
Monographie du houblon
Nom scientifique
Humulus lupulus L.
Famille botanique
Cannabaceae.
Autres noms communs
Houblon vulgaire, vigne du Nord, salsepareille nationale, couleuvrée septentrionale.
Description botanique simplifiée
Le houblon est une plante vivace, herbacée et grimpante, à tiges volubiles pouvant s’enrouler autour des supports. L’espèce est dioïque : les fleurs mâles et femelles sont portées par des pieds distincts. Les inflorescences femelles forment les cônes, ou strobiles, constitués de bractées membraneuses riches en glandes résineuses jaunâtres, appelées lupuline. Ce sont ces cônes femelles qui constituent la partie médicinale principale.
Habitat et répartition
Le houblon pousse dans les régions tempérées d’Europe et d’Asie, et il est naturalisé en Amérique du Nord. En Suisse et en France continentale, on le rencontre surtout dans les haies fraîches, les lisières humides, les ripisylves, les bords de rivières et les milieux riches en matière organique. Il apprécie les sols frais, profonds, fertiles et suffisamment humides.
Parties utilisées
Les parties utilisées en phytothérapie sont les inflorescences femelles, appelées cônes ou strobiles de houblon, correspondant à Lupuli flos. Elles sont récoltées à maturité, en fin d’été ou au début de l’automne, avant brunissement marqué, puis rapidement séchées afin de préserver leur qualité aromatique et résineuse.
Histoire et traditions
Le houblon est mentionné dès l’Antiquité, notamment par Pline, mais les sources anciennes restent limitées concernant ses usages médicinaux. Son histoire européenne est surtout marquée par son emploi dans la fabrication de la bière, particulièrement dans les pays germaniques à partir du haut Moyen Âge. Dans ce cadre, il joue un rôle aromatique et conservateur, distinct de son usage médicinal proprement dit.
Dans les traditions médiévales et renaissantes, le houblon apparaît progressivement comme une plante amère, digestive et calmante. Hildegarde de Bingen le mentionne au XIIᵉ siècle, tandis que Matthioli lui attribue des usages apéritifs, vermifuges, diurétiques et emménagogues. Ces indications relèvent de la tradition médicale ancienne et doivent être lues comme des repères historiques, non comme des indications validées au sens moderne.
Au XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle, plusieurs auteurs médicaux français et européens décrivent le houblon dans les troubles digestifs associés à une composante nerveuse. Cazin le présente comme une plante amère favorisant la digestion, tandis que Leclerc insiste sur son intérêt dans certaines gastropathies nerveuses, en lien avec l’hyperexcitabilité réflexe. Bohn l’évoque également dans des contextes métaboliques ou uricémiques, selon les conceptions médicales de son époque.
La réputation sédative du houblon se renforce ensuite dans les écrits du début du XXᵉ siècle. Desroches l’utilise pour favoriser le sommeil dans divers contextes cliniques, et certains usages populaires recommandaient même des oreillers remplis de cônes de houblon. D’autres auteurs, comme Saint-Groenberge ou Rénom, l’associent à l’apaisement nerveux, tandis que Kroeber souligne l’association avec la valériane dans les insomnies nerveuses.
La tradition médicale attribue aussi au houblon des effets sur la sphère génito-urinaire et sexuelle : éréthisme génital, priapisme, dysménorrhées, diminution de l’appétit sexuel ou effet anaphrodisiaque. Ces usages anciens sont intéressants sur le plan historique, mais ils ne doivent pas être confondus avec des indications cliniques établies. Ils éclairent néanmoins la place du houblon comme plante de l’hyperexcitabilité nerveuse, de la digestion nerveuse et du sommeil, domaines qui restent au centre de son usage phytothérapeutique actuel.
Principes actifs connus
La composition des cônes femelles de houblon varie selon le cultivar, le stade de maturité, les conditions de séchage, la durée de stockage et les procédés de transformation. Les principaux groupes de constituants décrits sont les suivants :
- Acylphloroglucinols, ou résines amères : α-acides, dont l’humulone, et β-acides, dont la lupulone.
- Flavonoïdes glycosidiques : rutoside, quercitroside, astragaline et autres dérivés de la quercétine ou du kaempférol.
- Flavanones prénylées : 8-prénylnaringénine, 6-prénylnaringénine, 6,8-diprénylnaringénine, 6-géranylnaringénine, 8-géranylnaringénine.
- Chalcones prénylées ou géranylées : xanthohumol, desméthylxanthohumol, 3′-géranylchalconaringénine, 4′-O-méthyl-3′-prénylchalconaringénine.
- Dérivés de cyclisation des chalcones : isoxanthohumol, notamment formé à partir du xanthohumol lors de certains procédés de transformation.
- Autres polyphénols : quercétine et dérivés, kaempférol et dérivés, acides phénoliques, dont acides caféique et férulique, proanthocyanidines et tanins.
