
Monographie du Solidage
Nom scientifique
Solidago virgaurea L.
Famille botanique
Asteraceae
Autres noms communs
Solidage verge d’or, verge d’or, gerbe d’or.
Habitat et répartition
Solidago virgaurea est une espèce largement répartie en Eurasie. Elle pousse dans les bois clairs, les lisières, les clairières, les landes, les prairies et les pentes herbeuses, sur des sols frais à modérément secs, souvent légèrement acides à neutres.
Elle est indigène et largement présente en Suisse comme en France, depuis l’étage collinéen jusqu’aux régions montagnardes et subalpines.
Parties utilisées
Parties aériennes fleuries de Solidago virgaurea L. (Solidaginis virgaureae herba), utilisées entières ou fragmentées après séchage.
Notes botaniques
Plante herbacée vivace pouvant atteindre environ 1,20 m de hauteur. La tige est dressée et généralement ramifiée dans sa partie supérieure. Les feuilles sont alternes ; celles de la base sont plus larges et pétiolées, tandis que les feuilles supérieures deviennent progressivement plus étroites et presque sessiles.
Les capitules jaunes apparaissent de juillet à septembre et sont réunis dans la partie supérieure de la tige.
Une attention particulière doit être portée à la distinction avec les solidages nord-américains naturalisés en Europe, notamment Solidago canadensis et Solidago gigantea. S. virgaurea présente généralement des capitules plus grands, moins nombreux et moins densément regroupés. Les données pharmacologiques obtenues avec ces espèces ne doivent pas être transférées automatiquement à S. virgaurea.
Histoire et traditions
Le nom Solidago est généralement rapproché du latin solidare, « consolider » ou « cicatriser », rappelant l’ancien usage vulneraire de la plante.
Longtemps employée sur les plaies et les affections cutanées, la verge d’or acquiert progressivement une réputation plus spécifiquement urinaire dans la médecine européenne. À la fin du Moyen Âge et à la Renaissance, son usage s’étend aux troubles des reins, de la vessie et à la « gravelle », terme ancien désignant notamment les petits calculs urinaires.
Cet usage urinaire est devenu la principale indication traditionnelle du solidage européen et reste aujourd’hui celle qui bénéficie de la reconnaissance officielle la plus nette (Fursenco et al., 2020).
Principes actifs connus
Flavonoïdes. Les parties aériennes contiennent environ 0,5 à 1,5 % de flavonoïdes exprimés en hyperoside. Les principaux composés identifiés sont des hétérosides de quercétine, de kaempférol et d’isorhamnétine, notamment l’hyperoside, la rutine, l’isoquercitrine, la quercitrine, l’astragaline, la nicotiflorine, l’afzéline et la narcissine (Pietta et al., 1991 ; Fursenco et al., 2020).
Hétérosides phénoliques. Le léiocarposide constitue l’un des composés caractéristiques de la plante. Le virgaureoside A et plusieurs autres hétérosides phénoliques ont également été identifiés dans les parties aériennes (Thiem et al., 2001 ; Fursenco et al., 2020).
Saponosides triterpéniques. Solidago virgaurea contient plusieurs saponosides dérivés notamment de l’acide polygalacique et de structures de type oléanane, parmi lesquels les virgaureasaponines et solidagosaponines. Leur distribution et leur structure varient entre parties aériennes et racines (Bader et al., 1992 ; Bader et al., 1995).
Acides phénoliques et dérivés hydroxycinnamiques. La plante contient notamment des acides caféique, chlorogénique, férulique, gallique, vanillique et sinapique ainsi que plusieurs acides caféoylquiniques et dicafféoylquiniques. Abdel Motaal et al. (2016) ont notamment identifié des acides 3,5-, 3,4- et 4,5-di-O-caféoylquiniques ainsi que l’acide 3,4,5-tri-O-caféoylquinique.
Huile essentielle. La fraction volatile est très variable selon l’origine géographique, la partie végétale et la méthode d’extraction. Parmi les constituants fréquemment retrouvés figurent l’α-pinène, le limonène, le germacrène D, le β-caryophyllène, l’oxyde de caryophyllène, l’α-humulène et l’acétate de bornyle. Les profils des feuilles et des inflorescences peuvent différer sensiblement (Nkuimi Wandjou et al., 2020). Malićanin et al. (2024) ont confirmé l’influence importante du procédé d’extraction sur la composition des huiles essentielles et des hydrolats. Une étude récente menée sur du matériel himalayen a également retrouvé dans l’huile essentielle florale une prédominance d’α-pinène, de limonène et de germacrène D (Bhardwaj et al., 2026).
