
Monographie de la ballote
Nom scientifique
Ballota nigra L.
Famille botanique
Lamiaceae
Autres noms communs
Ballote, ballote fétide, ballote puante, marrube noir.
Habitat et répartition
La ballote noire est une plante vivace des régions tempérées d’Europe, du domaine méditerranéen et de l’Asie occidentale. Elle est présente en France et en Suisse, avec une fréquence variable selon les régions.
Elle affectionne les milieux rudéraux et les sols riches en azote : haies, talus, bords de chemins, friches, ruines, terrains vagues, abords d’habitations et lisières perturbées. On la rencontre surtout de l’étage collinéen à l’étage montagnard, sur des sols plutôt secs à frais, souvent remaniés ou enrichis.
Parties utilisées
Sommités fleuries, récoltées au moment de la floraison, puis séchées.
La drogue végétale correspond à Ballotae nigrae herba, c’est-à-dire aux sommités fleuries séchées de Ballota nigra L.
Notes botaniques
La ballote noire est une plante vivace de la famille des Lamiaceae, généralement dressée, velue, à tiges quadrangulaires et ramifiées. Elle atteint le plus souvent 30 à 120 cm de hauteur.
Ses feuilles sont opposées, pétiolées, largement ovales à un peu cordées, d’un vert sombre, fortement nervurées, à bord grossièrement crénelé-denté. Froissées, elles dégagent une odeur lourde, désagréable, souvent décrite comme moisie, rance ou fétide.
Les fleurs apparaissent en été, groupées en pseudoverticilles à l’aisselle des feuilles supérieures. Elles sont bilabiées, rose violacé, lilas ou parfois blanchâtres. Le calice persiste autour des petits akènes noirs à maturité.
La plante peut être confondue avec d’autres Lamiaceae des haies et des friches, notamment certains marrubes ou épiaires. L’odeur forte, les feuilles sombres, crénelées et ridées, ainsi que les fleurs groupées en verticilles à l’aisselle des feuilles supérieures aident à la reconnaître.
Histoire et traditions
La ballote noire est une plante populaire à l’image ingrate. Commune, rude, malodorante, elle a longtemps porté dans ses noms mêmes cette réputation de plante fétide : ballote puante, ballote fétide, marrube noir. Son odeur lourde, décrite comme moisie ou rance, a sans doute contribué à la tenir à distance, alors même qu’elle occupait une place réelle dans la médecine populaire européenne.
Cazin la présente comme une plante amère, tonique, antispasmodique, emménagogue et vermifuge. Il rapporte aussi son emploi ancien dans l’hystérie, l’hypocondrie et les névroses, selon le vocabulaire médical de son époque. Ces termes ne doivent pas être repris comme des diagnostics modernes, mais ils indiquent clairement l’ancien tropisme nerveux de la plante : agitation, tension intérieure, spasmes, manifestations corporelles du trouble nerveux.
Avec Leclerc, la ballote revient surtout comme plante des troubles neurovégétatifs et des psychonévroses : états anxieux, hyperémotivité, palpitations fonctionnelles, troubles du sommeil, toux spasmodiques. Elle n’agit pas comme un grand hypnotique, mais comme une plante des états où le système nerveux déborde sur le corps : gorge serrée, ventre contracté, cœur agité, sommeil empêché.
Cette tradition reste cohérente avec l’usage retenu aujourd’hui par l’ESCOP, qui situe la ballote noire dans les états de tension nerveuse, d’agitation et d’irritabilité accompagnés de difficultés d’endormissement.
Principes actifs connus
- Diterpènes labdaniques / furanolabdanes : ballotinone ou 7-oxo-marrubiin, ballonigrine, ballotenol, 7α-acétoxymarrubiin, préléosibirine, 13-hydroxyballonigrinolide. Ces composés amers participent au profil organoleptique de la plante.
- Phénylpropanoïdes et glycosides phénylpropanoïdes : verbascoside, forsythoside B, arénarioside, ballotetroside, alyssonoside, lavandulifolioside, angoroside A, acide caféoylmalique, acide caféique et acide chlorogénique. Ce groupe est particulièrement documenté dans les travaux pharmacologiques sur Ballota nigra.