- Huile essentielle, généralement autour de 0,3 à 1 % : β-myrcène, limonène, α-pinène, β-pinène, humulène, β-caryophyllène, β-sélinène, linalol, nérol, géraniol et autres composés volatils.
- Alcools aliphatiques : notamment 2-méthyl-but-3-én-2-ol, dont la teneur peut augmenter au cours du stockage.
Propriétés pharmacologiques majeures
Sphère nerveuse
- Effet sédatif léger, apaisant nerveux et facilitateur de l’endormissement (usage traditionnel reconnu) : les cônes femelles de houblon sont traditionnellement utilisés dans les états de nervosité légère, d’agitation, de stress mental léger et de difficultés d’endormissement. Cet usage est reconnu par l’EMA/HMPC pour le soulagement des symptômes légers de stress mental et comme aide au sommeil.
- Synergie avec la valériane sur la latence d’endormissement (donnée clinique randomisée) : dans un essai randomisé contrôlé contre placebo, une combinaison fixe valériane 500 mg + houblon 120 mg/jour, administrée pendant 4 semaines, a réduit significativement la latence d’endormissement chez des patients présentant un trouble du sommeil non organique. Dans cette étude, la valériane seule n’était pas supérieure au placebo, ce qui soutient l’intérêt spécifique de l’association valériane-houblon (Koetter et al., 2007).
- Amélioration du sommeil avec une préparation valériane-houblon (donnée clinique comparative) : une étude comparative a rapporté une amélioration du sommeil avec une préparation associant valériane et houblon, avec une efficacité jugée comparable à celle d’une benzodiazépine dans les troubles transitoires de l’endormissement et du maintien du sommeil. Aucun symptôme de sevrage n’a été rapporté avec la combinaison végétale dans cette étude (Schmitz et Jäckel, 1998).
- Modification favorable des paramètres neurophysiologiques du sommeil (donnée EEG) : une étude EEG a montré qu’une dose unique d’extrait fluide valériane-houblon améliorait certains paramètres du sommeil par rapport au placebo, ce qui soutient un effet mesurable de l’association sur l’architecture ou la dynamique du sommeil (Dimpfel et Suter, 2008).
- Augmentation modérée de la durée du sommeil dans l’insomnie occasionnelle (donnée clinique récente de faisabilité) : dans un essai contrôlé de faisabilité mené chez 40 participants présentant des insomnies occasionnelles, l’association valériane 500 mg + houblon 120 mg/jour pendant 21 jours a augmenté la durée moyenne du sommeil d’environ 22 minutes par nuit par rapport au placebo, sans altération détectée des performances cognitives ni des paramètres psychologiques diurnes (Schicktanz et al., 2025).
Sphère hormonale — ménopause
- Activité œstrogénique des prénylflavanones du houblon (donnée pharmacologique et mécanistique) : le houblon contient des composés prénylés, notamment l’8-prénylnaringénine, dont l’activité œstrogénique a été largement étudiée. Cette propriété explique l’intérêt porté au houblon dans les symptômes climatériques, en particulier les bouffées de chaleur, mais impose aussi une lecture prudente des usages chez les personnes présentant un terrain hormonodépendant (Chadwick et al., 2006).
- Réduction des bouffées de chaleur avec un extrait standardisé en 8-prénylnaringénine (donnée clinique randomisée) : dans un essai randomisé contrôlé contre placebo mené chez 67 femmes ménopausées, un extrait de houblon standardisé en 8-prénylnaringénine, à 100 µg/jour ou 250 µg/jour pendant 12 semaines, a réduit significativement les bouffées de chaleur à 6 semaines pour les deux doses. Le score de Kupperman était également amélioré à 6 semaines avec la dose de 100 µg/jour, mais l’effet n’était pas maintenu à 12 semaines et aucune relation dose-effet claire n’a été observée (Heyerick et al., 2006).
- Effet modeste sur les symptômes climatériques en étude croisée (donnée clinique pilote) : dans un essai randomisé en double aveugle, contrôlé contre placebo, en cross-over, mené chez 36 femmes ménopausées pendant 16 semaines, un extrait de houblon standardisé à 100 µg/jour d’8-prénylnaringénine a montré un bénéfice modeste. Après 8 semaines, l’amélioration était comparable dans les groupes placebo et actif. Après 16 semaines, seule la séquence placebo puis actif montrait une amélioration continue du score de Kupperman et du score VAS, avec une tendance sur le score MRS (Erkkola et al., 2010).
- Diminution de la fréquence des bouffées de chaleur avec des comprimés de houblon (donnée clinique randomisée) : dans un essai randomisé contrôlé contre placebo mené pendant 12 semaines chez 120 femmes, les comprimés de houblon ont diminué significativement la fréquence des bouffées de chaleur, évaluée par journal quotidien, ainsi que le score de Greene dès 4 semaines, avec un effet maintenu à 8 et 12 semaines. La standardisation en 8-prénylnaringénine n’étant pas précisée dans le résumé, la transposition à d’autres préparations de houblon doit rester prudente (Aghamiri et al., 2016).
