
Monographie de la pimprenelle
- Nom scientifique : Sanguisorba minor Scop.
- Synonyme botanique : Poterium sanguisorba L.
- Famille botanique : Rosaceae
- Autres noms communs : Petite pimprenelle, pimprenelle, pimprenelle sauvage, salad burnet, small burnet
- Habitat et répartition : Plante vivace eurasiatique des milieux ouverts, secs et ensoleillés. En Suisse, la sous-espèce minor est signalée surtout dans les prairies sèches, du collinéen au subalpin, avec un statut de préoccupation mineure.
- Parties utilisées : En usage médicinal traditionnel, ce sont surtout les parties aériennes qui sont rapportées, notamment en infusion ou en décoction. Dans la littérature pharmacologique, les feuilles, les fleurs, les racines, les parties aériennes entières et certains extraits hydroalcooliques ont été étudiés distinctement ; aucune équivalence ne doit donc être posée entre ces organes ou ces préparations.
En usage alimentaire, ce sont surtout les jeunes feuilles et les jeunes parties aériennes qui sont consommées.
- Notes botaniques : Petite vivace hémicryptophyte à feuilles imparipennées en rosette basale, à inflorescences globuleuses discrètes, verdâtres à rougeâtres. La sous-espèce minor fleurit en Suisse surtout de mai à août. Pour Sanguisorba minor subsp. muricata, des caractères taxonomiques fondés notamment sur l’ornementation de l’akène ont confirmé l’identification de la sous-espèce (Viano et al., 1999)
Histoire et traditions
La pimprenelle est d’abord une plante alimentaire et condimentaire ancienne du monde méditerranéen et européen, appréciée pour la saveur fraîche de ses jeunes feuilles, souvent décrite comme rappelant le concombre. Les données ethnobotaniques récentes rapportent surtout, pour Sanguisorba minor, des usages traditionnels digestifs, notamment dans la diarrhée et certains troubles digestifs mineurs, ainsi que quelques emplois locaux populaires (Paniagua-Zambrana et al., 2025)
Dans l’histoire des usages médicinaux, la plante semble avoir conservé une place plus nette dans la tradition populaire et alimentaire que dans une matière médicale savante réellement stabilisée. Les emplois qui lui sont attribués relèvent surtout d’une tradition astringente, digestive et vulnéraire. Dans la littérature française du début du XXe siècle, Henri Leclerc décrit encore la pimprenelle comme apéritive, digestive, carminative, stomachique et modératrice des sécrétions intestinales, dans une lecture classique largement liée à son caractère tannique (Leclerc, 1933)
Des usages populaires de Sanguisorba minor subsp. muricata sont également rapportés en Anatolie, notamment sur les plaies et les brûlures ; ces emplois relèvent d’une tradition documentée, mais leur validation expérimentale directe reste limitée et surtout préclinique (Gençler Özkan et Koyuncu, 2005 ; Arıhan et al., 2015)
Pour Sanguisorba minor elle-même, les sources récentes montrent ainsi que les usages traditionnels sont mieux documentés sur le plan ethnobotanique qu’ils ne sont validés cliniquement (Paniagua-Zambrana et al., 2025)
Principes actifs connus
- Polyphénols : la pimprenelle est riche en composés phénoliques, avec une variabilité importante selon l’organe étudié, les conditions de culture et la fraction d’extraction. Les analyses disponibles montrent des teneurs élevées dans les feuilles, les fleurs et les racines ; dans l’étude comparative de Tocai Moţoc et al. (2022), les feuilles de S. minor apparaissaient comme l’organe le plus riche en composés phénoliques, tandis que d’autres travaux soulignent aussi des différences marquées selon le substrat de culture, la fertilisation ou la fraction analysée (Karkanis et al., 2019 ; Finimundy et al., 2020 ; Haouam et al., 2023 ; Tocai Moţoc et al., 2022)
- Tanins hydrolysables : les données analytiques primaires identifient une proportion importante de tanins hydrolysables, avec notamment sanguiin H-10 parmi les composés majeurs, surtout dans les feuilles non fertilisées (Finimundy et al., 2020)
- Ellagitanins : les racines cultivées sous fertilisation demi-dose présentaient une forte teneur en ellagitanins, notamment en lambertianin C, qui contribuait fortement à la teneur phénolique totale de ces extraits (Finimundy et al., 2020)
- Flavonoïdes : plusieurs flavonoïdes ont été identifiés dans les différents organes de la plante. Les racines des plantes fertilisées à dose pleine présentaient les teneurs les plus élevées en flavonoïdes, notamment en catéchine et isomères (Finimundy et al., 2020). Selon les organes et les extraits étudiés, d’autres travaux rapportent aussi des dérivés de la quercétine et du kaempférol, avec notamment la quercétine-glucuronide, la quercétine-3-glucuronide et la rutine (Karkanis et al., 2019 ; Tocai Moţoc et al., 2022)