- Flavonoïdes : dérivés de l’apigénine et de la lutéoline, notamment apigénine-7-glucoside, vicénine-2, tangérétine, lutéoline-7-lactate et lutéoline-7-glucosyl-lactate.
- Iridoïdes : non retenus comme groupe majeur documenté pour Ballota nigra dans les sources consultées.
- Tanins : tanins rapportés dans la drogue, participant au caractère légèrement astringent de la plante.
- Huile essentielle : fraction volatile présente en faible quantité, à odeur désagréable, de composition variable selon l’origine. Les huiles des parties aériennes sont surtout riches en sesquiterpènes, notamment β-caryophyllène, germacrène D, α-humulène et oxyde de caryophyllène selon les échantillons.
- Autres constituants : choline, bétaïnes, saponosides, acides gras et autres composés secondaires rapportés.
Propriétés pharmacologiques majeures
Sphère nerveuse
- Effet sédatif léger et usage dans la tension nerveuse (usage traditionnel, sommités fleuries) : la ballote noire est traditionnellement utilisée dans les états de tension nerveuse, d’agitation, d’irritabilité, d’hyperémotivité et de difficultés d’endormissement, surtout lorsque ces troubles s’accompagnent de manifestations neurovégétatives comme palpitations fonctionnelles, oppression légère, gorge serrée, toux nerveuse ou spasmes digestifs.
- Activité neurosédative (in vitro, phénylpropanoïdes isolés) : plusieurs phénylpropanoïdes isolés de Ballota nigra, dont le verbascoside, le forsythoside B, le ballotetroside, l’arénarioside et l’acide caféoylmalique, présentent une affinité pour des récepteurs benzodiazépiniques, dopaminergiques et morphiniques sur préparations cérébrales de rat, ce qui soutient l’usage traditionnel neurosédatif de la plante sans constituer une preuve clinique pour la plante entière (Daels-Rakotoarison et al., 2000).
- Effet sur le stress et l’anxiété perçue (clinique indirecte, association de plantes) : dans une étude randomisée, en double aveugle, contrôlée par placebo et croisée, 31 adultes sains ont reçu pendant 14 jours une association contenant Ballota nigra, Valeriana officinalis, Passiflora incarnata et Crataegus laevigata ; 27 participants ont été inclus dans l’analyse finale. L’association a réduit la tension-anxiété perçue, la fatigue mentale et certaines réponses physiologiques à un stress expérimental, mais l’effet ne peut pas être attribué à la ballote seule (Dodd et al., 2022).
- Piste neurovégétative post-infectieuse (revue narrative, donnée indirecte) : une revue de littérature mentionne Ballota nigra parmi les plantes d’intérêt potentiel dans certains troubles neurologiques après infection COVID-19, notamment l’anxiété, les syndromes anxiodépressifs et les manifestations somatiques associées, sur la base de ses usages neurosédatifs traditionnels et de la présence de glycosides phénylpropanoïdes comme le verbascoside, sans donnée clinique spécifique à la ballote noire (Nawrot et al., 2022).
Sphère antispasmodique
- Toux nerveuse et toux spasmodique (usage traditionnel, sommités fleuries) : la ballote noire est traditionnellement utilisée dans les toux sèches, irritatives ou spasmodiques, surtout lorsque la toux s’inscrit dans un contexte de tension nerveuse, d’hyperémotivité ou de spasme réflexe plutôt que dans une atteinte respiratoire infectieuse profonde.
- Spasmes digestifs fonctionnels (usage traditionnel, sommités fleuries) : la ballote noire est employée dans les coliques, crampes et spasmes gastro-intestinaux liés au stress ou aux troubles nerveux, avec un intérêt particulier dans les tableaux où la tension intérieure se manifeste par un ventre contracté ou douloureux.
Sphère digestive
- Amertume et soutien de l’appétit (usage traditionnel, sommités fleuries) : la ballote noire est traditionnellement utilisée comme plante amère, pouvant soutenir l’appétit et les fonctions digestives hautes, sans que l’on puisse retenir une action cholérétique spécifique clairement documentée pour la plante entière.
