
Monographie de la violette
- Nom scientifique
Viola odorata L.
- Famille botanique
Violaceae
- Autres noms communs
Violette odorante, violette de mars selon les régions.
- Habitat et répartition
Plante herbacée vivace des milieux frais à mi-ombragés : lisières, haies, sous-bois clairs, pelouses fraîches et jardins ombragés.
Elle est originaire d’Europe, avec une aire naturelle qui s’étend jusqu’à l’Ouest et au Nord de l’Iran, ainsi qu’à l’Afrique du Nord-Ouest. Elle est aujourd’hui largement cultivée et fréquemment naturalisée dans de nombreuses régions tempérées.
En Suisse, elle se rencontre surtout dans les buissons, les lisières et les lieux ombragés, de l’étage collinéen à l’étage montagnard.
- Parties utilisées
Fleurs, notamment sous forme de sirop de fleurs et de préparations dérivées.
Feuilles, principalement sous forme d’extraits dans certaines données expérimentales.
Préparations huileuses.
Remarque importante : le terme « huile de violette » est hétérogène. Il peut désigner des produits de nature différente selon les fournisseurs, les solvants, les parties de plante utilisées et les procédés de fabrication. Une caractérisation du produit est donc nécessaire avant toute extrapolation des données cliniques ou pharmacologiques (Orchard et al., 2023).
- Notes botaniques
Espèce herbacée vivace, stolonifère, à fleurs violettes parfumées, fréquemment cultivée et parfois naturalisée.
Les feuilles sont généralement cordiformes ou arrondies, disposées en rosette basale. Les fleurs apparaissent tôt au printemps, souvent dès mars selon les régions.
La plante peut former localement de petites colonies grâce à ses stolons.
Il convient de ne pas confondre Viola odorata avec d’autres espèces du genre Viola, notamment Viola tricolor, la pensée sauvage, dont les usages, les monographies officielles et les reconnaissances réglementaires sont différents.
Histoire et traditions
Dans l’Antiquité gréco-romaine, les « violettes » sont décrites à la fois comme fleurs emblématiques, utilisées en couronnes ou en guirlandes, et comme remèdes dits rafraîchissants. Des emplois sont rapportés contre des inflammations, des céphalées et certaines plaintes respiratoires. Les textes anciens ne permettent cependant pas d’assigner avec certitude ces usages à Viola odorata au sens taxonomique moderne (Pline l’Ancien, 1857).
Plus tard, les traditions européennes médiévales puis renaissantes perpétuent l’usage des fleurs et des préparations sucrées, notamment les sirops, dans les tableaux de toux, de catarrhes et d’états fébriles considérés comme « chauds ».
Dans les traditions persane, gréco-arabe et Unani, la plante couramment désignée comme Banafsha, souvent rattachée à Viola odorata dans cette littérature, est décrite comme utilisée dans les plaintes respiratoires, notamment toux, rhumes et bronchites. Elle est aussi mentionnée comme sédative, hypnotique et laxative. Ces usages traditionnels ont fourni un cadre culturel à plusieurs essais cliniques modernes, notamment sur le sommeil, la constipation fonctionnelle et certains symptômes respiratoires (Mahboubi & Kashani, 2018 ; Bashir et al., 2021).
En parallèle, Viola odorata s’inscrit très tôt dans l’histoire de la parfumerie. La culture de violettes odorantes et de cultivars dits « violette de Parme » devient un phénomène horticole urbain au XIXe siècle. L’identification puis l’industrialisation d’odorants de type violette, notamment les ionones et apparentés, marquent un tournant majeur dans la diffusion de l’accord violette en parfumerie moderne (Gautschi et al., 2001 ; Aloum et al., 2020).
Principes actifs connus
Polyphénols des fleurs
Un extrait méthanolique de fleurs de Viola odorata a fait l’objet d’une quantification des polyphénols totaux, des flavonoïdes totaux et des anthocyanes. Plusieurs acides phénoliques, flavonoïdes et anthocyanes ont été identifiés.
Trois flavonoïdes ont notamment été isolés et identifiés : 5,7-dihydroxy-3,6-dimethoxyflavone, lutéoline-7-O-glucoside et kaempférol-3-O-rutinoside (El-Feky & El-Rashedy, 2025).