Diterpènes. Plusieurs diterpènes de type clérodane, notamment les acides solidagoïques C à I, ont été isolés de S. virgaurea. Certains présentent une activité antibactérienne modérée in vitro (Starks et al., 2010).
Complexes polyphénoliques et polysaccharidiques. Des conjugués polyphénols-polysaccharides ont été isolés de la plante et étudiés pour leurs effets sur les protéines plaquettaires soumises à un stress nitrosatif (Saluk-Juszczak et al., 2010).
Métabolisme intestinal des constituants de l’infusion. Les composés présents dans les infusions de S. virgaurea sont transformés par le microbiote intestinal en dérivés phénylpropanoïques de plus petite taille. Plusieurs de ces métabolites présentent une perméabilité accrue dans le modèle intestinal Caco-2 par rapport aux molécules parentales (Popowski et al., 2021).
Propriétés pharmacologiques majeures
Sphère rénale et urinaire
- Activité diurétique (modèles animaux) : plusieurs constituants ou fractions de Solidago virgaurea ont montré une activité diurétique expérimentale. Le léiocarposide, administré à 25 mg/kg chez le rat, augmente la diurèse avec un effet retardé et prolongé jusqu’à 24 heures (Chodera et al., 1985). Une fraction flavonoïdique administrée par voie orale augmente également la diurèse, mais s’accompagne d’une diminution de l’excrétion urinaire de sodium et de potassium et d’une augmentation de celle du calcium (Chodera et al., 1991). Kaspers et al. (1998), dans un travail publié sous forme de résumé de congrès, n’ont pas reproduit l’effet diurétique de la fraction flavonoïdique, mais ont rapporté une augmentation de la diurèse et de l’excrétion de sodium et de potassium avec des fractions riches en acides hydroxycinnamiques et en saponosides. Ces résultats indiquent que l’activité diurétique ne peut pas être attribuée à une seule famille de constituants.
- Activité spasmolytique vésicale (ex vivo) : des extraits de Solidago virgaurea inhibent de manière concentration-dépendante les contractions induites par le carbachol dans des préparations de vessie de rat et de vessie humaine. L’effet implique notamment une modulation des mécanismes muscariniques M2 et M3, avec des mécanismes supplémentaires à concentrations plus élevées (Borchert et al., 2004).
- Effets sur la dysurie et la vessie irritable (études cliniques ouvertes) : Schmitt (1996) a évalué chez 745 femmes présentant une dysurie ou une pollakiurie sans bactériurie un extrait sec de S. virgaurea DER 5,4:1 à raison de 380 mg trois fois par jour pendant 14 jours. Une diminution de la fréquence des mictions a été rapportée chez 69,2 % des participantes. Laszig et al. (1999), dans une étude prospective multicentrique ouverte portant sur 1 487 patients présentant différents troubles urinaires, ont rapporté une amélioration clinique après environ quatre semaines d’un extrait sec DER 5,0–7,1:1, éthanol 30 %, administré à 424,8 mg trois fois par jour. Pfannkuch et Stammwitz (2002), chez 512 patients présentant une vessie irritable chronique ou récidivante, ont observé après cinq semaines avec un extrait comparable une diminution des mictions douloureuses, de l’urgence et de la fréquence mictionnelle. Ces études ne comportaient pas de groupe contrôle.
- Activité antilithiasique du léiocarposide (modèle animal) : le léiocarposide administré par voie orale à 25 mg/kg pendant six semaines réduit la croissance de calculs urinaires humains implantés expérimentalement dans la vessie de rats (Chodera et al., 1988).
Sphère inflammatoire et antalgique
- Anti-inflammatoire (modèles animaux et données cellulaires humaines) : l’activité anti-inflammatoire de Solidago virgaurea est documentée dans plusieurs modèles expérimentaux. L’extrait de solidage, étudié séparément, réduit l’œdème à la carraghénine et l’inflammation dans un modèle d’arthrite chez le rat (El-Ghazaly et al., 1992). Une fraction riche en composés phénoliques et plusieurs dérivés caféoylquiniques isolés réduisent également l’œdème inflammatoire ainsi que les concentrations de TNF-α et d’IL-1β, avec une activité particulièrement marquée de l’acide 3,4,5-tri-O-caféoylquinique (Abdel Motaal et al., 2016). Sur des monocytes humains activés par le LPS, un extrait alcoolique diminue TNF-α et l’expression de PTGS2/COX-2 (Bonaterra et al., 2019). Enfin, un extrait sec hydroalcoolique à 70 % des parties aériennes fleuries réduit de manière dose-dépendante l’œdème à la carraghénine chez le rat (Tămaş et al., 2021).