- Synthèse des données sur les symptômes vasomoteurs de la ménopause (revue systématique) : une revue systématique conclut que les préparations de houblon peuvent réduire la fréquence et la sévérité des bouffées de chaleur. Les mécanismes proposés impliquent l’interaction avec les récepteurs aux œstrogènes ERα/ERβ, l’activation de gènes sensibles aux œstrogènes, la modulation de LH/FSH et une influence possible sur la thermorégulation périphérique. La revue souligne toutefois l’hétérogénéité des essais, les petits effectifs, l’importance de l’effet placebo et la nécessité d’études plus longues avec des extraits standardisés en 8-prénylnaringénine (Abdi et al., 2016).
- Conversion intestinale des précurseurs en 8-prénylnaringénine (donnée microbiote) : l’isoxanthohumol, composé présent dans le houblon et certains produits dérivés, peut être converti en 8-prénylnaringénine par certaines flores intestinales via une O-déméthylation. Possemiers et al. (2005) ont observé cette conversion dans environ un tiers des échantillons testés et identifié Eubacterium limosum comme un convertisseur important. Cette transformation peut augmenter fortement l’exposition en 8-prénylnaringénine.
- Variabilité interindividuelle de production d’8-prénylnaringénine (donnée humaine) : chez 50 femmes ménopausées, Bolca et al. (2007) ont confirmé une forte variabilité de production d’8-prénylnaringénine, avec environ 60 % de faibles productrices, 25 % de productrices modérées et 15 % de fortes productrices. Cette variabilité, influencée notamment par l’antibiothérapie récente et l’alimentation, peut contribuer aux différences individuelles de réponse aux préparations de houblon.
Sphère hormonale et reproductive masculine
- Modifications hormonales et spermatiques chez le rat mâle (donnée animale) : dans une étude menée chez 70 rats mâles, un extrait hydroalcoolique de houblon administré à 50, 150 ou 450 mg/kg/jour pendant 7 semaines a entraîné des modifications hormonales, avec baisse de la testostérone et de la LH, augmentation de l’œstradiol, sans modification significative de la FSH. L’étude rapporte également une diminution du nombre et de la mobilité des spermatozoïdes, malgré une augmentation du poids testiculaire et vésiculaire (Karbalaei et al., 2019).
Sphère osseuse
- Effet ostéoprotecteur dans un modèle d’ostéoporose post-ovariectomie (donnée animale et cellulaire) : dans un modèle de souris ovariectomisées, un extrait hydroalcoolique de houblon administré à 1–3 g/kg/jour pendant 12 semaines a augmenté la densité minérale osseuse, amélioré la microarchitecture trabéculaire, diminué plusieurs marqueurs de résorption osseuse, dont TRAP, CTX-I et déoxypyridinoline, et stimulé des marqueurs d’ostéogenèse, dont ALP, BMP-2 et ostéopontine. In vitro, l’extrait a également stimulé la minéralisation ostéoblastique et réduit des marqueurs associés à l’activité ostéoclastique, dont TRAP, MMP-9 et cathepsine K (Xia et al., 2021).
- Protection osseuse dans un modèle de vieillissement associé aux dépôts amyloïdes (donnée animale et cellulaire) : dans un modèle de souris transgéniques APP/PS1, utilisé pour étudier les dépôts amyloïdes et certains mécanismes liés au vieillissement, un extrait de houblon a réduit les dépôts amyloïdes dans le cerveau et l’os, augmenté la densité minérale osseuse et amélioré plusieurs paramètres microstructuraux fémoraux. L’étude rapporte aussi une augmentation de marqueurs antioxydants, notamment Nrf2, HO-1, NQO1, FoxO1 et SOD-2. In vitro, l’extrait a protégé les ostéoblastes contre des lésions oxydatives induites par l’amyloïde β et amélioré leur minéralisation (Xia et al., 2023).
Sphère analgésique
- Activité antinociceptive d’un extrait de houblon chez la souris (donnée animale) : dans une étude expérimentale, un extrait de houblon administré par voie orale à 25–100 mg/kg a montré une activité antinociceptive dose-dépendante chez la souris. L’effet a été observé dans plusieurs modèles : douleur périphérique induite par l’acide acétique, douleur inflammatoire dans la phase tardive du test au formol et douleur centrale dans le test du tail-flick. L’inhibition de l’effet par la naloxone, mais non par des antagonistes sérotoninergiques ou α₂-adrénergiques, suggère l’implication de voies opioïdes endogènes dans ce modèle (Park et al., 2012).
- Modulation des canaux calciques T-type par la 6-prénylnaringénine (donnée animale et mécanistique) : la 6-prénylnaringénine, constituant prénylé du houblon, a montré une capacité à bloquer des canaux calciques T-type, notamment Cav3.2 et Cav3.1, impliqués dans la transmission nociceptive. Dans des modèles murins, elle a réduit l’allodynie mécanique, la douleur viscérale et des douleurs neuropathiques induites par ligature du nerf sciatique ou par oxaliplatine. L’étude ne rapporte pas d’altération notable du comportement locomoteur, cardiovasculaire ou musculaire dans les conditions testées (Sekiguchi et al., 2018).