- Nausées fonctionnelles et digestion nerveuse (usage traditionnel, sommités fleuries) : la ballote noire peut être employée dans les nausées d’origine fonctionnelle, les digestions difficiles et les inconforts digestifs associés à une tension nerveuse ou à une hyperémotivité.
- Spasmes gastro-intestinaux liés au stress (usage traditionnel, sommités fleuries) : son emploi digestif prend surtout sens dans les coliques, crampes et spasmes fonctionnels lorsque le trouble digestif s’inscrit dans un terrain nerveux ou neurovégétatif.
Sphère antioxydante et cytoprotectrice
- Activité antioxydante lipidique (in vitro, phénylpropanoïdes isolés) : plusieurs glycosides phénylpropanoïdes isolés de Ballota nigra, dont le verbascoside, le forsythoside B, l’arénarioside et le ballotetroside, inhibent la peroxydation des lipoprotéines LDL dans un modèle expérimental, ce qui témoigne d’un potentiel antioxydant lipidique sans permettre d’en faire une indication cardiovasculaire autonome (Seidel et al., 2000).
- Piégeage de radicaux libres (in vitro, phénylpropanoïdes isolés) : les phénylpropanoïdes isolés de Ballota nigra montrent une activité antioxydante sur plusieurs espèces réactives, dont l’anion superoxyde, le peroxyde d’hydrogène, l’acide hypochloreux et le radical hydroxyle, avec des effets comparés à ceux de la N-acétylcystéine et du MESNA dans les modèles testés (Daels-Rakotoarison et al., 2000).
Sphère antimicrobienne expérimentale
- Activité antibactérienne modérée (in vitro, dérivés phénylpropanoïdes isolés) : des dérivés phénylpropanoïdes isolés de Ballota nigra montrent une activité antibactérienne modérée contre certaines souches testées, confirmant un potentiel antimicrobien expérimental sans modifier le cœur d’usage traditionnel de la plante (Didry et al., 1999).
- Inhibition du quorum sensing de Staphylococcus aureus (in vitro, extrait végétal) : un extrait de Ballota nigra réduit de manière dose-dépendante la production de δ-hémolysine contrôlée par le système agr de Staphylococcus aureus, y compris dans un modèle impliquant des souches résistantes, avec une action sur la communication bactérienne plutôt qu’un effet bactéricide direct (Quave et al., 2011).
- Activité antimicrobienne et antiprotozoaire (in vitro, extraits de différentes parties de plante) : des extraits de feuilles, fleurs, tiges et racines de Ballota nigra montrent une activité variable contre des bactéries Gram positives, Gram négatives, Candida albicans et Leishmania tropica, avec une efficacité dépendante de la partie végétale et du type d’extrait testé (Ullah et al., 2014).
Sphère métabolique expérimentale
- Effet hypoglycémiant et insulinotrope (préclinique, rat, administration prolongée) : l’administration prolongée de Ballota nigra chez le rat entraîne une diminution de la glycémie et une élévation des taux d’insuline, sans modification apparente des paramètres hépatiques ou rénaux étudiés, suggérant un effet insulinotrope expérimental qui ne constitue pas une indication clinique autonome (Nusier et al., 2007).
Sphère cellulaire expérimentale
- Effet pro-apoptotique sur cellules prostatiques tumorales (in vitro, extrait éthanolique de feuilles) : un extrait de feuilles de Ballota nigra induit l’apoptose de cellules de cancer de la prostate PC-3 par activation de la voie mitochondriale, donnée strictement expérimentale qui ne constitue pas une indication anticancéreuse pour la plante (Jayaraman et al., 2020).
Sphère pharmacologique générale
- Synthèse des activités expérimentales de Ballota nigra (revue pharmacologique) : une revue consacrée à Ballota nigra répertorie plusieurs activités expérimentales attribuées à la plante ou à ses constituants, notamment neurosédatives, antioxydantes, antibactériennes, anticholinestérasiques, insecticides et antifeedantes, en lien avec la diversité de ses phénylpropanoïdes, diterpènes, flavonoïdes et autres composés secondaires (Al-Snafi, 2015).