- Antalgique (modèle animal) : le léiocarposide isolé de Solidago virgaurea, administré à 200 mg/kg chez la souris, exerce un effet antalgique marqué durant la première heure dans le test de la plaque chaude, mais cet effet décroît rapidement. Dans un modèle d’œdème à la carraghénine chez le rat, son activité anti-inflammatoire est nettement plus faible que celle de la phénylbutazone (Metzner et al., 1984).
Sphère cardiovasculaire et métabolique
- Régulation de la pression artérielle (modèles animaux) : les données ne permettent pas de qualifier Solidago virgaurea de plante hypotensive au sens général. Des extraits aqueux de feuilles et de fleurs administrés par voie intraveineuse à 180 ou 360 mg/kg n’ont pas entraîné de diminution aiguë de la pression artérielle chez le rat (Lasserre et al., 1983). À l’inverse, chez des rats rendus hyperuricémiques, l’administration orale répétée pendant trois semaines d’un extrait hydroalcoolique des parties aériennes fleuries a limité l’augmentation de la pression systolique ; à 500 mg/kg, celle-ci était de 124,0 ± 2,91 mmHg contre 143,4 ± 4,03 mmHg chez les animaux hyperuricémiques non traités (Tămaş et al., 2021).
- Hypouricémiant et uricosurique (modèle animal) : chez des rats présentant une hyperuricémie expérimentale, l’extrait hydroalcoolique des parties aériennes fleuries administré à 250 et 500 mg/kg diminue l’uricémie et augmente l’excrétion urinaire d’acide urique (Tămaş et al., 2021).
- Effets sur le métabolisme glucidique et lipidique (modèles expérimentaux) : chez des rats diabétiques induits par l’alloxane, un extrait de Solidago virgaurea administré à 250 mg/kg/jour pendant quinze jours diminue la glycémie, augmente l’insulinémie et le glycogène hépatique et améliore le profil lipidique. Le traitement réduit également le TNF-α et la peroxydation lipidique et augmente l’activité de la superoxyde dismutase et de la catalase (Sanad et al., 2022). Des extraits méthanoliques et aqueux des tiges et feuilles ont montré une inhibition de l’α-glucosidase, de PTP1B et de la formation des produits avancés de glycation ; l’extrait méthanolique augmente également la captation du glucose et l’expression de GLUT4 dans des cellules musculaires L6 et réduit la glycémie postprandiale dans un modèle murin de diabète lorsqu’il est administré par voie intrapéritonéale à 100 mg/kg (Zehra et al., 2023). Enfin, des extraits expérimentaux riches en polyphénols inhibent fortement l’α-glucosidase et stimulent directement la sécrétion d’insuline par les cellules β-TC-6 en conditions normales et hyperglycémiques (Paun et al., 2024).
- Cardioprotectrice (modèle animal) : chez des rats soumis à une cardiotoxicité induite par l’isoprénaline, un extrait méthanolique de Solidago virgaurea administré à 250 mg/kg pendant cinq semaines limite l’augmentation des marqueurs de lésions cardiaques et des lipides sanguins, réduit la peroxydation lipidique cardiaque et préserve le glutathion ainsi que l’activité de la superoxyde dismutase (El-Tantawy, 2014).
Sphère anti-infectieuse
- Activité antibactérienne sur les bactéries uropathogènes (in vitro) : un extrait méthanolique de Solidago virgaurea réduit la survie de souches uropathogènes d’Escherichia coli en phase planctonique et inhibe la formation précoce du biofilm, avec une concentration minimale inhibitrice de 45 mg/mL. L’association avec l’amikacine ou la ciprofloxacine n’a pas montré de synergie et a raccourci certains effets post-antibiotiques et post-sub-MIC, ne permettant pas de considérer cet extrait comme un potentialisateur des antibiotiques étudiés (Wojnicz et al., 2021).
- Activité sur Candida albicans et les biofilms fongiques (in vitro et données cliniques préliminaires) : des saponosides isolés des parties aériennes de Solidago virgaurea subsp. virgaurea présentent une activité sur Candida albicans, C. glabrata, C. krusei et C. tropicalis (Bader et al., 2000). Des extraits de S. virgaurea réduisent également la transition levure-hyphe de C. albicans et la formation des biofilms sans inhiber directement la croissance planctonique (Laurençon et al., 2013). Chevalier et al. (2019) ont confirmé une diminution de l’adhésion, de la filamentation et de l’intégrité du biofilm, associée à une diminution de l’expression de gènes de virulence tels que HWP1, ECE1 et ALS3 ; une augmentation de l’activité du miconazole et de la nystatine a également été observée dans certaines conditions expérimentales. Dans une étude randomisée en double aveugle menée chez 66 adultes sains utilisant pendant 28 jours un dentifrice contenant 0,3 % d’extrait de S. virgaurea, une diminution du portage de Candida a été observée chez les quelques participants initialement colonisés, sans démonstration robuste d’un effet spécifique par rapport au groupe témoin (Prêcheur et al., 2020).
