml dans 150 ml d’eau, 3 à 4 fois par jour. En inhalation : 15 ml par litre d’eau chaude, 1 à 2 fois par jour. En compresses, irrigations ou bains partiels : 15 ml par litre d’eau chaude.
- Extrait liquide DER 1:1, solvant éthanol 55 % V/V : en inhalation, 15 ml par litre d’eau chaude, 1 à 3 fois par jour. En rinçage ou gargarisme : 1 à 2 ml dans 150 ml d’eau tiède jusqu’à 4 fois par jour chez l’adulte ; 0,5 à 1 ml dans 150 ml chez l’enfant de 6 à 12 ans. En compresses ou irrigations : 15 ml par litre d’eau ; en bains partiels : 15 à 30 ml dans 5 litres d’eau.
- Extrait liquide DER 1:2, solvant éthanol 70 % V/V : 2,5 à 5 ml dans 50 à 100 ml d’eau, 3 à 4 fois par jour par voie orale ou oromuqueuse. Pour lavages et compresses : 5 à 10 ml dans 100 ml d’eau, plusieurs fois par jour.
- Extrait liquide DER 1:4,1–4,6, solvant éthanol 55 % V/V : poloxamer 188 (993:3) : par voie orale, 5 ml dans 150 ml d’eau tiède, 3 à 4 fois par jour. En inhalation : 40 ml par litre d’eau chaude, 1 à 2 fois par jour. En rinçage ou gargarisme : 5 ml dans 100 ml d’eau, 3 fois par jour. En bains de siège : 20 ml par litre d’eau. En lavages, pansements imprégnés ou irrigations : 40 ml par litre d’eau.
- Extrait liquide DER 1:1,8–2,1, solvant éthanol 52 % V/V : macrogol hydroxystéarate (99,5:0,5) : par voie orale, 1 g dans 150 ml d’eau jusqu’à 4 fois par jour chez l’adulte ; 0,7 g dans 150 ml chez l’enfant de 6 à 12 ans. En inhalation : 10 à 20 ml par litre d’eau chaude. En rinçage ou gargarisme : 0,7 à 1 ml dans 75 ml d’eau. En bains partiels ou irrigations : 7,5 à 15 ml par litre d’eau ; en lavages, pansements imprégnés ou bains partiels : 10 à 20 ml par litre d’eau.
- Extrait liquide DER 1:4–4,5, solvant éthanol 38,5 % m/m avec acétate de sodium, ascorbate de sodium et hydroxyde de sodium : par voie orale, 5 ml dans 100 ml d’eau jusqu’à 4 fois par jour chez l’adulte ; 2 à 3 ml dans 100 ml d’eau chez l’enfant de 6 à 12 ans. En inhalation : 20 ml par litre d’eau chaude, 1 à 2 fois par jour. En rinçage ou gargarisme : 5 ml dans 100 ml d’eau, 3 à plusieurs fois par jour. En lavages, pansements imprégnés ou irrigations : 45 ml par litre d’eau, 1 à 2 fois par jour. En bain partiel ou bain de siège : 30 ml par litre d’eau, 1 à 2 fois par jour.
- Extrait liquide DER 2,7–5,5:1, solvant éthanol 95,4 % V/V avec acétate de sodium et hydroxyde de sodium : documenté dans des formes semi-solides correspondant à environ 8 % de drogue végétale. Appliquer une fine couche sur la zone concernée, 2 à 3 fois par jour. Cette forme est documentée chez l’adulte, l’adolescent et l’enfant à partir de 4 semaines selon la préparation.
- Extrait sec DER 11–16:1, solvant éthanol 95,4 % V/V avec acétate de sodium et hydroxyde de sodium : documenté dans des formes semi-solides correspondant à environ 5,5 % de drogue végétale. Appliquer une fine couche sur la zone concernée, plusieurs fois par jour chez l’adulte et l’adolescent.
