
Un équinoxe d’automne au Vercors
L’automne s’installait. Je n’étais pas prêt à ce changement de saison. J’avais besoin de temps, de marcher seul. Pas de grands préparatifs de course, il me fallait juste marquer les points d’eau car le Vercors n’usurpe pas sa réputation d’aridité.
Départ à 14 heures. On commence dans un golf, mirage de verdure. Plus loin, comme un symbole, on enjambe le 45° parallèle pour virer au Sud. La marche est dans la forêt. On la pénètre peu à peu avec ses jambes et sa tête.
Pleine Ouest, on surplombe une belle vallée sèche avec une bergerie isolé et esseulé. Puis, le canyon des Erges, long couloir au pied du lapiaz, nous sommes en plein dans le plateau. L’abri de Tiolache est rudimentaire mais suffisant. Par contre, la source plus à l’ouest est tarit, la soupe sera légère. La nuit est étoilée. Les cerfs s’en donnent à cœur joie comme la Chevêchette d’europe.

Une gorgée d’eau et cap vers cette matière. Celle-ci arrive par hasard, elle fait plaisir à voir et à boire même si elle rajoute 3kg dans le sac. Montée au Pas de la ville. Je croise un bouquetin femelle puis deux, il me laisse passer, haletant, indifférent à ma peine. Je découvre le balcon Est, murailles de calcaires qui protège le plateau, ex repère de maquisards. Je m’effondre de fatigue. Une sieste au pied des falaises, je suis bien. L’abri Peyrousse est rustique mais charmant, c’est un nid au pied des falaises, le seul replat où un bivouac est possible dans cet interminable pierrier. Je m’endors avant la nuit, je me réveille à l’aube.
Le soleil se lève, je me mets en route, je souris. J’ai une appréhension pour le pas de la Balme. Je ne sais pas ce qui m’attends.
Il me reste peu d’eau et il me sera difficile de faire le tour du massif. C’est un pas aérien, on se faufile dans les falaises et les sermontains. C’est beau. J’arrive au sommet. Je m’assoie et je prends le temps de savourer ces instants. Un coup de pétoire résonne dans la combe. Chacun a sa perception du bonheur. Je me relève, c’est samedi matin, je vais rencontrer les badauds qui remonte pour goûter le grand air.
L’équinoxe est passé. Je suis serein et prêt pour l’automne.
Point de départ et d’arrivée : Les trois fontaines, parking (1150 mètres)
Itinéraire : Les trois fontaines, cabane de Tiolache, Pas de la ville, abri Peyrousse, Pas de la Balme
Carte IGN 3236 OT
Durée : Trois jours
Distance : 50 km
Dénivelé : + 2150 mètres ; – 2150 mètres
Temps de marche : 16 Heures

Trou de Pic noir

Chenille de la noctuelle du pois

Miramelle alpestre

Airelle rouge

Indigestion de baies de sorbier des oiseleurs

Bouquetin

Campanule de Scheuchzer

Un immense pierrier

Une strate de marnes argilo-calcaires entre deux couches de roches calcaires

L’abri Peyrousse

Le balcon est