- Acides phénoliques : plusieurs acides phénoliques ont été identifiés dans les extraits de S. minor, avec des profils variables selon l’organe et les conditions de culture ; les travaux disponibles rapportent notamment cinq acides phénoliques dans les extraits analysés, ainsi que des dérivés de l’acide caféique et de l’acide ellagique (Finimundy et al., 2020 ; Karkanis et al., 2019)
- Constituants nutritionnels : dans une perspective alimentaire, les parties aériennes et les racines contiennent des sucres, des acides organiques, des tocophérols et des acides gras, avec des variations selon l’organe étudié et les conditions de culture (Karkanis et al., 2019). Dans la partie aérienne entière de Sanguisorba minor subsp. muricata, les principaux constituants nutritionnels décrits incluaient aussi la cellulose, les sucres libres, les acides aminés et les acides gras, avec prédominance de l’acide palmitique, de l’acide linoléique et de l’acide linolénique parmi ces derniers (Viano et al., 1999)
Les profils chimiques de Sanguisorba minor varient nettement selon l’organe étudié, les conditions de culture et les extraits analysés ; les différentes parties de la plante ne doivent donc pas être considérées comme interchangeables sur le plan phytochimique (Karkanis et al., 2019 ; Tocai Moțoc et al., 2023).
Propriétés pharmacologiques majeures
Sphère digestive
• Propriété avérée (préclinique in vivo) : la décoction des parties aériennes de Sanguisorba minor subsp. muricata, administrée par voie orale, a montré une activité gastroprotectrice significative dans un modèle d’ulcère gastrique induit par l’éthanol chez le rat, avec confirmation histopathologique de l’effet cicatrisant tissulaire observé dans ce protocole (Gürbüz et al., 2005)
Sphère inflammatoire et tissulaire
• Propriété avérée (préclinique in vivo) : un extrait aqueux des parties aériennes de Sanguisorba minor subsp. muricata a réduit l’œdème induit par la carraghénine chez le rat, avec un effet dose-dépendant dans ce modèle expérimental (Arıhan et al., 2015)
Sphère antimicrobienne
• Propriété avérée (in vitro) : les extraits éthanoliques de feuilles de Sanguisorba minor ont montré une activité antibactérienne in vitro contre plusieurs souches testées, avec une activité particulièrement marquée sur Staphylococcus aureus dans l’étude comparative de Tocai Moţoc et al. (2022)
• Propriété avérée (in vitro) : les extraits de Sanguisorba minor cultivée ont montré une activité antimicrobienne contre les souches testées, avec une activité particulièrement notable contre Salmonella typhimurium ; les résultats variaient selon l’organe étudié et le régime de fertilisation (Finimundy et al., 2020)
• Propriété avérée (in vitro) : des extraits méthanolique et chloroformique de Sanguisorba minor subsp. muricata herba ont montré une activité antibactérienne in vitro, plus marquée sur les bactéries Gram positives, avec une sensibilité particulière de Staphylococcus aureus ; l’activité antifongique sur Candida albicans était limitée (Cirovic et al., 2022)
• Propriété avérée (in vitro) : les fractions étudiées ont montré une activité antibactérienne in vitro, ainsi qu’une inhibition du biofilm chez Staphylococcus aureus et Escherichia coli dans ce modèle ; ces résultats concernent des fractions d’extraction précises (Haouam et al., 2023)
• Propriété avérée (in vitro) : les fractions étudiées ont montré une activité de perturbation de la virulence bactérienne, avec inhibition de la violacéine chez Chromobacterium violaceum dans ce protocole, suggérant un effet de type anti-quorum sensing in vitro (Haouam et al., 2023)
Sphère antioxydante
• Propriété avérée (in vitro) : des extraits de racines et de parties aériennes de Sanguisorba minor ont montré une activité antioxydante in vitro, avec des variations selon l’organe étudié et les conditions de culture (Karkanis et al., 2019)
• Propriété avérée (in vitro) : dans des feuilles de Sanguisorba minor cultivées en hydroponie, la capacité antioxydante in vitro et la teneur phénolique restaient globalement maintenues après stockage de 15 jours en produit frais coupé ; cette donnée concerne un contexte alimentaire et technologique précis (Ceccanti et al., 2019)