- Extrait liquide DER 1:2–2,8, solvant propan-2-ol 48 % V/V : pour compresses et irrigations, 20 ml par litre d’eau, une à plusieurs fois par jour. Pour bains partiels : 20 à 40 ml dans 20 à 40 litres d’eau, une fois par jour. Pour bain complet : 30 ml dans 150 litres d’eau, une fois par jour. Chez l’enfant de 4 semaines à 12 ans : 10 à 20 ml dans 10 à 20 litres d’eau pour bains, une fois par jour.
Repères galéniques issus des études cliniques
Ces repères ne remplacent pas les posologies EMA/HMPC. Ils indiquent seulement les formes, doses, concentrations, équivalences et durées réellement utilisées dans certains essais cliniques humains lorsque l’information galénique est suffisamment précise.
- Trouble anxieux généralisé léger à modéré : extrait de Matricaria recutita en gélules de 220 mg, standardisé à 1,2 % d’apigénine, soit environ 2,64 mg d’apigénine par gélule. La posologie était progressive : 220 mg/j la première semaine, 440 mg/j la deuxième semaine, puis augmentation possible à 660 mg/j, 880 mg/j et jusqu’à 1 100 mg/j entre les semaines 3 et 8 selon la réponse clinique, soit environ 2,64 à 13,2 mg d’apigénine par jour. Le DER de cet extrait n’est pas précisé (Amsterdam et al., 2009).
- Trouble anxieux généralisé modéré à sévère : extrait pharmaceutique de camomille allemande en poudre, DER 4:1, standardisé à 1,2 % d’apigénine, utilisé à la dose de 500 mg trois fois par jour, soit 1 500 mg/j d’extrait. Cette dose correspond à environ 6 g/j d’équivalent fleurs et à environ 18 mg/j d’apigénine, dans les études de traitement court puis de continuation (Keefe et al., 2016 ; Mao et al., 2016).
- Dysménorrhée primaire : sachets de camomille dosés à 5 g par prise, 3 fois par jour, soit 15 g/j de plante. La prise débutait 2 jours avant les règles et se poursuivait jusqu’aux 3 premiers jours des menstruations, pendant 2 cycles. Cette forme correspond à une préparation de plante entière, non à un extrait standardisé (Shabani et al., 2022).
- Sommeil et humeur en post-partum : une tasse par jour, préparée avec un sachet contenant 2 g de fleurs sèches de camomille allemande dans 300 ml d’eau chaude, infusé 10 à 15 minutes, pendant 2 semaines, chez des femmes en post-partum présentant une mauvaise qualité du sommeil. Ce repère concerne une tisane simple de plante sèche, non un extrait concentré (Chang et Chen, 2016).
Sécurité et précautions d’usage
Tolérance
La camomille allemande est généralement bien tolérée aux posologies usuelles, aussi bien par voie orale que par voie locale, lorsque les formes et les doses sont adaptées à l’âge, à la voie d’administration et au contexte clinique. Les principaux risques concernent les réactions d’hypersensibilité et l’usage inadapté de formes concentrées.
Contre-indications
Hypersensibilité connue à Matricaria chamomilla, à ses préparations ou aux plantes de la famille des Astéracées. Les bains complets sont contre-indiqués en cas de plaies ouvertes, lésions cutanées étendues, maladies cutanées aiguës, forte fièvre, infections sévères, troubles circulatoires graves ou insuffisance cardiaque. Les bains partiels ou bains de siège sont contre-indiqués en cas de plaies ouvertes, lésions cutanées étendues, maladies cutanées aiguës, forte fièvre ou infections sévères.
Effets indésirables
Des réactions d’hypersensibilité peuvent survenir, notamment chez les personnes sensibilisées aux Astéracées. Elles peuvent se manifester par des réactions cutanées, muqueuses ou respiratoires. Des réactions allergiques sévères ont été rapportées après contact muqueux avec des préparations liquides de camomille, incluant dyspnée, œdème de Quincke, collapsus vasculaire et choc anaphylactique ; leur fréquence n’est pas connue.