- Activité antiparasitaire expérimentale : un extrait méthanolique des parties aériennes de Solidago virgaurea présente une activité contre Acanthamoeba in vitro et, chez des souris infectées, une administration à 500 mg/kg prolonge la survie moyenne par rapport aux témoins (Derda et al., 2009). Une huile essentielle des parties aériennes a également montré une activité sur les formes promastigotes et amastigotes intracellulaires de Leishmania donovani ; cette activité reste spécifique à une huile essentielle de composition particulière (Bisht et al., 2024).
Sphère antitumorale
- Activité cytotoxique et antitumorale (in vitro et modèles animaux) : plusieurs saponosides triterpéniques de Solidago virgaurea exercent une activité cytotoxique sur des cellules tumorales in vitro, mais cette activité est corrélée à leur pouvoir hémolytique, suggérant au moins en partie une action membranaire non spécifique (Bader et al., 1996). La virgaureasaponine E stimule l’activité des macrophages et la libération de TNF-α et réduit la croissance tumorale dans des modèles murins de sarcome 180 et de fibrosarcome (Plohmann et al., 1997). Une fraction hydrosoluble d’environ 40 kDa isolée des feuilles présente une activité cytotoxique sur plusieurs lignées tumorales humaines ; administrée à 5 mg/kg tous les trois jours à des souris SCID porteuses de tumeurs prostatiques AT6.1, elle réduit la croissance tumorale (Gross et al., 2002).
- Activité antiproliférative de l’huile essentielle (in vitro) : les huiles essentielles des feuilles et des inflorescences de Solidago virgaurea réduisent la viabilité de lignées tumorales humaines mammaires, mélanocytaires et colorectales. L’huile essentielle foliaire était la plus active, avec des IC50 comprises approximativement entre 8 et 13 µg/mL selon les lignées étudiées (Nkuimi Wandjou et al., 2020).
Autres propriétés expérimentales
- Effets sur la sénescence cellulaire (in vitro) : un extrait alcoolique des parties aériennes de Solidago virgaurea subsp. alpestris, taxon actuellement rattaché à S. virgaurea subsp. virgaurea, réduit plusieurs marqueurs associés à la sénescence dans des fibroblastes dermiques humains, atténue l’expression de certains facteurs du phénotype sécrétoire associé à la sénescence et exerce une faible activité sénolytique. L’acide chlorogénique et l’acide isochlorogénique A testés séparément ne reproduisent pas les effets de l’extrait complet (Lämmermann et al., 2018).
Indications médicinales retenues
- Troubles urinaires mineurs : usage traditionnel reconnu par l’EMA pour augmenter la production d’urine et favoriser le lavage des voies urinaires. Les études cliniques ouvertes disponibles rapportent également une amélioration de symptômes tels que la dysurie, la pollakiurie, l’urgenturie et la vessie irritable (Schmitt, 1996 ; Laszig et al., 1999 ; Pfannkuch et Stammwitz, 2002).
- Inflammations des voies urinaires et gravelle rénale : usage reconnu par l’ESCOP dans le cadre d’une irrigation des voies urinaires.
- Infections bactériennes des voies urinaires : usage reconnu par l’ESCOP comme adjuvant au traitement.
Indications exploratoires ou émergentes
- Lithiase urinaire : le léiocarposide limite la croissance de calculs urinaires dans un modèle animal. Les données humaines ne permettent pas de retenir une indication de prévention ou de traitement de la lithiase.
- Hyperuricémie : un extrait hydroalcoolique diminue l’uricémie et augmente l’excrétion urinaire d’acide urique chez le rat hyperuricémique. Cette activité n’a pas été démontrée cliniquement chez l’être humain.
- Troubles du métabolisme glucidique et lipidique : plusieurs modèles cellulaires et animaux montrent des effets sur la glycémie, l’insulinémie, la captation du glucose et le profil lipidique. Ces données restent expérimentales.
Formes galéniques et posologies
Chez l’adulte et l’adolescent à partir de 12 ans :
- Infusion : 3 à 5 g de parties aériennes fleuries séchées et fragmentées dans 150 mL d’eau, 2 à 4 fois par jour. Infuser environ 10 minutes à couvert.