Sphère microbienne
- Activité antimicrobienne des acides amers et polyphénols du houblon (donnée in vitro) : les acides amers, les chalcones prénylées et plusieurs polyphénols du houblon présentent une activité antimicrobienne expérimentale, principalement documentée in vitro. Cette activité s’inscrit aussi dans l’usage historique du houblon comme agent aromatique et conservateur, notamment dans la bière, sans que cet usage alimentaire puisse être assimilé à un usage médicinal (Bocquet et al., 2019).
- Activité anti-Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline et anti-biofilm (donnée in vitro) : dans une étude portant sur des souches cliniques de Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline, plusieurs composés du houblon ont montré une activité antimicrobienne : lupulone avec une MIC de 0,6–1,2 µg/ml, xanthohumol avec une MIC de 9,8–19,5 µg/ml, desméthylxanthohumol avec une MIC de 19,5–39 µg/ml et isoxanthohumol avec une MIC de 39 µg/ml. L’étude rapporte également un effet anti-biofilm et des synergies in vitro avec certains antibiotiques, dont oxacilline, gentamicine, ciprofloxacine et rifampicine, avec restauration de la sensibilité à l’oxacilline dans certaines conditions expérimentales (Bocquet et al., 2019).
- Réduction de la repousse de la plaque dentaire avec des polyphénols de houblon (donnée clinique courte) : dans un essai contrôlé mené chez 28 sujets sains pendant 3 jours, des comprimés contenant 20 mg de polyphénols de houblon, pris 7 fois par jour, ont réduit significativement la repousse de la plaque dentaire par rapport au placebo, avec un score PSS de 1,37 ± 0,48 contre 2,41 ± 1,15 (Yaegaki et al., 2008).
- Effet sur la plaque dentaire et Streptococcus mutans avec un bain de bouche aux polyphénols de bractées de houblon (donnée clinique courte) : dans un essai contrôlé croisé mené chez 29 volontaires sains pendant 3 jours, un bain de bouche contenant 0,1 % de polyphénols de bractées de houblon a réduit significativement la repousse de la plaque dentaire et diminué le nombre de Streptococcus mutans par rapport au placebo (Shinada et al., 2007).
Sphère immunitaire / antivirale
- Activité antivirale contre des souches de virus influenza (donnée in vitro) : un extrait hydroalcoolique de cônes femelles de houblon a montré une activité antivirale contre plusieurs souches de virus influenza. L’extrait interfère avec différentes phases de la réplication virale et pourrait exercer une action directe sur les virions dans les conditions expérimentales étudiées (Di Sotto et al., 2018).
- Modulation du stress oxydatif associé à l’infection virale (donnée in vitro) : dans le même modèle, l’extrait de houblon restaure en partie l’équilibre redox intracellulaire perturbé par l’infection, avec augmentation du glutathion, inhibition de la peroxydation lipidique, activité de piégeage radicalaire et pouvoir réducteur. L’activité antivirale observée semble donc associée à la fois à une action directe sur le virus et à une modulation des voies redox impliquées dans sa réplication (Di Sotto et al., 2018).
Sphère antioxydante et anti-inflammatoire
- Activité antioxydante et anti-inflammatoire du xanthohumol (données pharmacologiques expérimentales et revue récente) : le xanthohumol, chalcone prénylée majeure du houblon, est le composé le plus documenté dans cette sphère. Les données disponibles décrivent une modulation de plusieurs voies liées au stress oxydatif et à l’inflammation : activation de Nrf2, impliquée dans les défenses antioxydantes ; inhibition de NF-κB, voie centrale de la réponse inflammatoire ; modulation des voies mTOR/AKT, de l’autophagie via Bcl-2 et de l’angiogenèse via VEGF. Une revue récente confirme l’intérêt pharmacologique du xanthohumol dans ces mécanismes, tout en soulignant que ses effets peuvent varier selon le contexte biologique étudié (Piekara et Piasecka-Kwiatkowska, 2024).
Sphère neuroprotectrice
- Modulation de marqueurs cellulaires associés à la maladie d’Alzheimer par le xanthohumol (donnée in vitro) : dans un modèle cellulaire N2a/APP, utilisant des cellules de neuroblastome murin exprimant une APP mutée, le xanthohumol a réduit l’accumulation d’amyloïde β, amélioré le métabolisme de l’APP et diminué l’hyperphosphorylation de tau. Ces effets impliquaient notamment PP2A et GSK3β, deux voies importantes dans la régulation de la phosphorylation de tau. Les résultats ont été complétés par une validation sur cellules HEK293/Tau, modèle centré sur l’hyperphosphorylation de tau (Huang et al., 2018).