Cyclotides
Viola odorata contient des cyclotides, peptides cycliques végétaux particulièrement stables. La cycloviolacine O2 a été étudiée expérimentalement. Une activité bactéricide in vitro a été rapportée contre des bactéries Gram négatives, avec exploration de l’importance de certains résidus chargés pour l’activité antibactérienne (Pränting et al., 2010).
Mucilages
La présence de mucilages dans les fleurs est rapportée dans une revue récente. Cette donnée soutient l’usage traditionnel adoucissant et pectoral de la violette, mais elle reste une donnée secondaire et ne constitue pas une démonstration clinique directe (Batiha et al., 2023).
Composés odorants
Les ionones et composés apparentés participent à l’odeur caractéristique de violette et à son usage en parfumerie. Ils relèvent surtout de l’histoire olfactive et industrielle de la plante. Ils ne doivent pas être confondus avec les extraits ou préparations médicinales évalués dans les essais cliniques.
Propriétés pharmacologiques majeures
Sphère sommeil et neurofonctionnelle
- Propriété avérée, clinique, niveau de preuve faible : une étude prétest-posttest a évalué une préparation huileuse de violette en administration intranasale chez 50 patients souffrant d’insomnie chronique. La posologie utilisée était de 2 gouttes par narine chaque soir pendant 1 mois, soit environ 66 mg par narine. Le score ISI, Insomnia Severity Index, a diminué significativement après intervention. Les effets indésirables rapportés étaient surtout légers : écoulement post-nasal, toux, irritation pharyngée. Aucun événement grave n’a été rapporté dans l’article (Feyzabadi et al., 2014)
- Propriété avérée, clinique, niveau de preuve faible à modéré : un essai randomisé, double aveugle, à trois bras, mené chez 75 patients, a comparé une huile de violette, une huile d’amande et un placebo. La posologie était de 3 gouttes par narine chaque soir pendant 30 jours. Les scores PSQI, Pittsburgh Sleep Quality Index, et ISI se sont améliorés après intervention, avec un signal rapporté comme supérieur pour l’huile de violette. L’abstract mentionne l’absence d’effets indésirables graves (Feyzabadi et al., 2018)
- Propriété avérée, clinique, niveau de preuve faible : un essai randomisé, double aveugle, a évalué un sirop ou extrait de Viola odorata par voie orale en adjonction au traitement habituel chez des patients présentant une insomnie associée à une dépression ou à un trouble obsessionnel-compulsif. La posologie utilisée était de 5 mL toutes les 12 heures pendant 4 semaines. Une amélioration du score global PSQI a été rapportée (Shayesteh et al., 2020)
- Donnée de synthèse, revue systématique et méta-analyse : une méta-analyse a inclus 4 articles, 5 essais cliniques et 224 participants. Elle rapporte une amélioration supérieure au placebo du score global PSQI, avec une différence moyenne de −4,67, et du score ISI, avec une différence moyenne de −6,30. Les domaines PSQI significativement améliorés concernaient surtout la qualité subjective et la durée du sommeil. Aucune différence significative n’a été rapportée versus placebo pour la latence d’endormissement, l’efficacité habituelle, les perturbations du sommeil et la dysfonction diurne. Les auteurs soulignent plusieurs limites : hétérogénéité élevée, petit nombre d’essais, qualité méthodologique inégale, randomisation parfois insuffisamment décrite, et mesures principalement subjectives par questionnaires (Huang et al., 2022)
Sphère digestive
- Propriété avérée, clinique, niveau de preuve modéré : un essai randomisé, monocentrique, contrôlé actif, a comparé un sirop de fleur de violette au polyéthylène glycol chez 133 enfants de 4 à 10 ans présentant une constipation fonctionnelle selon les critères de Rome III. La posologie du sirop était de 5 mL, trois fois par jour, pendant 4 semaines. Les deux groupes ont présenté une amélioration significative par rapport à l’état initial. Il n’y avait pas de différence significative entre les groupes au début ou à la fin de l’étude pour la plupart des critères mesurés. Davantage d’effets indésirables ont été rapportés dans le groupe polyéthylène glycol (Tavassoli et al., 2021)