Précautions spécifiques selon l’âge et la forme
L’usage oral de l’infusion de fleurs n’est pas établi chez l’enfant de moins de 6 mois. L’usage en inhalation des fleurs n’est pas établi chez l’enfant de moins de 6 ans. Pour plusieurs extraits liquides, extraits secs, formes oromuqueuses, inhalatoires, cutanées ou bains, l’usage pédiatrique dépend de la préparation : certaines formes ne sont pas établies avant 6 ans ou 12 ans, tandis que quelques formes cutanées ou bains sont documentées à partir de 4 semaines selon le produit. Les limites d’âge doivent donc être vérifiées selon la préparation exacte utilisée.
Grossesse et allaitement
Pour la drogue fragmentée utilisée en infusion, la sécurité pendant la grossesse et l’allaitement est considérée comme établie dans la monographie EMA/HMPC. Pour les extraits liquides, extraits secs, formes semi-solides et additifs de bain, la sécurité pendant la grossesse et l’allaitement n’est pas établie ; en l’absence de données suffisantes, leur usage n’est pas recommandé. En cas d’application cutanée sur la poitrine pendant l’allaitement, les mamelons doivent être nettoyés avant la tétée afin d’éviter une sensibilisation du nourrisson.
Interactions
Par voie orale, des interactions fondées sur des effets CYP450 ont été rapportées chez des patients transplantés rénaux utilisant de fortes doses de camomille pendant une période prolongée, d’environ deux mois. L’huile essentielle de camomille et certains constituants, notamment le chamazulène, les spiroéthers et l’α-bisabolol, inhibent in vitro plusieurs isoformes du cytochrome P450, dont CYP1A2, CYP2C9, CYP2D6 et CYP3A4 ; une prudence est donc justifiée avec les médicaments à marge thérapeutique étroite métabolisés par ces voies, surtout en cas d’usage oral concentré ou prolongé. Pour les usages cutané, oromuqueux, inhalatoire ou en bain, aucune interaction n’est rapportée dans la monographie EMA/HMPC.
Une prudence supplémentaire est justifiée chez les personnes traitées par warfarine ou anticoagulants, en particulier en cas d’usage oral abondant, prolongé ou associé à des formes concentrées. Cette précaution repose sur un risque plausible et des cas cliniques isolés, mais ne constitue pas une interaction clinique systématiquement démontrée.
Surveillance et conduite à tenir
En cas d’aggravation des symptômes, de persistance au-delà d’une semaine, d’apparition de fièvre, de signes infectieux, de lésions étendues, de réaction allergique ou de gêne respiratoire, un avis médical ou professionnel est nécessaire.
Données toxicologiques
Aucun cas de surdosage n’est rapporté dans la monographie EMA/HMPC. Les tests adéquats de toxicité reproductive, génotoxicité et cancérogénicité ne sont pas disponibles pour l’ensemble des préparations ; cette limite justifie de respecter les formes, doses, durées et populations documentées. L’huile essentielle doit rester une forme spécialisée, utilisée avec prudence et dilution adaptée.
Cueillette écoresponsable
- Récolter uniquement les capitules floraux de Matricaria chamomilla, au début de la pleine floraison, lorsque les ligules blanches sont bien développées et que le réceptacle jaune commence à se bomber.
- Vérifier l’identification avant toute récolte : capitules à ligules blanches, disque jaune conique, réceptacle creux et odeur douce, aromatique. Ne pas assimiler automatiquement la matricaire discoïde (Matricaria discoidea) ou les autres “camomilles” à la camomille allemande officinale.
- Choisir des stations propres, éloignées des routes, trottoirs, zones industrielles, friches polluées, cultures traitées, déjections animales et lieux fortement piétinés.
- Prélever par temps sec, de préférence en fin de matinée, lorsque la rosée a disparu. Éviter les fleurs mouillées, brunies, fanées ou parasitées.
- Cueillir délicatement les capitules, sans arracher la plante entière. Laisser une partie importante des fleurs sur place afin de permettre la reproduction de cette annuelle et de maintenir la ressource pour les insectes.
- Transporter les capitules dans un panier aéré ou un sac en toile, sans les tasser. Éviter les sacs plastiques, qui favorisent l’échauffement et la fermentation.