• Propriété avérée (in vitro) : des extraits méthanolique et chloroformique de Sanguisorba minor subsp. muricata herba ont montré une activité antioxydante in vitro, l’extrait méthanolique apparaissant le plus riche en phénols et le plus actif sur les essais réalisés ; cette donnée concerne une sous-espèce et des extraits précis (Cirovic et al., 2022)
• Propriété avérée (in vitro) : différentes fractions de Sanguisorba minor ont montré une activité antioxydante in vitro dans plusieurs essais, notamment DPPH, CUPRAC et ABTS, les fractions acétate d’éthyle et dichlorométhane étant les plus actives dans ce protocole ; cette donnée concerne des fractions d’extraction précises et ne constitue pas une démonstration clinique (Haouam et al., 2023)
Sphère neurologique
• Propriété avérée (préclinique in vivo) : dans un modèle de vieillissement induit au D-galactose chez le rat, un extrait standardisé de Sanguisorba minor a atténué les lésions oxydatives cérébrales, avec amélioration de plusieurs marqueurs du stress oxydatif et augmentation de l’expression de Nrf2 et HO-1 ; cette donnée concerne un extrait précis dans un modèle animal de vieillissement (Mirzavi et al., 2022)
• Propriété avérée (in vitro) : à 200 µg/mL, les fractions étudiées ont inhibé l’acétylcholinestérase et la butyrylcholinestérase dans ce protocole ; cette donnée enzymatique in vitro ne vaut pas démonstration d’un effet neuroprotecteur clinique (Haouam et al., 2023)
• Propriété avérée (préclinique in vivo) : dans un modèle de déficit mnésique induit par la scopolamine chez le rat, un extrait hydro-éthanolique de Sanguisorba minor a amélioré les performances dans les tests de mémoire spatiale et d’évitement passif, avec réduction de l’activité acétylcholinestérasique cérébrale et atténuation du stress oxydatif ; cette donnée concerne un extrait précis administré par voie intrapéritonéale dans un modèle animal (Hosseini et al., 2022)
Sphère hémostase et protéolyse
• Propriété avérée (in vitro) : un extrait éthanolique de Sanguisorba minor a inhibé la plasmine humaine in vitro ; la quercétine-3-glucuronide a été identifiée comme principal constituant impliqué dans cet effet, avec inhibition compétitive dans ce modèle enzymatique (Cuccioloni et al., 2012)
Sphère hépatique
• Propriété avérée (préclinique in vivo) : dans le même modèle, un extrait standardisé de Sanguisorba minor a atténué les lésions oxydatives hépatiques et les altérations histopathologiques observées, avec augmentation de l’expression de Nrf2 et HO-1 ; cette donnée reste strictement préclinique (Mirzavi et al., 2022)
Sphère cardiovasculaire
• Propriété avérée (préclinique in vivo) : chez le rat, un extrait hydro-éthanolique des parties aériennes de Sanguisorba minor administré par voie orale pendant 9 jours a atténué les lésions myocardiques induites par l’isoprénaline, avec diminution des marqueurs cardiaques sériques, réduction de la peroxydation lipidique tissulaire et amélioration des enzymes antioxydantes ; cette donnée concerne un modèle animal de toxicité myocardique expérimentale (Hosseini et al., 2023)
Sphère métabolique exploratoire
• Propriété avérée (in vitro) : à 200 µg/mL, les fractions étudiées ont inhibé l’α-amylase et l’α-glucosidase dans ce modèle expérimental ; cette donnée enzymatique in vitro ne permet pas de conclure à un effet antidiabétique clinique (Haouam et al., 2023)
Sphère oncologique exploratoire
• Propriété avérée (in vitro) : les extraits de racines de Sanguisorba minor ont montré une activité cytotoxique sur plusieurs lignées cellulaires tumorales testées, tandis que les extraits de feuilles étaient surtout actifs sur la lignée HeLa dans ce protocole ; ces données restent strictement précliniques et ne soutiennent pas une indication anticancéreuse clinique (Finimundy et al., 2020)
Revue de synthèse
La littérature récente de synthèse décrit pour Sanguisorba minor un ensemble d’activités surtout antioxydantes, antimicrobiennes, anti-inflammatoires, gastroprotectrices et neuroprotectrices, mais avec un niveau de documentation très hétérogène selon les organes étudiés, les extraits employés et le type de preuve disponible (Tocai Moțoc et al., 2023)
Indications médicinales retenues
- diarrhée légère d’usage traditionnel
- inconfort digestif mineur d’usage traditionnel
- usage local traditionnel sur petites atteintes cutanées superficielles
Indications exploratoires ou émergentes (non validées cliniquement)
- soutien gastroprotecteur expérimental
- soutien anti-inflammatoire
- soutien antimicrobien
- soutien antioxydant
Formes galéniques et posologies
Aucune monographie EMA/HMPC autonome n’a été retrouvée pour Sanguisorba minor, et aucune posologie européenne de référence n’a été identifiée.