- Effets sur plusieurs voies cellulaires de stress neuronal (donnée protéomique in vitro) : dans la même étude, l’analyse protéomique a mis en évidence une modulation de voies liées au stress du réticulum endoplasmique, au stress oxydatif, au protéasome, au métabolisme énergétique, au cytosquelette et aux protéines chaperonnes. Ces données documentent l’intérêt expérimental du xanthohumol dans des mécanismes cellulaires impliqués dans la neurodégénérescence (Huang et al., 2018).
Sphère oncologique expérimentale
- Modulation de voies de chimioprévention par le xanthohumol (données in vitro et animales) : le xanthohumol a été étudié pour ses effets sur plusieurs voies associées à la carcinogenèse expérimentale. Les données disponibles décrivent une inhibition de COX-2, une modulation d’enzymes de phase I, une activation d’enzymes de détoxification de phase II, notamment GST et NQO1, ainsi qu’une réduction de lésions prénéoplasiques dans certains modèles animaux (Gerhäuser et al., 2002).
- Effets anti-angiogéniques de l’8-prénylnaringénine et du xanthohumol (données précliniques) : l’8-prénylnaringénine a inhibé la formation de néo-vaisseaux induite par VEGF et bFGF, avec des concentrations IC₅₀ de 3 à 10 µM, et un effet confirmé dans un modèle CAM chez l’embryon de poulet (Pepper et al., 2004). Le xanthohumol a également réduit l’expression de VEGF et d’IL-8 via l’inhibition de NF-κB dans un modèle de cancer pancréatique ; chez des souris porteuses de xénogreffes BxPC-3, il a diminué le volume tumoral et la microvascularisation CD31+ (Saito et al., 2018).
- Effets antiprolifératifs et pro-apoptotiques du xanthohumol (données in vitro et animales) : le xanthohumol a montré une inhibition de la prolifération et une induction de l’apoptose dans plusieurs lignées tumorales, notamment mammaires, prostatiques et myélomateuses. Les mécanismes décrits incluent l’arrêt du cycle cellulaire, l’inhibition de NF-κB, la modulation de la voie Notch, l’activation des voies ERK/JNK et la réduction de médiateurs comme VEGF ou sIL-6R. Dans un modèle murin de tumeur mammaire 4T1, il a ralenti la croissance tumorale avec diminution de Notch1 et Ki-67 (Colgate et al., 2007 ; Sun et al., 2018 ; Sławińska-Brych et al., 2019).
- Ciblage redox par le xanthohumol et certains analogues (donnée expérimentale) : des analogues du xanthohumol ont été étudiés pour leur capacité à cibler la thioredoxine réductase, enzyme clé du système antioxydant cellulaire. Un dérivé, noté 13n, s’est montré plus cytotoxique que le xanthohumol sur cellules HeLa, avec une IC₅₀ de 1,4 µM. L’inhibition de la thioredoxine réductase entraîne une accumulation de ROS et une induction de l’apoptose dans ce modèle (Zhang et al., 2015).
- Modulation immunitaire dans un modèle murin de cancer mammaire (donnée animale) : dans un modèle murin de cancer mammaire, le xanthohumol a favorisé une polarisation Th1, avec augmentation d’IFN-γ, IL-2, perforine et granzyme B, diminution d’IL-4 et IL-10, et activation de STAT4 et T-bet. Ces modifications étaient associées à une baisse de marqueurs tumoraux, dont CA15-3 et Ki-67, et à un ralentissement de la croissance tumorale (Zhang et al., 2018).
- Synthèse expérimentale sur le xanthohumol et ses dérivés (revues de littérature) : les revues disponibles confirment l’étendue des mécanismes étudiés pour le xanthohumol et ses dérivés : inhibition de NF-κB et COX-2, modulation du cycle cellulaire, induction de l’apoptose, inhibition de l’angiogenèse, modulation immunitaire et ciblage redox via la thioredoxine réductase. Ces données relèvent de la pharmacologie expérimentale et concernent surtout le xanthohumol ou ses dérivés isolés, plus que l’usage phytothérapeutique courant des cônes de houblon (Liu et al., 2015 ; Jiang et al., 2018).
Indications médicinales retenues
Cônes femelles, usage interne
- Symptômes légers de stress mental et agitation nerveuse légère : usage traditionnel reconnu pour les états de nervosité légère, d’agitation et de tension nerveuse modérée. Cet usage concerne des troubles fonctionnels légers, sans se substituer à la prise en charge des troubles anxieux constitués.
- Aide au sommeil et difficultés d’endormissement : usage traditionnel reconnu des cônes femelles de houblon, particulièrement lorsque les troubles du sommeil sont associés à une nervosité légère ou à une hyperexcitabilité vespérale.
Association valériane-houblon, usage interne
- Troubles légers ou occasionnels du sommeil : les données cliniques les plus consistantes concernent surtout des préparations associant valériane et houblon, avec un effet documenté sur la latence d’endormissement, certains paramètres du sommeil et, dans une étude récente, la durée du sommeil. Cette indication doit rester centrée sur les troubles légers, transitoires ou occasionnels, et non sur l’insomnie chronique sévère.