- Sécher rapidement en couche mince, à l’ombre, dans un lieu sec, chaud et bien ventilé. Les capitules doivent conserver une odeur aromatique douce et une couleur claire, sans noircissement.
- Conserver à l’abri de la lumière, de l’humidité et de la chaleur, dans un contenant propre et bien fermé. Utiliser de préférence dans l’année pour préserver la qualité aromatique et pharmacologique.
Vision personnelle
La camomille allemande fait partie de ces plantes que l’on croit connaître parce qu’elles sont partout : dans les tisanes du soir, les remèdes familiaux, les bains de bouche, les compresses, les inhalations. Pourtant, derrière cette apparente simplicité, elle garde une vraie profondeur pharmacologique. Elle relie plusieurs sphères sans jamais perdre son identité : digestive, nerveuse, cutanée, muqueuse, gynécologique. C’est probablement cette capacité à agir doucement sur des terrains très différents qui explique sa place durable dans l’herboristerie européenne.
Une simple infusion peut déjà avoir du sens dans un usage familial bien conduit, tandis que les extraits standardisés, les formes topiques et les préparations officinales montrent combien cette plante ordinaire peut devenir un outil thérapeutique rigoureux lorsqu’elle est bien identifiée, bien dosée et bien préparée.
La matricaire discoïde, que l’on croise souvent sur les chemins tassés, rappelle aussi que nos milieux ordinaires abritent des plantes proches, parfois odorantes, parfois utilisées localement, mais qui ne doivent pas être confondues avec la camomille allemande officinale. Observer ces différences est déjà une manière d’entrer dans la justesse de la phytothérapie : reconnaître avant d’utiliser, distinguer avant de conseiller.
Reconnaissances officielles
- Pharmacopée européenne — Matricariae flos : les capitules floraux de Matricaria recutita L. sont définis comme drogue végétale officinale dans la Pharmacopée européenne. Cette reconnaissance porte sur l’identité, la qualité pharmaceutique et les exigences analytiques de la drogue, et non sur une indication thérapeutique en tant que telle.
- Pharmacopée française — Liste A des plantes médicinales utilisées traditionnellement : la matricaire, également désignée comme camomille allemande ou camomille vulgaire, figure dans la Liste A de la Pharmacopée française sous le nom Matricaria recutita L., avec les synonymes Chamomilla recutita (L.) Rauschert et M. chamomilla L. La partie retenue est le capitule.
- EMA/HMPC — Matricariae flos : monographie européenne d’usage traditionnel adoptée en 2015 pour les capitules floraux de Matricaria recutita L. L’usage traditionnel est reconnu dans les troubles gastro-intestinaux mineurs, notamment ballonnements et spasmes légers, dans les symptômes du rhume par inhalation, dans les inflammations mineures de la bouche et de la gorge, dans les irritations cutanées superficielles et dans les irritations ano-génitales en usage local.
- ESCOP — Matricariae flos : la monographie ESCOP reconnaît l’usage interne des capitules séchés de Matricaria recutita L. dans les troubles gastro-intestinaux mineurs, notamment spasmes légers, distension épigastrique, flatulences et éructations, ainsi que l’usage externe dans les inflammations et irritations mineures de la peau et des muqueuses, incluant la cavité buccale, les gencives, les voies respiratoires en inhalation et la zone ano-génitale.
- OMS/WHO — Flos Chamomillae : l’OMS consacre une monographie aux capitules floraux secs de Chamomilla recutita / Matricaria recutita. Les usages décrits concernent notamment les troubles digestifs fonctionnels, les états de nervosité légère ou d’insomnie mineure, les irritations et inflammations de la peau et des muqueuses, ainsi que l’inhalation dans les irritations respiratoires liées au rhume.
- Commission E : la Commission E allemande approuve l’usage interne des fleurs de camomille dans les spasmes gastro-intestinaux et les affections inflammatoires du tractus gastro-intestinal, ainsi que leur usage externe dans les inflammations de la peau et des muqueuses.
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