- Usages alimentaires
Les jeunes feuilles sont consommées fraîches comme condiment ou en salade. Cet usage est culinaire et ne correspond pas à une posologie médicinale validée (Tocai Moțoc et al., 2023) - Usages traditionnels populaires
Les données ethnobotaniques rapportent surtout des infusions ou décoctions de parties aériennes dans la diarrhée, certains inconforts digestifs et quelques usages locaux traditionnels, sans standardisation posologique suffisamment robuste pour un emploi phytothérapeutique moderne (Paniagua-Zambrana et al., 2025). À titre de repère ethnobotanique local, un usage traditionnel rapporté au Pérou mentionne, pour la plante fraîche entière, l’ajout d’1 cuillère à café de plante par tasse d’eau, avec ébullition pendant 2 minutes, puis prise tiède 2 fois par jour pendant 2 jours ; dans un autre usage du même corpus, Sanguisorba minor entrait dans une association de plantes à raison de 5 g/L. Ces données relèvent d’usages locaux documentés et ne constituent pas une posologie phytothérapeutique validée ni transposable telle quelle - Extraits expérimentaux
Les travaux pharmacologiques utilisent des extraits aqueux, hydroalcooliques, éthanoliques ou des fractions d’extraction à doses expérimentales animales ou in vitro, non transposables en pratique humaine (Gürbüz et al., 2005 ; Arıhan et al., 2015 ; Haouam et al., 2023)
La pimprenelle relève ainsi davantage d’un usage alimentaire et traditionnel documenté que d’un cadre galénique médicinal standardisé.
Recommandations de cueillette
Récolter de préférence les jeunes feuilles avant la floraison complète pour l’usage alimentaire, lorsque la saveur est la plus agréable. Choisir des stations non traitées et non polluées, en évitant les bords de routes et les zones de pâturage fortement souillées. En Suisse, l’espèce est globalement non menacée au niveau national selon InfoFlora, mais une cueillette parcimonieuse reste préférable dans les prairies sèches de valeur écologique
Sécurité et précautions d’usage
- Tolérance et sécurité générale
Les données de sécurité humaine spécifiques à Sanguisorba minor sont limitées. Un extrait hydroalcoolique standardisé a toutefois fait l’objet d’une évaluation de toxicité aiguë et subaiguë in vivo : la NOAEL était rapportée jusqu’à 2 000 mg/kg par voie orale, la LD50 était supérieure à 3 000 mg/kg, et aucun effet indésirable significatif lié au traitement n’a été observé sur les paramètres cliniques, hématologiques, biochimiques ou histologiques aux doses testées pendant 4 semaines (Ansari et al., 2022). Ces données concernent un extrait précis et restent strictement précliniques.