Sphère respiratoire
- Propriété avérée, clinique, niveau de preuve faible à modéré selon symptôme : un essai randomisé, double aveugle, contrôlé, mené en ambulatoire dans le contexte de la COVID-19, a évalué un sirop de violette en traitement adjuvant pendant 7 jours chez 108 patients. L’étude rapporte une amélioration plus rapide et une baisse plus importante des scores de sévérité, mesurés par échelle visuelle analogique, pour la toux, ainsi que pour certains symptômes associés, notamment myalgies, céphalées et diarrhée, par rapport au placebo (Mehraban et al., 2023)
- Donnée de tradition et de synthèse : les usages respiratoires de Viola odorata sont fortement présents dans les traditions européenne, persane, gréco-arabe et Unani, notamment sous forme de fleurs et de sirops dans les toux, rhumes, bronchites et catarrhes. Les données cliniques modernes restent toutefois limitées et ne permettent pas d’établir une indication respiratoire générale (Mahboubi & Kashani, 2018 ; Bashir et al., 2021)
Sphère cardio-métabolique
- Propriété avérée, préclinique in vivo et ex vivo : un extrait de feuilles aqueux-méthanolique 30:70 a été étudié dans des modèles animaux et sur tissus isolés. Chez le rat anesthésié, l’extrait a induit une baisse dose-dépendante de la pression artérielle moyenne après administration intraveineuse à des doses de 0,1 à 1,0 mg/kg. Des effets cardio-inhibiteurs ont été observés sur oreillettes isolées. Sur aorte isolée, l’extrait a entraîné une relaxation des contractions induites par la phényléphrine et par une concentration élevée en potassium. Une partie de la relaxation était inhibée par le L-NAME, NG-nitro-L-arginine méthyl ester. Une vasoconstriction sur tonus de base, sensible à la phentolamine, a également été rapportée (Siddiqi et al., 2012)
- Propriété avérée, préclinique in vivo : dans des modèles animaux de dyslipidémie, l’extrait de feuilles a diminué le cholestérol total et les triglycérides dans un modèle au tyloxapol, à des doses de 300 à 600 mg/kg per os pendant 10 jours. Dans un modèle de régime athérogène, à 600 mg/kg per os pendant 6 semaines, une diminution du cholestérol total, du LDL-C et de l’index athérogène, ainsi qu’une augmentation du HDL-C et une limitation de la prise de poids ont été rapportées (Siddiqi et al., 2012)
Sphère métabolique et diabète
- Donnée exploratoire, in silico : une étude de network pharmacology et de docking moléculaire a proposé des cibles potentielles liées au diabète, notamment TNF et aldose réductase, ainsi que des enrichissements GO, ontologie de gènes. Cette étude ne comporte pas de validation in vitro ni in vivo et ne permet pas de conclure à une activité antidiabétique (Buabeid et al., 2020)
Sphère anti-infectieuse
- Propriété avérée, in vitro, composé isolé : la cycloviolacine O2, cyclotide isolé de Viola odorata, présente une activité bactéricide surtout sur des bactéries Gram négatives. Des tests de diffusion radiale et de concentration minimale inhibitrice ont montré une inhibition de la croissance de Salmonella enterica serovar Typhimurium LT2 et d’Escherichia coli. Une activité bactéricide a été confirmée en cinétique time-kill sur Klebsiella pneumoniae et Pseudomonas aeruginosa. L’activité était faible ou absente sur Staphylococcus aureus dans les mêmes conditions (Pränting et al., 2010)
- Propriété non démontrée, huile commerciale : les huiles commerciales étiquetées Viola odorata présentent une activité antimicrobienne globalement faible lorsqu’elles sont testées seules, avec une forte variabilité chimique entre fournisseurs (Orchard et al., 2023)
Sphère anti-inflammatoire
- Propriété avérée, in vitro : l’extrait méthanolique de fleurs de Viola odorata et trois flavonoïdes isolés ont montré une inhibition in vitro de COX-1, COX-2 et 5-LOX, avec des IC50 exprimées en microgrammes par millilitre. Le kaempférol-3-O-rutinoside était le composé le plus actif des trois flavonoïdes isolés sur ces trois cibles enzymatiques (El-Feky & El-Rashedy, 2025)