- Extrait liquide (1:1, éthanol 25 %) : 0,5 à 2 mL, 3 fois par jour.
- Teinture (1:5, éthanol 45 %) : 0,5 à 2 mL, 3 fois par jour.
- Extrait sec (DER 5–7:1, éthanol 30–60 %) : 350 à 450 mg, 3 fois par jour.
La durée d’utilisation traditionnelle est de 2 à 4 semaines. Une hydratation suffisante doit accompagner l’utilisation lorsqu’un effet de lavage des voies urinaires est recherché.
Sécurité et précautions d’usage
Tolérance générale : Solidago virgaurea est généralement bien toléré aux doses recommandées.
Contre-indications : hypersensibilité au solidage ou aux plantes de la famille des Astéracées. L’utilisation destinée à augmenter la diurèse n’est pas adaptée lorsque la réduction des apports hydriques est recommandée, notamment lors d’affections cardiaques ou rénales sévères ou en présence d’une obstruction des voies urinaires.
Populations particulières : l’utilisation n’est pas recommandée chez l’enfant de moins de 12 ans ni pendant la grossesse et l’allaitement, en l’absence de données suffisantes.
Effets indésirables : des réactions d’hypersensibilité et des troubles gastro-intestinaux peuvent survenir ; leur fréquence n’est pas connue.
Interactions médicamenteuses : l’association avec des diurétiques de synthèse n’est pas recommandée.
En cas d’apparition ou d’aggravation d’une fièvre, de douleurs ou spasmes urinaires, d’une dysurie importante ou de sang dans les urines, un avis médical est nécessaire.
Cueillette écoresponsable
- Récolter les parties aériennes fleuries en début de floraison, lorsque les capitules sont bien formés et commencent à s’ouvrir.
- Couper la partie supérieure fleurie de la tige sans arracher la plante, afin de préserver la souche vivace.
- Prélever avec modération et laisser suffisamment de plantes en place pour assurer le maintien et la reproduction de la population.
- Éviter la cueillette dans les zones protégées ou sur les sites pollués, notamment en bordure de routes ou dans les zones agricoles traitées.
- Transporter la récolte dans un panier aéré ou une toile, sans la comprimer ni la laisser humide.
- Faire sécher rapidement en couche mince, à l’ombre, dans un endroit sec et bien ventilé.
Vision personnelle
Plus discrète que ses cousines d’outre-Atlantique, aujourd’hui omniprésentes le long des routes et sur les terrains délaissés, notre verge d’or européenne se rencontre plus volontiers dans les bois clairs, les lisières et les pentes herbeuses. Elle n’a rien de spectaculaire et c’est probablement ce qui me plaît chez elle.
Le solidage illustre bien la place que peuvent encore occuper les plantes simples de notre environnement : une plante commune, facile à préparer en infusion, dont l’usage urinaire traverse les siècles et reste aujourd’hui reconnu. Je la vois moins comme un « antiseptique » que comme une plante d’accompagnement, utile lorsque l’on cherche à favoriser l’élimination et à apaiser une sphère urinaire irritée.
C’est aussi une de ces plantes qui rappelle que la tisane n’appartient pas au passé. Encore faut-il savoir précisément ce que l’on peut attendre de la plante, et ne pas lui attribuer davantage que ce qu’elle sait réellement faire.
Reconnaissances officielles
- Pharmacopée Européenne : Solidago virgaurea fait l’objet d’une monographie spécifique sous le titre « Goldenrod, European » (Ph. Eur., monographie 1893), qui définit les critères d’identité et de qualité de la drogue végétale. Cette inscription pharmacopéique ne constitue pas une reconnaissance thérapeutique.
- EMA/HMPC : Solidago virgaurea L., herba fait l’objet d’une monographie européenne fondée sur l’usage traditionnel. L’EMA reconnaît son utilisation pour augmenter la quantité d’urine afin de favoriser le lavage des voies urinaires comme adjuvant dans les troubles urinaires mineurs. La monographie finale a été adoptée en 2008 et complétée par un addendum au rapport d’évaluation publié en 2021.
- ESCOP : la monographie Solidaginis virgaureae herba reconnaît son utilisation dans l’irrigation des voies urinaires, notamment lors d’affections inflammatoires et de gravelle rénale, ainsi que comme adjuvant dans le traitement des infections bactériennes des voies urinaires. La monographie en ligne date de 2018.
- Commission E : la monographie positive publiée en 1987, corrigée en 1990, reconnaît l’utilisation du solidage dans les traitements par irrigation des affections inflammatoires des voies urinaires et de la gravelle ou des calculs urinaires, ainsi que dans leur prévention.
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