Pour l’usage alimentaire habituel des jeunes feuilles, aucun signal spécifique majeur n’a été identifié dans les sources consultées ici. En revanche, pour un usage médicinal concentré ou prolongé, la documentation clinique directe reste insuffisante (Ansari et al., 2022 ; Tocai Moțoc et al., 2023)
- Contre-indications
Aucune contre-indication spécifique solidement documentée n’a été retrouvée dans les sources primaires consultées pour Sanguisorba minor. En l’absence de données suffisantes, aucun usage médicinal concentré ne peut être retenu de façon assurée pendant la grossesse, l’allaitement ou chez le jeune enfant (Ansari et al., 2022) - Effets indésirables possibles
Les effets indésirables sont peu documentés spécifiquement pour Sanguisorba minor. Aucune série clinique robuste n’a été identifiée dans les sources consultées permettant de caractériser un profil d’effets indésirables propre à cette espèce (Ansari et al., 2022 ; Tocai Moțoc et al., 2023) - Précautions d’emploi
La confusion entre espèces du genre Sanguisorba, entre sous-espèces, entre organes végétaux et entre types d’extraits doit être évitée. Une partie importante de la littérature pharmacologique concerne soit Sanguisorba minor subsp. muricata, soit des extraits expérimentaux non assimilables à une infusion de feuille fraîche, soit d’autres espèces du genre. Il convient donc de rester strict sur l’espèce, la sous-espèce, l’organe et la préparation considérés (Arıhan et al., 2015 ; Cirovic et al., 2022 ; Zhou et al., 2021)
Dans l’étude toxicologique d’Ansari et al. (2022), une réduction de viabilité de cellules PC12 n’a été observée qu’après 48 heures d’exposition in vitro à 400 μg/mL de l’extrait ; cette donnée ne remet pas en cause les résultats de tolérance in vivo, mais confirme que l’évaluation de sécurité dépend étroitement de l’extrait et du modèle étudiés
- Interactions médicamenteuses
Aucune interaction médicamenteuse spécifique et bien documentée n’a été retrouvée dans les sources consultées pour Sanguisorba minor. L’activité in vitro sur la plasmine observée par Cuccioloni et al. (2012) constitue une donnée mécanistique intéressante, mais insuffisante pour conclure à une interaction clinique avec les anticoagulants, antiagrégants ou fibrinolytiques
En l’état actuel des données disponibles, Sanguisorba minor apparaît globalement bien tolérée dans les modèles expérimentaux étudiés, mais les données cliniques humaines de sécurité restent très limitées (Ansari et al., 2022)
Vision personnelle
La petite pimprenelle est une plante encore discrète, presque en retrait dans la tradition médicinale. Pourtant, ce relatif effacement historique contraste avec l’intérêt croissant que lui porte la recherche récente. Le nombre d’études publiées au cours des dix dernières années, et plus encore dans la période la plus récente, laisse entrevoir un potentiel thérapeutique réel, même s’il reste encore à confirmer pleinement. Ce qui me frappe, c’est que nous ne sommes plus face à une simple plante alimentaire ou à un vieux remède local à peine documenté, mais devant une espèce qui commence à révéler, par touches successives, une personnalité pharmacologique plus riche qu’on ne l’aurait cru.
Les données disponibles dessinent déjà plusieurs axes prometteurs : activité antimicrobienne, intérêt gastroprotecteur, effets anti-inflammatoires, potentiel antioxydant, et même des signaux neurologiques qui méritent clairement l’attention. Bien sûr, il faut rester rigoureux : nous sommes encore, pour l’essentiel, dans le champ de la recherche analytique, in vitro ou préclinique. Mais justement, c’est peut-être ce qui rend cette plante intéressante. Elle appartient à cette catégorie de simples encore partiellement dans l’ombre, dont la science commence seulement à mesurer la valeur.
Je pense que la petite pimprenelle fait partie de ces plantes qui, dans les années à venir, pourraient sortir de la méconnaissance pour prendre une place plus nette dans le domaine phytothérapeutique. C’est une promesse en cours d’émergence. Reste à mieux la documenter, à clarifier ses usages, à distinguer ce qui relève d’un véritable avenir thérapeutique de ce qui n’est encore qu’un signal expérimental.
Reconnaissances officielles
Aucune monographie EMA/HMPC, ESCOP ou Commission E clairement identifiable n’a été retrouvée pour Sanguisorba minor dans les ressources officielles ou de référence consultées au cours de cette recherche. En l’état, la petite pimprenelle ne semble donc pas bénéficier d’un cadre officiel européen autonome comparable à celui des drogues végétales les mieux documentées.
Bibliographie scientifique
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