Extraits standardisés de houblon, usage interne
- Bouffées de chaleur de la ménopause : des extraits standardisés, notamment en 8-prénylnaringénine, ont montré un effet modeste et variable sur les symptômes vasomoteurs de la ménopause, en particulier les bouffées de chaleur. Cette indication concerne des symptômes légers à modérés et dépend fortement du type d’extrait, de la standardisation et probablement de la variabilité individuelle de conversion intestinale des précurseurs en 8-prénylnaringénine.
Indications exploratoires ou émergentes
- Douleur inflammatoire, viscérale ou neuropathique : données animales uniquement, portant sur des extraits ou constituants du houblon ; aucune indication antalgique clinique ne peut être retenue à ce stade.
- Santé osseuse et ostéoporose : données animales et cellulaires dans des modèles d’ostéoporose post-ovariectomie ou liée au vieillissement ; piste expérimentale, sans indication clinique retenue en prévention ou traitement de l’ostéoporose.
- Hygiène bucco-dentaire et plaque dentaire : données cliniques courtes avec des polyphénols ou bractées de houblon, sur la repousse de la plaque dentaire et Streptococcus mutans ; usage spécifique à ne pas confondre avec l’usage médicinal courant des cônes femelles.
- Activités antimicrobienne et antivirale : données surtout in vitro, notamment sur Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline, les biofilms et certaines souches de virus influenza ; aucune indication anti-infectieuse clinique ne peut être retenue.
- Neuroprotection et maladies neurodégénératives : données cellulaires centrées sur le xanthohumol et des modèles liés à l’amyloïde β ou à tau ; piste expérimentale uniquement.
- Oncologie expérimentale : données précliniques nombreuses autour du xanthohumol, de l’8-prénylnaringénine et de leurs dérivés ; aucune indication oncologique clinique ne peut être retenue pour le houblon.
Formes galéniques et posologies
Les posologies ci-dessous reprennent les formes reconnues dans la monographie EMA/HMPC pour Humulus lupulus L., flos, en distinguant les formes pertinentes en pratique actuelle des formes alcoolisées à exclure ou à manier avec prudence.
Formes à privilégier
Cônes femelles fragmentés, infusion
- Symptômes légers de stress mental : 500 mg de cônes femelles fragmentés dans 150 à 200 ml d’eau bouillante, jusqu’à 4 fois par jour.
- Aide au sommeil : 500 mg à 1 g de cônes femelles fragmentés dans 150 à 200 ml d’eau bouillante, 30 à 60 minutes avant le coucher.
- Équivalence pratique : 1 cuillère à café rase de cônes fragmentés correspond environ à 0,4 g ; 1 à 2 cuillères à café rases correspondent donc environ à 0,4–0,8 g. Une cuillère à soupe rase de cônes grossièrement coupés approche environ 1 g, selon la coupe et le tassement.
Poudre de cônes femelles, voie orale
- Symptômes légers de stress mental : adulte 400 mg, 2 fois par jour ; adolescent à partir de 12 ans 200 mg, 2 fois par jour.
- Aide au sommeil : 800 mg à 2 g, 30 à 60 minutes avant le coucher.
Extrait sec
- Extrait sec DER 4–5:1, solvant d’extraction méthanol 50 %.
- Symptômes légers de stress mental : 125 mg, 2 à 3 fois par jour.
- Aide au sommeil : 125 à 250 mg, 60 minutes avant le coucher.
Extraits liquides et teinture
- Extrait liquide 1:1, éthanol 45 % : 0,5 à 2 ml, jusqu’à 3 fois par jour.
- Teinture 1:5, éthanol 60 % : 1 à 2 ml, jusqu’à 3 fois par jour.
Ces formes hydroalcooliques font partie des galéniques reconnues par l’EMA/HMPC pour Humulus lupulus L., flos, mais elles ne doivent pas être considérées comme les formes à privilégier lorsqu’un support sans alcool est possible. Elles doivent être évitées chez les personnes pour lesquelles l’alcool est contre-indiqué ou inadapté : grossesse, allaitement, enfant ou adolescent, antécédent de dépendance à l’alcool, maladie hépatique, traitement sédatif, conduite, travail à risque ou situation nécessitant une vigilance conservée.
Dans le cas du houblon, cette prudence est particulièrement importante pour l’usage sommeil. Même à faible dose, l’alcool n’est pas un support cohérent pour une plante destinée à favoriser l’endormissement ou la qualité du sommeil. Une méta-analyse récente menée chez des adultes en bonne santé confirme que la consommation d’alcool altère le sommeil ultérieur, ce qui justifie de privilégier, chaque fois que possible, les formes non alcoolisées : infusion, poudre ou extrait sec (Gardiner et al., 2025).