Indications médicinales retenues
- États de tension nerveuse légère, d’usage traditionnel : agitation, irritabilité, hyperémotivité, nervosité, anxiété légère avec manifestations neurovégétatives.
- Difficultés d’endormissement, d’usage traditionnel, lorsqu’elles sont liées à une agitation intérieure, une tension psychique ou une anxiété somatisée.
- Manifestations neurovégétatives fonctionnelles, d’usage traditionnel : palpitations fonctionnelles, oppression légère, gorge serrée, ventre contracté, toux nerveuse.
- Toux sèche, irritative ou spasmodique, d’usage traditionnel, surtout lorsqu’elle s’inscrit dans un contexte nerveux ou réflexe.
- Troubles digestifs fonctionnels avec crampes, coliques ou spasmes gastro-intestinaux, d’usage traditionnel, lorsqu’ils sont liés au stress, à l’hyperémotivité ou à une tension nerveuse.
Indications exploratoires ou émergentes
- Sphère antioxydante : piste expérimentale liée aux phénylpropanoïdes de Ballota nigra, sans indication clinique autonome.
- Sphère antimicrobienne : intérêt in vitro sur certaines bactéries, levures et mécanismes de quorum sensing, sans usage anti-infectieux retenu.
- Sphère métabolique : piste préclinique hypoglycémiante et insulinotrope chez l’animal, sans extrapolation clinique.
- Sphère cellulaire : données in vitro sur cellules tumorales prostatiques, sans indication anticancéreuse.
- Sphère neurovégétative post-infectieuse : piste indirecte issue d’une revue narrative post-COVID, sans donnée clinique spécifique à Ballota nigra.
Formes galéniques et posologies
- Infusion : 1,5 à 2 g de sommités fleuries séchées et fragmentées pour 150 à 200 ml d’eau frémissante. Infuser 10 à 15 minutes à couvert, puis filtrer. Boire 1 à 3 tasses par jour selon le contexte, la tolérance et l’effet recherché.
- Dose journalière adulte officielle : 0,3 à 12 g de sommités séchées par jour, selon la forme utilisée et l’équivalent en drogue végétale sèche. Cette fourchette est retenue par Santé Canada pour les formes sèches, poudres, extraits non standardisés, teintures, extraits fluides, décoctions et infusions.
- Teinture mère / extrait hydroalcoolique : 30 gouttes dans un peu d’eau, 3 fois par jour. Cette posologie est rapportée pour Ballota nigra M.T. dans le Compendium phytothérapeutique de J. Van Hellemont, publié par le Service scientifique de l’APB.
- Extraits non standardisés : les formes hydroalcooliques, extraits fluides et teintures doivent idéalement être exprimés en équivalent de sommités fleuries séchées ou suivre la posologie d’un extrait correctement défini.
- Associations possibles : la ballote noire peut être associée à des plantes de la sphère nerveuse ou digestive comme la mélisse, l’aubépine, la passiflore ou la valériane, notamment lorsque la tension nerveuse s’accompagne de troubles d’endormissement, de palpitations fonctionnelles ou de spasmes digestifs.
- Remarque galénique : l’infusion de ballote noire est peu agréable au goût ; son amertume et son odeur caractéristique peuvent limiter l’observance.
Sécurité et précautions d’usage
- Tolérance générale : la ballote noire est généralement bien tolérée aux doses usuelles ; les données disponibles ne signalent pas d’effet indésirable majeur aux doses recommandées.
- Grossesse : contre-indiquée pendant la grossesse.
- Allaitement : usage déconseillé sans avis d’un professionnel de santé, faute de données suffisantes.
- Enfants et adolescents : usage non recommandé en automédication, en l’absence de posologie officielle pédiatrique clairement établie.
- Effets indésirables possibles : nausées ou inconfort digestif chez les personnes sensibles, surtout en raison de l’amertume et de l’odeur marquée de la plante.