Sphère cytotoxicité et oncologie expérimentale
- Propriété avérée, in vitro : l’extrait méthanolique de fleurs et les flavonoïdes isolés ont montré une cytotoxicité dose-dépendante sur des lignées cellulaires humaines HepG2, Caco-2 et HTC-116, selon l’orthographe rapportée dans l’article. Le kaempférol-3-O-rutinoside était le composé le plus actif des trois flavonoïdes isolés sur ces lignées (El-Feky & El-Rashedy, 2025)
Indications médicinales retenues
- Insomnie et troubles du sommeil chez l’adulte, pour des préparations étudiées cliniquement, notamment préparations huileuses intranasales et sirop ou extrait oral
- Constipation fonctionnelle chez l’enfant de 4 à 10 ans, uniquement dans le cadre d’une préparation de sirop de fleur de violette évaluée cliniquement
- Toux en contexte infectieux ambulatoire chez l’adulte, en adjonction, sur la base d’un essai clinique mené dans un contexte COVID-19 ambulatoire
Indications exploratoires ou émergentes (non validées cliniquement)
- Usage respiratoire traditionnel général, notamment toux, rhumes, bronchites et catarrhes, encore insuffisamment confirmé cliniquement
- Hypertension artérielle et dyslipidémie, données précliniques et ex vivo uniquement
- Cibles potentielles liées au diabète, données in silico uniquement
- Activité antibactérienne, données in vitro sur cyclotide isolé
- Activité antimicrobienne des huiles commerciales, signal faible et forte variabilité entre produits
- Activité anti-inflammatoire, données in vitro sur extraits et flavonoïdes isolés
- Cytotoxicité sur lignées tumorales, données in vitro uniquement
Formes galéniques et posologies
Préparation huileuse de violette par voie intranasale, sommeil
- Dans l’étude de Feyzabadi et al. 2014 : 2 gouttes par narine le soir pendant 1 mois, soit environ 66 mg par narine
- Dans l’étude de Feyzabadi et al. 2018 : 3 gouttes par narine le soir pendant 30 jours
- Ces posologies concernent des préparations étudiées dans un cadre clinique et ne doivent pas être extrapolées à toute huile commerciale dite « huile de violette »
Sirop ou extrait de Viola odorata par voie orale, sommeil
- Dans l’étude de Shayesteh et al. 2020 : 5 mL toutes les 12 heures pendant 4 semaines, en adjonction au traitement habituel
Sirop de fleur de violette, constipation fonctionnelle pédiatrique
- Dans l’étude de Tavassoli et al. 2021 : 5 mL, 3 fois par jour, pendant 4 semaines, chez des enfants de 4 à 10 ans
- Cette donnée correspond à une préparation et à un essai précis ; elle ne constitue pas une recommandation générale d’automédication pédiatrique
Sirop de violette, toux en contexte infectieux ambulatoire
- Dans l’étude de Mehraban et al. 2023 : durée de 7 jours en traitement adjuvant
- La posologie complète doit être reprise dans l’article complet avant toute utilisation opérationnelle
Infusion de fleurs, usage traditionnel
- L’infusion de fleurs appartient à l’usage traditionnel adoucissant et pectoral
- Les essais cliniques cités n’évaluent pas directement cette forme
- Il ne faut donc pas attribuer à l’infusion les résultats obtenus avec les sirops, extraits ou préparations huileuses intranasales
Recommandations de cueillette
Récolter les fleurs au début du printemps, par temps sec, lorsque la floraison est bien ouverte.
Choisir des zones non polluées, éloignées des routes, des zones agricoles traitées, des lieux de passage fréquent des chiens et des zones urbaines contaminées.
Prélever avec modération, car les fleurs précoces sont aussi utiles aux insectes au sortir de l’hiver.
Ne pas arracher la plante ni les stolons afin de préserver les colonies.
Ne récolter que si l’identification est certaine, en distinguant bien Viola odorata des autres espèces de violettes.
Faire sécher les fleurs rapidement, à l’ombre, dans un endroit sec et bien ventilé, afin de préserver au mieux leurs qualités.