Forme EMA/HMPC à base de vin doux : mention réglementaire, non retenue en pratique thérapeutique
La monographie EMA/HMPC mentionne également un extrait liquide 1:10 dans vin doux, à la dose de 19 g, 2 à 3 fois par jour. Cette forme peut être citée comme donnée réglementaire de monographie, mais elle ne doit pas être proposée comme forme thérapeutique actuelle. Elle est à exclure de la pratique, car le support alcoolisé et sucré n’est pas cohérent avec une phytothérapie sécurisée du stress ou du sommeil.
Association valériane-houblon
Les données cliniques les plus documentées sur le sommeil concernent des préparations associant valériane et houblon, notamment valériane 500 mg + houblon 120 mg/jour dans plusieurs essais. Ces dosages correspondent à des préparations spécifiques et ne doivent pas être transposés automatiquement à toutes les formes galéniques disponibles.
Durée et conduite à tenir
L’usage doit rester de courte durée en automédication. Si les symptômes persistent au-delà de 2 semaines, s’aggravent, ou s’accompagnent d’une insomnie sévère, d’un état anxieux marqué, d’une dépression, de troubles respiratoires nocturnes ou d’une somnolence diurne importante, un avis médical est nécessaire.
Précision importante
La bière, le vin médicinal, le vin doux et les boissons alcoolisées houblonnées ne constituent pas des formes médicinales pertinentes du houblon. Leur teneur en alcool, leur variabilité de composition, leur dosage non maîtrisé en constituants actifs et les effets défavorables de l’alcool sur le sommeil ne permettent pas de les assimiler à une préparation phytothérapeutique de cônes femelles de houblon.
Recommandations de cueillette
Récolter uniquement les cônes femelles, ou strobiles, lorsqu’ils sont bien formés, verts pâles à jaune verdâtre, encore souples, résineux et nettement aromatiques. La récolte se fait en fin d’été ou au début de l’automne, avant le brunissement marqué des cônes.
Le séchage doit être rapide, en couche mince, dans un lieu sec, bien ventilé, à l’abri de la lumière et d’une chaleur excessive. Les cônes doivent conserver une odeur aromatique nette et une couleur claire. Un brunissement important, une odeur rance ou une perte marquée d’arôme traduisent une altération de la qualité.
Conserver les cônes bien secs dans un contenant hermétique, à l’abri de l’air, de la lumière et de l’humidité. Cette précaution est importante, car les résines amères et les composés volatils du houblon s’oxydent facilement au stockage.
Sécurité et précautions d’usage
Tolérance
Le houblon est généralement bien toléré aux doses usuelles et sur des durées courtes. Les effets indésirables rapportés sont rares et le plus souvent modérés : somnolence, baisse de vigilance, troubles digestifs mineurs. Des réactions allergiques ou dermatites de contact peuvent survenir chez les personnes manipulant régulièrement les cônes, notamment lors de la cueillette ou du travail de la plante.
Contre-indications
- Hypersensibilité connue au houblon ou à l’un de ses constituants.
- Grossesse et allaitement : usage à éviter, faute de données suffisantes de sécurité et en raison de l’activité œstrogénique documentée de certains constituants du houblon.
- Enfant de moins de 12 ans : usage non recommandé, les données étant insuffisantes dans cette tranche d’âge.
Terrains hormonodépendants
Le houblon contient des composés prénylés à activité œstrogénique, notamment l’8-prénylnaringénine. Par prudence, l’usage d’extraits concentrés ou standardisés est à éviter sans avis spécialisé en cas d’antécédent personnel de cancer hormonodépendant, d’endométriose sévère, de pathologie gynécologique hormonodépendante ou de traitement hormonal sensible. Cette prudence concerne surtout les formes concentrées et les usages prolongés.
Sédation, conduite et vigilance
Le houblon peut entraîner une somnolence ou une baisse de vigilance, surtout lorsqu’il est pris le soir, à dose élevée ou en association avec d’autres plantes ou médicaments sédatifs. La conduite de véhicules, l’utilisation de machines et les activités nécessitant une attention soutenue doivent être évitées en cas de somnolence.
Interactions
- Alcool : association à éviter. L’alcool peut majorer la sédation et altérer la qualité du sommeil. Dans le cas du houblon, cette précaution est centrale, car l’objectif recherché est souvent l’endormissement ou l’amélioration du sommeil. Une méta-analyse récente confirme que l’alcool perturbe le sommeil ultérieur chez l’adulte sain, ce qui justifie d’exclure la bière, le vin doux, le vin médicinal et les boissons alcoolisées houblonnées comme supports thérapeutiques (Gardiner et al., 2025).
- Médicaments sédatifs, hypnotiques et dépresseurs du système nerveux central : prudence avec les benzodiazépines, apparentés aux benzodiazépines, antihistaminiques sédatifs, neuroleptiques, antidépresseurs sédatifs, antiépileptiques sédatifs, opioïdes et autres substances pouvant diminuer la vigilance.
- Associations avec d’autres plantes sédatives : valériane, passiflore, mélisse, aubépine ou lavande peuvent être associées au houblon dans certaines formules, mais l’effet sédatif cumulatif doit être anticipé, surtout chez les personnes sensibles, âgées ou polymédiquées.