- Interactions médicamenteuses : aucune interaction formellement documentée dans les sources consultées. Par prudence, tenir compte de son usage traditionnel neurosédatif en cas d’association avec des sédatifs, anxiolytiques, hypnotiques, alcool ou autres substances pouvant diminuer la vigilance.
- Conduite et vigilance : prudence en début d’utilisation ou en cas d’association avec d’autres plantes ou médicaments sédatifs, le temps d’évaluer la sensibilité individuelle.
- Qualité de la matière première : privilégier une plante correctement identifiée, récoltée hors zones polluées et issue d’une filière traçable. Des métaux lourds ont été mesurés dans différentes parties de Ballota nigra collectée en milieu exposé, ce qui relève surtout de la qualité de récolte et de la traçabilité, plus que d’une toxicité propre à la plante (Ullah et al., 2014).
Cueillette écoresponsable
- Récolter les sommités fleuries au moment de la floraison, lorsque les fleurs sont bien formées, en prélevant la partie supérieure des tiges feuillées et fleuries.
- Éviter de prélever les parties trop lignifiées, jaunies, poussiéreuses ou abîmées. La qualité de la drogue dépend beaucoup de la fraîcheur des sommités et du soin apporté au séchage.
- Choisir avec attention le lieu de récolte : la ballote noire aime les haies, talus, friches, ruines, bords de chemins et sols riches en azote. Cette proximité avec les milieux rudéraux impose d’éviter les routes, les décombres pollués, les zones industrielles, les remblais, les anciennes décharges et les abords de cultures traitées.
- Ne pas arracher la plante. Couper seulement quelques sommités sur plusieurs pieds, en laissant une partie suffisante de la population fleurir et grainer.
- Sécher rapidement les sommités fleuries en couche mince, dans un endroit sec, ventilé et à l’abri de la lumière. Conserver ensuite dans un contenant propre, sec et bien fermé.
- Privilégier une plante correctement identifiée, récoltée hors zones polluées et issue d’une filière traçable. Des métaux lourds ont été mesurés dans différentes parties de Ballota nigra collectée en milieu exposé, ce qui souligne l’importance du choix du site de récolte et de la traçabilité de la matière première (Ullah et al., 2014).
- Statut en Suisse : avant toute récolte, vérifier la sous-espèce, sa présence locale et son statut régional. Ballota nigra subsp. nigra est classée vulnérable à l’échelle nationale en Suisse ; sa récolte sauvage doit donc être évitée. La sous-espèce meridionalis est considérée comme quasi menacée. Privilégier une plante cultivée ou une matière première issue d’une filière traçable.
Vision personnelle
Quand l’esprit ballote, la ballote porte bien son nom. C’est une plante qui ne cherche pas à séduire. Elle sent fort, parfois mauvais, elle pousse dans les haies, les friches, les vieux murs, les bords de chemins. Rien de noble en apparence. Et pourtant, elle garde cette place singulière des plantes populaires que l’on aurait tort d’écarter trop vite.
Je la vois comme une plante des nerfs qui débordent sur le corps : le ventre qui se serre, la gorge qui gratte sans vraie infection, le cœur qui s’emballe sans lésion, le sommeil qui ne vient pas parce que la tête continue de tourner. Elle n’a pas la force hypnotique de la valériane, ni la noblesse cardiaque de l’aubépine, mais elle possède quelque chose de plus rude, de plus terrien, presque mal aimé.
La ballote rappelle que la pharmacopée locale ne se compose pas seulement de plantes belles, parfumées ou faciles à aimer. Certaines sentent le moisi, s’accrochent aux lieux abandonnés, rebutent le promeneur, mais portent encore une mémoire d’usage. La ballote noire fait partie de ces plantes communes qui méritent d’être regardées à nouveau, non comme un grand remède miracle, mais comme une simple sérieuse pour les tensions nerveuses ordinaires.
Reconnaissances officielles
- ESCOP : monographie disponible pour Ballotae nigrae herba — Black Horehound. L’ESCOP définit la drogue comme les sommités fleuries séchées de Ballota nigra L. et retient l’usage dans les états de tension nerveuse, d’agitation et d’irritabilité accompagnés de difficultés d’endormissement.