Sécurité et précautions d’usage
Tolérance générale
- Les données de tolérance sont limitées aux modalités et durées évaluées dans les essais publiés : intranasal pendant 30 jours, voie orale pendant 4 semaines, sirop pédiatrique pendant 4 semaines
- Ces données ne permettent pas d’établir une sécurité générale pour toutes les formes de Viola odorata, ni pour les produits commerciaux non caractérisés
Contre-indications
- Hypersensibilité connue à Viola odorata, aux Violaceae ou à l’un des constituants de la préparation utilisée
Grossesse et allaitement
- Usage médicinal concentré non recommandé faute de données suffisantes
Enfants
- L’usage pédiatrique ne doit pas être extrapolé hors du cadre étudié
- L’essai sur la constipation concerne une préparation de sirop, une tranche d’âge précise et une durée définie
Effets secondaires possibles
- Par voie intranasale : écoulement post-nasal, toux, irritation pharyngée
- Ces effets étaient rapportés comme légers et transitoires dans l’étude de Feyzabadi et al. 2014
- Aucun événement grave n’a été rapporté dans les essais intranasaux cités
- Pour les sirops ou formes orales, la tolérance a été évaluée dans les essais cités, mais le détail des événements indésirables n’est pas suffisamment disponible dans les éléments fournis pour établir une synthèse complète
Précautions d’emploi
- Les produits commerciaux étiquetés « Viola odorata oil » ou « huile de violette » présentent une forte variabilité inter-fournisseurs
- La qualité, la traçabilité, la composition et le procédé de fabrication doivent être vérifiés avant toute extrapolation d’un produit à l’autre
- Ne pas confondre une préparation huileuse traditionnelle évaluée dans un essai clinique avec une huile essentielle au sens aromathérapeutique
- L’usage intranasal d’un produit non caractérisé doit être évité
- En cas d’insomnie chronique, de trouble psychiatrique associé, de traitement psychotrope ou hypnotique, l’usage doit rester encadré
- En cas de toux persistante, fièvre prolongée, dyspnée, douleur thoracique, crachats sanglants ou altération de l’état général, une évaluation médicale est nécessaire
Interactions médicamenteuses
- Les interactions médicamenteuses ne sont pas évaluées ou ne sont pas rapportées dans les éléments disponibles
- Aucune conclusion fiable ne peut être tirée à partir des seules citations disponibles
- Par prudence, vigilance en cas de traitements sédatifs, hypnotiques ou psychotropes lorsque l’usage vise le sommeil
Surdosage
- Aucun cas de surdosage clairement rapporté dans les éléments disponibles
- Les données ne permettent pas de définir une marge de sécurité générale pour les préparations concentrées ou non caractérisées
Vision personnelle
Petite violette que l’on retrouve au tout début du printemps, c’est toujours un régal de la voir dans ses sous-bois clairs. Elle fleurit abondamment par endroits. Son odeur est délicate comme ses fleurs. C’est une plante du renouveau et de la joie, un peu comme le merle qui chante aux premiers instants printaniers.
Plante de tradition, notamment associée à un usage expectorant, elle reste toutefois peu confirmée par les données cliniques et non reconnue par les instances officielles. Les signaux publiés existent, surtout sous forme de sirop dans quelques contextes, mais l’enjeu demeure celui du degré d’étude et de la solidité des preuves. On observe aussi que son étude semble davantage portée dans certains pays, notamment en Iran, ce qui interroge sur les dynamiques culturelles et de recherche qui orientent la littérature.
À ce jour, l’axe sommeil paraît le plus singulier et potentiellement le plus prometteur au vu des essais disponibles et de la méta-analyse, tout en restant un champ à confirmer. Une plante en devenir, qui mérite encore des études plus robustes avant d’être considérée comme réellement établie.
Reconnaissances officielles
EMA/HMPC
- Aucune monographie EMA/HMPC identifiée pour Viola odorata
ESCOP
- Aucune monographie ESCOP identifiée pour Viola odorata dans les éléments disponibles
Commission E
- Viola odorata, rhizome et partie aérienne, fait l’objet d’une monographie de la Commission E publiée au Bundesanzeiger n°111 du 17.06.1994
- Statut : non approuvée dans les compilations disponibles
Bibliographie scientifique
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