Formes alcoolisées
Les formes hydroalcooliques, lorsqu’elles sont utilisées, doivent être réservées aux situations où elles sont réellement adaptées et évitées en cas de grossesse, allaitement, enfance, adolescence, antécédent de dépendance à l’alcool, maladie hépatique, traitement sédatif, conduite ou besoin de vigilance conservée. Les formes à base de vin doux, la bière et les boissons alcoolisées houblonnées sont à exclure comme supports thérapeutiques, en particulier pour le sommeil, car l’alcool perturbe l’architecture du sommeil et contredit l’objectif recherché (Gardiner et al., 2025).
Durée d’utilisation
L’usage en automédication doit rester court. Si les symptômes persistent au-delà de 2 semaines, s’aggravent ou se répètent régulièrement, un avis médical ou professionnel est nécessaire.
Signaux d’alerte
Un avis médical est nécessaire en cas d’insomnie sévère ou chronique, réveils nocturnes avec détresse importante, somnolence diurne marquée, suspicion d’apnée du sommeil, anxiété importante, dépression, idées noires, perte de poids inexpliquée, fièvre, douleurs persistantes, symptômes hormonaux importants ou bouffées de chaleur invalidantes.
Précaution chez l’homme en projet de fertilité
Les données animales montrent, chez le rat mâle, des modifications hormonales et spermatiques après administration d’un extrait hydroalcoolique de houblon à 50, 150 ou 450 mg/kg/jour pendant 7 semaines : baisse de la testostérone et de la LH, augmentation de l’œstradiol, diminution du nombre et de la mobilité des spermatozoïdes (Karbalaei et al., 2019). Leur portée clinique chez l’homme n’est pas établie, mais ces données justifient une prudence avec les extraits concentrés ou les usages prolongés en cas de projet de fertilité masculine.
Vision personnelle
Le houblon est une plante bien connue des amateurs de boissons fermentées. Mais le houblon de la boisson fermentée n’est pas le houblon du remède médicinal. En phytothérapie, ce sont les cônes femelles, les strobiles, qui nous intéressent, et non l’alcool qui les accompagne dans la chope.
N’en déplaise aux amateurs de bière, ce n’est donc pas dans une « petite mousse » que le houblon trouve sa meilleure place thérapeutique. La plante est intéressante par ses résines amères, ses composés aromatiques, ses polyphénols et ses phytoestrogènes, mais l’alcool brouille complètement le message, surtout lorsqu’on parle de sommeil. Une méta-analyse récente le rappelle clairement : l’alcool perturbe le sommeil ultérieur chez l’adulte sain (Gardiner et al., 2025).
Le houblon garde pourtant une vraie élégance médicinale. Associé à la valériane, il s’inscrit parmi les plantes utiles pour accompagner certaines difficultés d’endormissement et les états de nervosité légère. Avec des extraits bien définis, il ouvre aussi une piste modeste dans les bouffées de chaleur de la ménopause. Rien de spectaculaire, rien de magique, mais une plante bien cadrée, à utiliser dans la bonne forme et au bon moment.
Plus surprenantes sont les recherches nombreuses autour du xanthohumol, de l’inflammation, du stress oxydatif, de l’os, de la neuroprotection et même de l’oncologie expérimentale. Là encore, restons mesurés : ces données appartiennent surtout au laboratoire et ne transforment pas la tisane de houblon en remède anticancer. Mais elles rappellent qu’une plante de nos haies peut cacher une complexité pharmacologique étonnante.
En attendant, rien n’empêche de lever les yeux pour l’apercevoir. Le houblon grimpe, s’accroche, s’élance dans les haies fraîches et les bords de rivière. Sa cueillette se fait souvent les bras levés, au milieu des lianes, comme si la plante nous obligeait déjà à ralentir, à regarder plus haut, et peut-être à rêver un peu avant la tisane du soir.
Reconnaissances officielles
- EMA/HMPC : les cônes femelles de houblon, Humulus lupulus L., flos, sont reconnus comme médicament traditionnel à base de plantes pour le soulagement des symptômes légers de stress mental et comme aide au sommeil. Cette reconnaissance repose sur l’usage traditionnel et non sur une validation clinique complète au sens d’une indication bien établie. La monographie communautaire correspond au document EMA/HMPC/682384/2013, publié le 6 mai 2014.
- Commission E : la Commission E allemande a approuvé le houblon pour les troubles de l’humeur tels que l’agitation, la nervosité ou l’anxiété légère, ainsi que pour les troubles du sommeil. Cette reconnaissance doit être comprise dans le cadre traditionnel et phytothérapeutique du houblon comme plante sédative légère, sans l’assimiler à un traitement autonome des troubles anxieux constitués.
- ESCOP : la monographie ESCOP décrit le houblon dans les états de tension nerveuse, d’agitation et de troubles du sommeil, en cohérence avec son usage comme sédatif léger traditionnel.
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