- Santé Canada : monographie disponible pour Black Horehound / Ballota nigra. La partie utilisée correspond aux sommités/herbe séchées, par voie orale. Les formes reconnues incluent plante sèche, poudre, extraits non standardisés, teinture, extrait fluide, décoction et infusion. La dose adulte officielle est de 0,3 à 12 g de sommités séchées par jour, selon la forme utilisée et l’équivalent en drogue végétale sèche.
- Commission E : aucune monographie spécifique identifiée pour Ballota nigra L.
Bibliographie scientifique
- Al-Snafi AE. The pharmacological importance of Ballota nigra — a review. Indian J Pharm Sci Res. 2015;5(4):249-256.
- Daels-Rakotoarison DA, Seidel V, Gressier B, Brunet C, Tillequin F, Bailleul F, et al. Neurosedative and antioxidant activities of phenylpropanoids from Ballota nigra. Arzneimittelforschung. 2000;50(1):16-23. doi:10.1055/s-0031-1300158.
- Didry N, Seidel V, Dubreuil L, Tillequin F, Bailleul F. Isolation and antibacterial activity of phenylpropanoid derivatives from Ballota nigra. J Ethnopharmacol. 1999;67(2):197-202. doi:10.1016/S0378-8741(99)00019-7.
- Dodd F, Kennedy D, Wightman E, Khan J, Patan M, Elcoate R, Jackson P. The chronic effects of a combination of herbal extracts (Euphytose®) on psychological mood state and response to a laboratory stressor: a randomised, placebo-controlled, double blind study in healthy humans. J Psychopharmacol. 2022;36(11):1243-1256. doi:10.1177/02698811221112933.
- ESCOP. Ballotae nigrae herba — Black Horehound. ESCOP Monographs. Exeter: European Scientific Cooperative on Phytotherapy; 2015.
- Fagron Compounding Services. Quel est le dosage habituel de la teinture de ballote ? Référence au Compendium phytothérapeutique de J. Van Hellemont, Service scientifique de l’APB. Waregem: Fagron Compounding Services; 2021–2026.
- Health Canada. Black Horehound — Ballota nigra. Natural Health Products Ingredients Database. Ottawa: Health Canada; 2025.
- Jayaraman S, Rajagopal P, Veeraraghavan V, Sivagnanam P, Ravikumar D, Suga SS, et al. Black Horehound (Ballota nigra Linn) induces apoptosis in prostate cancer cells (PC-3) through intrinsic signalling cascade. Pharmacogn J. 2020;12(6):1377-1382.
- Nawrot J, Gornowicz-Porowska J, Budzianowski J, Nowak G, Schroeder G, Kurczewska J. Medicinal herbs in the relief of neurological, cardiovascular, and respiratory symptoms after COVID-19 infection: a literature review. Cells. 2022;11(12):1897. doi:10.3390/cells11121897.
- Nusier MK, Bataineh HN, Bataineh ZM, Daradka HM. Effects of Ballota nigra on glucose and insulin in alloxan-diabetic albino rats. Neuro Endocrinol Lett. 2007;28(4):470-472.
- Quave CL, Plano LR, Bennett BC. Quorum sensing inhibitors of Staphylococcus aureus from Italian medicinal plants. Planta Med. 2011;77(2):188-195. doi:10.1055/s-0030-1250145.
- Seidel V, Verholle M, Malard Y, Tillequin F, Fruchart JC, Duriez P, Bailleul F, Teissier E. Phenylpropanoids from Ballota nigra L. inhibit in vitro LDL peroxidation. Phytother Res. 2000;14(2):93-98. doi:10.1002/(SICI)1099-1573(200003)14:2<93::AID-PTR558>3.0.CO;2-X.
- Ullah N, Ahmad I, Ayaz S. In vitro antimicrobial and antiprotozoal activities, phytochemical screening and heavy metals toxicity of different parts of Ballota nigra. Biomed Res Int. 2014;2014:321803. doi:10.1155/2014/321803.